Une jeune instit à la campagne, des histoires, des astuces, du grand air!

30 décembre 2007

La fête du slip

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Comment parler de sexualité aux gamins, surtout dans une classe triple-niveau?

L'année dernière, j'avais botté en touche cette partie du programme. Avec un peu de mauvaise conscience certes, parce que par les temps qui courrent, les gamins voient de plus en plus de choses de plus en plus tôt, ils entendent et ils expérimentent aussi. Alors l'école a un rôle d'éducation primordiale là où les parents démisionnent franchement. Car pour certains, s'ils n'en parlent pas à l'école, à qui vont-ils en parler? A personne. Et ils restent avec des questions, de fausses idées, des angoisses pour certains, et tout un tas de conneries à venir puisqu'ils découvriront forcément tout, mais tout seuls.

L'année dernière, j'avais également botté en touche pour la simple raison que mes élèves n'avaient pas ouvertement fait preuve d'intérêt pour le sujet. Autant dire alors que les quelques rares allusions étaient noyées sous un peu d'humour et beaucoup de maths. Mais cette année, mes élèves de CM font montre d'une curiosité toute naturelle et beaucoup plus pressante, et qui m'amène à envisager d'avoir avec eux quelques discussions sur le sujet. Sauf que.

SAUF QUE...

Il y a plein de sauf que qui me saute à la tête quand j'envisage la chose. Le premier étant bien entendu: mais que vais-je faire de mes CE2??? Parce qu'il est clairement hors de question d'imposer ça à des gamins qui ne sont absolument pas prêt pou le sujet. Les gamins de CE2 ne sont pas matures pour parler de sexualité, preuve en est qu'ils ne s'y intéressent absolument pas. Ce sont encore des enfants.

J'ai pensé à prendre les CM à part, quand les CE2 sont en cours d'anglais par exemple, en leur expliquant d'abord que les élèves de CE2 ne sont pas prêts et que ce n'est pas un sujet à échanger avec eux. Le soucis c'est que j'ai bien peur que le côté confidentiel, allié à ces sourires et ces rires idiots que vont arborer mes CM, titillent un peu trop la curiosité des CE2. Alors, je tente le coup ou pas?

Et puis ensuite, comment aborder la chose avec mes CM? A partir de documents, à partir de ce qu'ils croient... j'avoue que je suis un peu perdue. Perdue et méfiante, au vu de la récente question posée à la récréation par une de mes CM2, pas gênée mais intriguée: "Maîtresse c'est quoi une fellation?". Elle avait bien compris le caractère tabou du mot, mais n'avait aucune idée de ce à quoi il se rapportait. Encore une fois j'ai botté en touche, le temps de reprendre mes esprits. Mais que répondre à une gamine de 10 ans qui vous pose cette question? A part ce que j'ai répondu, à savoir que c'était quelque chose qui regardait les adultes et qu'une petite fille de son âge ne devrait même pas avoir entendu ce mot, autant dire le fameux "tu es trop petite pour savoir"... tu parles d'une réponse!

Du coup je tourne autour du pot. J'ai vraiment envie de leur faire un topo là dessus, d'avoir un moment de parole, mais je me demande si je vais être à la hauteur. Ma dernière idée c'est d'avoir commandé Le guide du zizi sexuel avec Titeuf, que je vais d'abord feuilleter pour voir de quoi il y est question, et s'il s'avère à la hauteur de mes espérances, je leur collerai entre les mains, leur laisserai le temps de le parcourir en long en large et en travers, avant d'avoir un échange avec eux, façon table ronde, pour répondre à leurs questions s'ils en ont encore, et voir ce qu'ils ont compris, rectifier le tir en somme. Je n'ai pas vraiment eu le temps de voir s'il existait d'autres livres sur lesquels m'appuyer, pour le moment tout mes espoirs reposent sur Titeuf.

Et comme il dirait: ça craint du slip!

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On Rased gratis

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Un moment que j'ai envie de parler un peu du réseau de soutien aux élèves qui existe au sein de l'EducNat, le fameux Rased. Et franchement c'est pas pour en dire du bien. Parce qu'en gros, en ce qui me concerne, qu'ils soient là où pas, ça change pas grand chose.

Pour que tout le monde comprenne, le rased, ce sont d'abord des enseignants spécialisés - soit en rééducation pédagogique soit en rééducation comportementale - qui sont affectés à une circonscription dans laquelle ils vont d'école en école pour prendre en charge les enfants qui ont été signalés en difficulté. Il y a ensuite le psychologue scolaire. Jusque là tout va bien. En début d'année les enseignants font le signalement des élèves qui leur posent problème ou qui sont en difficulté et qui auraient besoin d'aide. L'équipe du Rased fait un tour de table, et choisit les élèves qui vont bénéficier du soutien. Ensuite, toutes les semaines, ces élèves ont droit à des ateliers de travail avec l'enseignant spécialisé approprié, d'une durée d'une petite heure souvent, seul ou en groupe suivant leurs besoins. Et jusque là tout va toujours bien.

Sauf qu'en pratique, c'est la merde. Parce que chez nous, dans notre circo, l'équipe du Rased compte seulement 3 enseignants spécialisés, pour sans doute plus d'une trentaine d'écoles, et je compte pas combien ça fait de classes ni d'élèves. Et qu'une de ces enseignantes est en plus affectée à mi-temps à l'hôpital de jour. En sachant que notre circo regorge de gamins en très grandes difficultés, à l'arrivée ça pèse pas lourd.

A l'arrivée, ça donne 9 élèves signalés dans ma classe. Et seulement 2 pris en charge. Pris en charge 45 minutes 2 fois par semaine. En gros ce sont les 2 gamins qui ne savent pas lire. Ils ont droit à un atelier d'écriture. Er je ne veux pas être désagréable avec les enseignants spé, puisque qu'au bout du compte je ne conais pas leur travail, mais franchement, ça ou rien c'est presque pareil. Laissez moi rire.

A l'arrivée, ça donne un gamin violent et dangereux signalé dès septembre au psy scolaire. Et on attend toujours qu'il arrive à trouver un moment pour venir observer le gamin. Qui a déjà envoyé à l'hôpital deux de ses camarades quand même. Mais faut dire aussi que notre psy à nous est totalement à l'ouest. Pas de chance.

A l'arrivée ça donne des appels au secours qui restent sans réponse. Parce que quand on signale les gamins au rased, quand j'arrive à trouver une minute pour en parler avec mes collègues spécialisés membres du Rased, j'attend qu'on me donne des pistes, qu'on me soutienne, qu'on m'aide un peu. Puisque c'est sensé être leur partie... Au lieu de ça je n'obtiens que des lieux communs du genre "ah mais cette gamine de toute façon", "mais fais ce que tu peux", "ça va être une orientation segpa ça de toute façon", "oui mais lui pfffff",...

A l'arrivée ils sont aussi blasés que nous. Et je les comprends. Trop de travail, très difficile en plus, et pas de personnel. Pas de moyen non plus. Parce que les enseignants du Rased n'ont pas de budget! Une abération. On comprendrais à moins qu'ils soient blasés - et nous avec, et qu'il se retrouvent à faire comme ils peuvent - et nous avec aussi, c'est à dire pas grand chose.

Autant dire que le système se donne l'illusion de venir en aide aux gamins en difficulté, et qu'il fait ça bien. L'EducNat pense sérieusement remplir son rôle, et que le schéma mis en place est efficace. Mais c'est un ersatz. Même pas. Du vent. Parce qu'aucun système ne fonctionne sans moyen. Aucun. Il faudrait qu'ils se mettent ça dans la tête aux ministères: on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre...

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28 décembre 2007

Eye of the tiger

Catégorie: La vie de la maîtresse

Passé un petit moment de flottement - la nouvelle année aidant peut être? - j'ai pris de bonnes résolutions pour remonter en selle, enfin retourner en classe.

Disons plutôt que j'ai fait la liste des trucs qui m'empoisonnent vraiment la vie dans la classe, les trucs qui clochent pour de bon et qui font clocher la maîtresse et les élèves. Une liste à rallonge, forcément, mais pas de gros mammouths dans le tas. Comme on pouvait s'y attendre, ce sont des broutilles, des petites choses, qui misent bout à bout me rendraient dingue. Le genre de broutilles qui ne peuvent être recadrées que grâce à de bonnes vacances, parce qu'il faut du temps, et surtout du recul. Ca tombe bien.

Me voilà donc partie en croisade - et le chrono est lancé - pour préparer une rentrée du bon pied. Plein de bidouillages en vue, d'ajustements, de changements, quelques rélfexions dans les tiroirs, quelques bonnes idées, et quelques autres bonnes pour la poubelle, du tri, du rangement, et hop. On remonte sur le ring. Aujourd'hui j'ai commencé par m'occuper de la bibliothèque de la classe: étiqueter, classer, déplacer, ranger... et c'est que le début.

Qui a dit que la maîtresse était ko?

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27 décembre 2007

De l'air

Catégorie: La vie de la maîtresse

Lâcher prise le temps de quelques jours de vacances, avant de devoir réattaquer de plus belle. Lâcher prise quand on se rend compte que les gosses commencent à vous sortir par les yeux, quand on se surprend à dire qu'on déteste ce métier. Quand on se surprend à réfléchir à ce qu'on pourrait faire d'autre.

Y'a encore quelques semaines, je n'aurais pas imaginer pouvoir me poser cette question. Chaque fois que je commence à me poser cette question - par où fuir? - c'est mauvais signe. Parce qu'en général je finis en prenant la porte, pas n'importe laquelle certes, mais n'empêche.

N'empêche que là il n'est pas question de prendre la porte, et du coup je me retrouve coincée bien comme il faut. Avec l'envie de fuir, de ne plus penser à l'école, de ne plus penser école, de ne plus savoir ce qu'est la littérature enfantine, de ne plus avoir le regard systématiquement réglé pour balayer à 1 mètre du sol, de ne plus avoir à parler de pokémon et de Tokio Hotel, de ne plus baigner dans ce monde d'enfant qui au final est aussi pénible quand on est adulte que quand on est enfant.

Le plus douloureux c'est peut être ça. Ce monde d'enfant qui nous renvoie à notre propre frustration d'enfant. A tout ce qu'on ne pouvait pas faire. A tout ce qu'on n'avait pas. A toutes ces blessures, plus ou moins petites, qui nous restent ancrées au fond. J'ai parfois l'impression de baigner dedans. Toutes leurs blessures me renvoient aux miennes, et tout ça m'empêche en partie de faire un travail correct. Et je ne vois pas la solution.

Du coup j'ai juste envie de fuir. Ne plus me demander comment faire pour que cette gamine qui ne sait pas lire puisse profiter un peu de ce qu'on fait en classe, pour que ce gamin qui ne dit jamais rien arrête de m'envoyer son père pour régler ses problèmes, pour que cette petite qui veut tout faire parfait arrête de pleurer chaque fois qu'on fait une correction, pour que ce gosse qui ne peut pas rester assis sur sa chaise se taise enfin, pour que, pour que, pour que... l'impression de ne rien maîtriser, plus rien, et d'être envahie par leurs vies.

De suffoquer.

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Déception

Catégorie: Sorties Pédagogiques

Pour noël, nous avons emmené les élèves au cinéma, grâce à une offre intéressante proposée tous les ans par un des cinémas du coin. Et parmis les films disponibles dans la sélection qu'ils avaient faite cette année, j'ai choisi un documentaire dont j'avais entendu dire beaucoup de bien, histoire d'ajouter un côté pédagogique à cette sortie. J'ai donc opté pour Un jour sur terre.

Certes c'est un joli film, mais loin d'etre aussi spectaculaire que ce que je m'en étais laissée dire. Pour faire court, c'est un documentaire sur les animaux, ni plus, ni moins. Bien filmé, avec une jolie voix off. Mais la musique n'est franchement pas terrible et surtout, au bout du compte, c'est pas vraiment un film pour les gamins, au vu de la complexité du commentaire et de la trame choisi par la réalisateur, puisqu'il s'agit de faire un voyage d'observation de la nature en partant du pôle nord pour aller jusqu'au pôle sud. Au final, on saute d'un animal à l'autre, d'un paysage à l'autre, sans vraiment avoir eu le temps de voir grand chose, et on reste beaucoup sur sa faim.

Autant vous dire qu'à part mes CM, les autres gamins n'y ont rien compris. Ils se sont ennuyés, et à part quelques moments où les images sont vraiment impressionantes ou bien où il se passe vraiment quelque chose, moments qui les accrochaient un peu, et bien le reste du temps, j'avais l'impression qu'ils étaient assis à l'arrière de la voiture en attendant qu'on arrive, et qu'ils trouvaient ça très long. Sauf qu'au lieu de "on est bientôt arrivé?" j'ai eu droit à "c'est bientôt fini?", "c'est fini quand?", et "je veux faire pipi maintenant!". Pour vous dire à quel point c'était décevant, c'est que même moi je m'y suis ennuyée, et même moi je me suis surprise à penser "c'est bientôt fini?".

Alors bien sûr c'est en plus un film qui alerte sur les dangers du réchauffement climatique tout ça, donc en fait on voit la banquise fondre, des ours mourir, des éléphants se perdre, et étrangement beaucoup de scènes de chasse, qui ne sont franchement pas le plus beau spectacle de la nature à montrer à des enfants. Surtout que dans le film, aucun côté positif ne vient contrecarrer cet aspect des lois de la nature. Si bien qu'à un moment, le petit garçon assis à côté de moi avait résumé tout le film à une seule question à chaque nouvel animal qu'on nous montrait: "et lui il chasse qui?". Dommage.

Bref, j'ai regretté d'avoir choisi ce film, surtout comme film de noël. La prochaine fois ce sera un film d'animation.

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19 décembre 2007

On remet ça!

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Avec ma connexion internet en rade, forcément je n'ai pas pu vous raconter ma reprise, et ça risque de durer un peu puisque je me bas pour récupérer une connexion digne de ce nom. N'empêche que. Je n'ai pas dit mon dernier mot.

Petite séance de rattrapage.

Reprise fatiguante avec des gamins supra excités, logique. Avec des gamins qui n'ont rien fait pendant presque deux semaines donc, vu que les remplaçants, quand il y en avait, se sont bornés à faire des "révisions"... je mets des guillemets parce que franchement moi j'appelle pas ça des révisions mais du remplissage. Et que dis-je, seulement en français hein. Les autres domaines ont totalement disparu pendant 15 jours. Résultat: on est super à la bourre en tout. Génial.

Reprise fatiguante avec le récit refait maintes fois de comment la fête de noël a été chiée par ma collègue, Piverte hein, pas Pompadour qui elle n'a rien fait, nuance. J'ai eu la version de la cantinière, la version des gamins, la version de la mairie, la version des parents, la version de Pompadour. Toutes les versions concorde sur un point: ça a été tellement vite torché que certains parents sont même convaincus que la fête n'a pas encore eu lieu. Et compte se pointer vendredi soir à l'école, pensant qu'il y aura un apéro. Moi j'ai prévenu: le goûter de vendredi n'est que pour les gamins. Sauf que. Je sens qu'on va rire. Jaune.

Reprise fatiguante avec la fête de vendredi et les cadeaux de noël des gamins à préparer... et pas de papier cadeau. Oui parce que le papier cadeau j'ai demandé à Pompadour de s'en occuper. Pisse dans un violon hein... Donc je me rattrape aux branches. Sinon on peut toujours emballer ça dans de la tapisserie, avec un joli bolduc ça va le faire. Même pas peur. Et monsieur le maire incapable de se souvenir de ce qu'il faut commander pour le goûter et qui me repose la question douze fois en trois jours. Je sais ce que je vais lui offrir comme cadeau à noël: des post-it.

Résultat je viens de reprendre et déjà j'ai qu'une envie: vacances.

Mais qui m'en voudra?

Posté par Eddie à 19:28 - Le plus beau métier du monde - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 décembre 2007

Les abonnés absents qui ont toujours tord ne sont jamais mieux servis que par eux mêmes

Catégorie: La Vie de la Maîtresse

Je suis en arrêt maladie depuis lundi pour cause d'angine. Grosse angine carabinée, fallait bien que ça arrive, vu que ça faisait quand même 4 semaines que je me trainais un rhume qui ne passait pas. A force de tirer sur la corde, fatigue aidant, j'ai donc fini par choper un truc bien plus méchant que le gros rhume. Et comme les choses vont toujours par paire, et que je suis encore une fois très fatiguée, je me tape une mini-dépression en prime. Oui oui ça va merci.

Du coup, je m'en fiche un peu de rater la fête de noël de l'école. Bon ok c'est en grosse partie parce que je sais qu'on refera une autre fête de noël la veille des vacances. Seulement le reste du monde semble s'en moquer beaucoup moins que moi - sans doute dû en partie au fait que l'on fait un marché de noël mais que jusque là j'étais la seule à vraiment m'en occuper - et même si je suis malade, le téléphone n'arrête pas de sonner pour me demander comment on fait quoi, qui va où, qui fait quoi, comment on va où, à quelle heure, avec quel machin, si ça sera prêt, comment on fait pour que ça soit prêt, comment on fait si c'est pas prêt, et le reste...

Je suis crevée, en overdose, j'ai juste envie d'éteindre la terre. Ils sont incapables de se débrouiller un peu tous seuls. Quatre jours que ça traîne quand même. Enfin là j'ai tenté de faire en sorte - on voit que j'y crois beaucoup - qu'ils se débrouillent seuls, en passant le relais à mes collègues, Piverte et Pompadour. Même si elles s'en sortent, ça ne sera jamais le beau marché de noël que j'étais en train de préparer, et je paris un camion qu'on y sera de notre poche. Pourvu que je me trompe hein. De toute façon, j'ai ni la force ni l'envie de faire autrement. Limite je m'en fous, du beau gâchis à venir, je vous le dis. J'ai presque l'impression de préparer ce fiasco depuis le début.

Je rattraperai tout ça après. Comme une pro. Comme d'habitude. Quand je serai de nouveau un peu d'attaque.

Si j'y arrive.

Posté par Eddie à 20:29 - La Vie de la Maîtresse - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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