Une jeune instit à la campagne, des histoires, des astuces, du grand air! NDLR: je tiens à préciser que ce blog n'est qu'une pure et totale fiction et qu'aucune responsabilité ne pourra m'être imputée puisque dans la réalité je suis éleveuse de cailles!

01 janvier 2011

Tirez pas sur l'ambulance

Catégorie: le plus beau métier du monde

Quelques nouvelles de ma petite primo-arrivante - d'ailleurs il paraît qu'on dit plus comme ça maintenant? - débarquée début novembre.

Et bien tout d'abord, je sais pas si je le dis parce que je voudrais pas me porter la poisse... bon aller hop: normalement elle ne sera plus là à la rentrée pour cause de déménagement. Ce qui franchement m'arrange bien, et je vous le dis je voudrais pas me porter la poisse en criant victoire trop vite. Je m'explique.

Je gère déjà un double niveau, avec des élèves d'une grande hétérogénéité, puisque j'ai tout le panel possible depuis l'élève surdoué - qui sont d'ailleurs deux - jusqu'aux élèves à peine lecteur - en cm1 c'est problématique, en passant par les élèves agressifs et perturbateurs. Bref, déjà beaucoup de travail au programme. Alors me retrouver à devoir en plus préparer des séances individuelles pour une élève non-francophone - aussi motivée et adorable soit-elle, faut pas déconner, c'est pas raisonnablement possible.

Je me suis donc retrouvée à faire comme je pouvais, à savoir selon moi largement pas assez pour S., cette gamine adorable qui aurait mérité tellement plus. Les collègues n'ont été d'aucun secours, tout le monde trouvant ça alternativement très exotique ou très vache, mais à part les commentaires désolés ou amusés, rien d'autre n'est venu. De la hiérarchie, comment vous dire... pas grand chose. De vagues conseils, beaucoup de documentation à lire, mais rien d'autre. Le plus vexant et déstabilisant, c'est surtout qu'on vous sous-entend que ça fait parti du job, que c'est tout à fait normal et qu'on voit pas où est le problème. Oh ben tiens... On peut aussi décider de carrément supprimer les classes de CLIN tant qu'on y est hein non? Ouais je le dis pas trop fort, ils seraient capable de le faire ces cons.

Enfin bref, la gamine n'a pas fait beaucoup de progrès à mon sens. Les débuts avaient été fulgurants, et puis tout s'est arrêté net. Elle a commencé à rechigner devant le travail, à tricher même, et moi déjà pas mal dépassée faut dire que ça m'a pas donné envie d'en faire plus. J'ai surtout essayé un maximum de l'intégrer à la vie de la classe, de lui faire faire tout ce qu'il était possible avec les autres élèves - calcul mental, certains exos de maths, les expériences de sciences, etc..., arts visuels et le sport bien sûr - en me disant que de toute façon elle apprendrait plus vite avec ses pairs. Le soucis étant principalement que je l'impressionne je crois - malgré tous mes efforts pour établir la confiance - et qu'elle n'ose pas vraiment communiquer avec moi. Elle a pris l'habitude en classe de demander à ses camarades qui se chargent de me relayer ses questions. Du coup ça complique encore un peu, et je dois dire que c'est assez déséspérant et source de questionnements sans fin.

Autant dire que je ne garderai pas de tout ça un bon souvenir, loin de là. Ma gestion de classe a été littéralement atomisée, nous faisant accumuler un retard impressionnant qu'il va maintenant falloir rattraper, et pire, installant dans la classe une mauvaise ambiance - pas que la petite S. se soit mal intégrée bien au contraire! mais elle a occasionné tellement de petits changements, tellements d'appartés tout le temps, que tous les autres ont cru que c'était la fête du slip! - ce qui m'a obligée à sévir au dernier degrés pour ramener un peu de sérieux. Chose que j'ai détesté faire.

Certes, c'est une expérience de plus à mon arc, mais j'en ai bavé question surbooking. Et encore... j'ai eu la chance d'accueillir S., petite fille intelligente et sociable, pleine d'énergie, qui a su très vite se faire apprécier de tous ses camarades, et de moi malgré tout, car je le précise bien, elle a été adorable et bluffante d'aisance dans ce moment de sa vie si intense et déstabilisant, et ce n'est nullement elle qui me laissera un si mauvais ressenti: juste, encore une fois, les conditions excécrables dans lesquelles nous sommes obligés d'exercer notre métier. 

Posté par Eddie à 02:01 - Le plus beau métier du monde - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    Ouais

    Bon mais si elle triche et rechigne devant le travail ce n'est pas un ange non plus, plutôt catégorie mauvais élève/branleur professionnel.

    Posté par raoul, 07 janvier 2011 à 04:49
  • Je découvre ton blog aujourd'hui. L'impression d'avoir le même point de vue que toi sur notre métier.
    Courage !
    Je reviendrai.

    Posté par Mme L., 26 janvier 2011 à 16:19

Gribouiller sur l'ardoise?