Le tableau noir était vert!

Une jeune instit à la campagne, des histoires, des astuces, du grand air! NDLR: je tiens à préciser que ce blog n'est qu'une pure et totale fiction et qu'aucune responsabilité ne pourra m'être imputée puisque dans la réalité je suis éleveuse de cailles!

23 juillet 2007

Tu me lis une histoire?

Catégorie: Littérature et Lecture

Donner le plaisir de lire aux gamins, c'est pas forcément évident. Sutout que disons le, la plupart du temps, quand on grandit, à l'école la lecture se transforme un peu en moyen de torture, quand il s'agit de lire des problèmes de maths, des résumés d'histoire, et même des textes littéraires qu'on n'a pas choisi et qu'on va forcément détester - je garde d'ailleurs de bien mauvais souvenirs de bon nombre d'auteurs français pour cette raison.

Difficile donc de faire comprendre aux gamins que bien sûr il y a cette lecture pas toujours très drôle, ces romans à mourir d'ennui, ces textes rébarbatifs mais qu'elle n'empêche en rien la lecture plaisir, celle qu'on se choisit, celle qui raconte des histoires, qui permet de s'évader, de rire, d'avoir peur, de découvrir, bref la lecture qu'on aime.

Heureusement j'ai trouvé mon arme fatale. Le petit rituel qui permet d'un seul coup de balayer tous les textes chiants, les laborieux déchiffrages, les histoires rebutantes, et de rendre à la lecture son côté magique, son côté tellement agréable, d'effacer les "j'aime pas lire" tout en donnant à voir un autre aspect de la lecture, un aspect que l'on perd dès que l'on apprend à lire - curieusement - et c'est bien dommage: je fais la lecture à mes élèves.

C'est très courant en maternelle - bien obligé! - et encore en CP de lire des livres aux enfants - c'est de qu'on appelle la lecture plaisir ou la lecture offerte - mais au cycle 3 c'est quelque chose qui se perd. Avec des enfants désormais lecteurs autonomes, beaucoup de profs ne prennent pas la peine d'offrir se plaisir à leurs élèves. Et pourtant. De cette petite chose toute simple découle beaucoup de bienfaits:
- les enfants voient ainsi l'exemple d'un très bon lecteur - l'instit - et peuvent se rendre compte du savoir-faire que cela exige, de l'apprentissage dans lequel ils sont. Le maître ou la maîtresse deviennent alors l'exemple à imiter, tous les enfants ont besoin de ça pour légitimer et valoriser leurs apprentissages.
- les enfants en grande difficulté de lecture ont enfin un accès dédramatisé à la lecture, par l'intérmédiaire du maître ou de la maîtresse, pour défaire les tensions qui peuvent se créer entre en élève et cet objet, le livre.
- pour tous les enfants, qu'ils soient bons lecteurs ou moins bons lecteurs, c'est toujours un réel plaisir de s'installer pour s'écouter raconter une histoire - et bien des adultes apprécieraient d'ailleurs - et ce moment contribue à alimenter le plaisir de lire et à façonner l'image de la lecture que ce font les enfants.
- c'est un moyen efficace d'aborder des genres différents, des auteurs, des histoires traditionnelles et incontournables, bref, au cycle 3 c'est un vrai outil pour faire de la littérature.

Voilà pourquoi je suis bien décidée à continuer dans les années à venir à faire la lecture à mes élèves. Quelques conseils néanmoins avant de vous lancer dans une lecture pour ceux que ça tenterait:
- il faut choisir un livre qui ne soit pas trop court: intérêt de lire des livres que certains élèves ne pourraient pas aborder seuls car trop longs mais aussi parce que c'est plus agréable d'avoir le côté feuilleton avec une lecture qui s'étale un peu et que les élèves prennent plaisir à retrouver.
- il faut choisir un livre qui ne soit pas trop long: les élèves peuvent en venir à se lasser et surtout une fois un livre commencé avec les élèves on est coincé, il faut le finir! Attention alors à ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre, ou à bien réfléchir à la façon dont on va s'y prendre...
- il faut lire régulièrement: sinon les élèves perdent le fil, et ne voient plus l'intérêt d'une lecture qui finit par arriver comme un cheveu sur la soupe...
- ne pas donner le choix aux élèves: parce qu'il y aura toujours un mécontent qui vous écoutera lire l'histoire que les autres on choisit en pensant que c'est pas juste et que la sienne était mieux
- leur mettre l'eau à la bouche: bien avant de commencer une lecture, montrer la couverture, lire la quatrième de couverture, faire un jeu de devinette en ne donnant que le titre, bref, à vous de faire marcher votre imagination pour titiller leur curiosité et que le moment venu quand vous allez vous asseoir pour lire, ils soient aux aguets
- les mettre dans l'ambiance: il faut que le moment de lecture soit un peu spécial, on baisse les store, on s'asseoit dans un coin de la classe, en salle de sport, on fait le silence avant bref, il faut les mettre en condition... avec l'habitude ça va très vite, les enfants prennent le pli et l'ambiance de la classe peut changer d'un coup quand on annonce la lecture.
- et jouer la comédie: pas question de lire d'un ton monocorde, que tous les personnages aient la même voix, etc... il faut crier, murmurer, faire les bruits, faire des grimaces, faire vivre la lecture!

Bon avec tout ça, y'a plus qu'à choisir un bon bouquin et à se lancer... vive la lecture!


Littérature: La reine des fourmis a disparu, Fred Bernard et François Roca

Catégorie: Ressources pédagogiques cycle 3

L'histoire:

Au coeur de la fôret amazonienne, la reine d'une colonnie de fourmis va disparaître, laissant ses congénères dans le plus grand désaroi. Un inspecteur nommé Mandibule de Savon, va alors être chargé de la retrouver. Aidé d'un fidèle assistant, ils vont devoir mener l'enquête avec pour seul indice un poil trouvé sur le lieu du crime. Un poil qui les mène d'abord à la rencontre de tous les animaux de la jungle, avant de les embarquer dans un palpitant voyage vers la ville, à la rencontre du plus effrayant animal qui soit: l'homme. Heureusement, tout est bien qui finit bien: ils réussiront à accomplir leur mission et à ramener leur reine saine et sauve.

Présentation:

Deux versions sont possibles: un album avec de superbes illustrations aux couleurs chaudes et aux détails très riches ou bien une version épurée sous forme de roman sans illustration. Les deux versions ont chacune un intérêt car les illustrations très précises sèment des indices que les plus grands auront tôt fait d'interpréter. Avec eux un travail est donc possible directement avec le roman épuré ou alors sur l'album pour faire un parallèle entre texte et image. Pour les plus jeunes, les illustrations peuvent être d'une grande aide car le texte lui n'est pas si simple, et s'adresse plutôt à de bon lecteurs de CE2, voire même des CM1. En tout cas la qualité littéraire et graphique de ce titre est indéniable. Il est d'ailleurs présent sur la liste de référence du ministère.

Exploitation:

En langue, comme expliqué plus tôt, un parralèle texte image peut être envisagé, mais également un travail sur la narration car le récit à la première personne - puisque c'est l'inspecteur Mandibule qui raconte - donne un ton très particulier, amenant une possibilité de réécriture par la suite. On peut aussi envisager un travail d'écriture en imaginant la rencontre avec d'autres animaux. Bien entendu on peut aborder un travail sur le récit policier avec tous les éléments du genre.
En science, un travail sur le monde des insectes bien entendu, en géographie on peut parler de l'amazonie, de son éco-système mais on peut aussi aborder la question du respect de l'environnement, de la protection de la planète et des espèces puisque l'histoire en elle même aborde d'une manière plutôt explicite le problème de l'impact de l'intervention de l'homme sur la nature, et ce vu par les animaux. Des débats et des recherches peuvent alors être initiés sans problème sur ce thème.
Et de nombreuses autres possibilités sont offertes par cet album très riche! Un fichier d'exploitation existe d'ailleurs chez Magnard dans le collection Que d'Histoire!.

Mise en réseau:

A vous de choisir: sur le thème des insectes, sur le thème du policier, sur le thème du développement durable... les mises en réseau avec ce livre sont plutôt faciles!

L'avis des enfants:

Mes élèves de CE2 ont eu du mal, car pas assez bons lecteurs pour profiter pleinement du livre. La compréhension a nécessité un réel étayage de ma part mais au final ils ont été bluffé par les illustrations et ont beaucoup aimé le livre. Les plus grands ont par contre carrément accroché, ils ont adoré l'humour omniprésent dans le livre mais qui demande une bonne compréhension fine et de l'implicite.

Le bilan est donc positif: voilà un livre multi-usage qu'il faut absolument avoir dans sa bcd!

02 août 2007

La goutte qui fait déborder le vase...

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Et merde! Ben voilà... alors que j'avais réussi à me dépatouiller avec un plausible emploi du temps, que j'avais des ébauches de progressions et que tout ceci semblait se mettre en place, et bien voilà que j'apprend en passant aujourd'hui à la mairie qu'il y a une nouvelle inscription... en cm1!

C'est donc officiel, mon ô combien magnifique et providentiel double niveau de l'année prochaine redevient un merdique triple niveau, avec UN élève en cm1... autant vous dire que ça me gonfle profondément là. Je savais que ça pouvait arriver mais quand même hein, non quand même...

Et ben si. Faut donc tout repenser.

Génial.

04 août 2007

Essaye encore...

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Je vais pêter un plomb. Je sais pas comment font ces profs qui arrivent à se préparer des supers emplois du temps, des supers progressions, enfin des trucs qui tiennent debout et qui sont un minimum applicables à une vraie classe, parce que moi j'y arrive pas.

J'Y ARRIVE PAS BORDEL!

08 août 2007

Nouvelles dispositions

Catégorie: La vie de la Maîtresse

J'ai enfin réussi à me mettre au boulot, ou plutôt à avancer, concrètement. Gros soulagement. J'étais au point mort depuis plusieurs jours, et au vu de la tonne de boulot qu'il reste encore, mieux vaudrait ne pas caler trop souvent. Mais bon, là un des gros morceaux - discipline et évaluation - est quasiment bouclé sur le papier, reste plus qu'à créer et éditer la paperasse attenante.

Ensuite il faut passer aux programmations et emplois du temps. Encore. Ma bête noire. Surtout ne pas paniquer. Je me suis mise à bosser à l'école, vu qu'elle est enfin en ordre après des semaines de réorganisation et de bazardage en tout genre - ça m'a pris pas mal de temps ça aussi tiens mais ça vallait le coup - je peux enfin m'installer à mon bureau avec plaisir, dans une atmosphère apaisée et claire, propice au travail quoi. Et je me dis que ça va m'aider à attaquer de nouveau ces foutues programmations.

Donc surtout, ne pas paniquer, être optimiste. Il me reste plein de temps. Je suis dans les meilleures dispositions.

Maintenant ça se présente bien.



13 août 2007

Question pour un champion

Catégorie: Sciences

Les sciences à l'école, c'est pas évident. Parce que pour bien faire des sciences, il ne suffit pas de faire une leçon. Les sciences c'est l'expérimentation et la recherche, deux choses pas facile à réaliser en classe. Faire acquérir une démarche scientifique aux élèves est loin d'être un jeu d'enfant, mais heureusement, tous les enfants sont curieux, et tous les enfants ont des idées.

Je suis donc partie de là pour mettre en place l'utilisation d'un cahier d'expérience avec mes élèves. Le cahier d'expérience c'est une super idée, encore faut-il trouver une autre bonne idée pour arriver à l'exploiter correctement. J'ai donc mis en place la question de sciences.

Dans un coin de la classe est affiché cet item: question de sciences: bonne question! sous lequel j'ajoute une question relative à différents domaines scientifiques et portant sur un sujet pour lequel est prévue une leçon. Par exemple: Comment fonctionne un volcan? ou Au petit déjeuner tu manges un yaourt et tu bois du jus d'orange, que deviennent-ils après? et je laisse les élèves se dépatouiller avec. Ils savent qu'ils ont une semaine pour réfléchir à cette question, et noter leurs idées dans le cahier d'expérience. Ils peuvent y écrire, mais je les encourage aussi fortement à faire des schémas, des croquis. L'année passée ils pouvaient réfléchir à la question de sciences lors des activités d'attente, une fois leur travail terminé, ou le soir à la maison. Mais cette année je pense réserver une demi-heure dans la semaine pour permettre à tous les élèves de se pencher sérieusement dessus.

A chaque fois, j'opte pour deux possiblité dans la consigne: soit j'axe la recherche vers la réflexion personnelle, et je leur interdis d'aller chercher des infos ailleurs que dans leurs têtes (consigne plus ou moins bien respectée au départ, mieux par la suite quand ils ont eu compris que je ne sanctionnais pas leurs erreurs, voir ensuite la question de l'évaluation). Soit je choisis la recherche documentaire et je leur permets de s'aider des livres, d'internet etc... Parfois je les laisse libre de faire comme ils veulent. Tout dépend de ce que je veux faire ressortir pour faire ma leçon ensuite: si j'ai besoin de faire ressortir les conceptions initiales j'utilise la réflexion personnelle, mais si les notions ont besoin d'être débrousaillées car trop nombreuses, je préfère la recherche documentaire.

Question évaluation, le cahier d'expérience n'est pas corrigé du point de vue orthographe, ni du point de vue de la justesse des explications. Ce qui importe c'est que l'enfant ait réfléchi, se soit donné du mal pour trouver une explication, juste ou fausse peu importe, et pour l'illustrer. Je ne sanctionne que le travail baclé, sale, et les enfants le savent très bien. Très rapidement ils s'approprient ce cahier de recherche avec d'autant plus de bonheur que l'erreur n'y existe pas!

Pour exploiter leur travail, je commence ma séance de science avec un rapide tour de table des différentes réponses, souvent je choisis même avant les réponses qui m'intéressent pour aller directement à l'essentiel. Ainsi les enfants voient leur travail valorisé, même s'ils se sont trompés, je leur présente ça comme l'occasion d'avancer dans nos connaissances et nous cheminons ensemble vers la bonne réponse.

A partir de cette question, soit je tire directement une leçon, soit je peux relancer une recherche, souvent sur la mise en place d'une expérience. Si deux réponses semblent bonnes, ont été bien argumentée par leurs auteurs, on peut alors proposer à la classe d'imaginer une expérience qui permettrait de savoir quelle réponse est la bonne. De nouveau les élèves se servent du cahier d'expérience pour expliquer leurs montages, le matériel qu'il faudra etc... C'est aussi quelque chose qu'ils aiment beaucoup.

Bref, le cahier d'expériences est indispensable en cycle 3 certes, mais pour le faire fonctionner la question de sciences est une bonne astuce... dumoins c'est celle que j'ai trouvé et qui me permet de rendre les sciences un peu plus vivantes et d'amener mes élèves vers la pensée scientifique, c'est tout ce que j'espère!

Corrigé par Eddie à 21:38 - Sciences - Gribouiller au tableau? [2]

20 août 2007

Vive la rentrée!

Catégorie: La Vie de la Maîtresse

Alors voilà, à une semaine de la rentrée le bilan est... à peu près celui auquel je m'attendais - parce que je me connais bien!

Je n'ai toujours ni emploi du temps, ni progressions, ni système de discipline... je vous raconte pas le boulot de dingue que ça représente, surtout pour trois niveaux. Bon pour le système de discipline j'ai déjà tout mis en place dans ma tête, mais il me reste à sotir ça sur papier. Le reste par contre, c'est le grand flou.

Les dossiers de rentrée ne sont pas prêts, les listes délèves ne sont même pas faites. La directrice est à la bourre. J'ai commencé à éditer les documents nécessaires, normalement y'a pas grand chose à revoir desuus si ce n'est changer l'année et quelques bricoles, ça devrait être rapide et pas trop prise de tête.

La plupart des commandes ne sont pas arrivées. Là c'est moins drôle. Bon la grosse commande de fourniture arrive normalement aujourd'hui, encore va-t-il falloir la pointer et la ranger en quatrième vitesse. Par contre je retiens certains éditeurs qui après 4 semaines n'ont toujours envoyé ni la commande de l'école ni ma commande perso! Je veux bien qu'ils soient débordés, mais quand même... c'est leur job!

Mon appart est un joyeu chantier (la faute aux nouveaux meubles) qu'il va falloir que je range vite fait bien fait, je ne peux aps faire la rentrée dans un souk. Ma classe elle - ainsi que le reste de l'école - est à peu près rangée (ouf!).

Cléopatra ne m'a rien expliqué à propos de la coopérative scolaire - je ne raconte pas ici le pourquoi du comment parce que ça me soule - coopérative que je dois reprendre cette année alors que je n'y connais rien! Encore un challenge!

Pas de nouvelles ni de Pompadour ni de Piverte. Toutes les deux en vacances, qui vont se pointer à la dernière minute. M'en fout, elles le savent peut être pas encore, mais c'est leur problème. Pas le mien.

Voilà, en gros donc, c'est la merde. Rien n'est fait, c'est le grand rush. Je vais devoir speeder, me jeter après les murs, être efficace, penser à dix mille à l'heure, faire douze choses en même temps...

Et j'adore ça!

25 août 2007

L'acrobate

Catégorie: La Vie de la Maîtresse

Réunion de rentrée prévue pour lundi, il était temps. Je suis débordée, totalement débordée. Des notes partout, des papiers, des tonnes de choses pas prêtes y compris mes progressions. Des soucis qui commencent à s'empiler dans un coin de ma tête, problème d'horaire, problème de matériel, petits problèmes mais problèmes à régler quand même, en attente. Faut faire le plus urgent, comme je peux, je passe d'une chose à l'autre, sans répis ou presque, avec la tension qui commence à monter.

J'évite de trop penser, je jongle comme une acrobate, et je vais forcément oublier des choses.

Pourvu que ça ne soit pas des choses importantes.

09 septembre 2007

Tous les matins du monde

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Super rentrée, plutôt zen mine de rien même si je suis débordée. Je suis beaucoup mieux organisée que l'année précédente, évidemment, et ma classe s'en ressent largement, tout comme ma direction, et même ma vie privée! Quel bonheur!

Bien sûr il reste tout un tas de choses en suspend, des choses à mettre en place, à ajuster, à introduire, des habitudes à prendre... Toujours pas d'emploi du temps, même si je dois un faire un aujourd'hui. Ca ne sera qu'une ébauche. J'ai décidé de prendre le temps de l'élaborer au fur et à mesure des ces premières semaines pour qu'il soit vraiment effectif, vraiment pratique, plutôt que de pondre un truc juste pour la galerie. Donc aujourd'hui je fais un premier jet, en fonction de tout ce qui s'est passé cette semaine, et je vais voir si je peux le tenir pour la semaine qui vient. Je ferai les modifs en conséquence. J'ai expliqué tout ça à mes élèves, qui se montrent du coup très patients, tellement ils sont contents de savoir qu'ils vont avoir un vrai emploi du temps bientôt.

Idem pour mes progressions. Elles ne sont pas finies. C'est un peu casse pied du coup parce que dans certaines matières j'en aurais bien besoin. Il va falloir que je trouve un moment pour finaliser ça. Seulement quand? Vendredi soir j'ai débauché à neuf heures moins le quart à cause de la paperasse de direction, fiches de renseignement et tout le tintouin. J'ai beau être super efficace pour faire les choses, il n'en reste pas moins qu'il faut le temps pour les faire, et qu'il y en a toujours qui viennent s'ajouter. C'est sans fin!

Heureusement mes élèves sont supers. J'ai une classe géniale cette année, avec une très bonne ambiance. 20 élèves tout rond pour le moment, une répartition entre CE2 et CM1/CM2 qui n'est pas si mauvaise et qui me permet d'avoir une bonne dynamique, et d'alterner entre les grands et les petits. Mes quelques nouveaux sont de très bons élèves qui relèvent le niveau, un vrai plaisir.

Moi j'ai de bons réflexes, de bonnes idées, j'arrive à mettre en place plus de petites d'activités, à varier les supports, à garder ma classe ranger, à tenir mes élèves calmes en étant ferme mais pas trop. C'est bien organisé, et ça tourne comme un rouage bien huilé. Rassurant. Agréable.

Pourvu que ça dure!

12 septembre 2007

Overdose

Catégorie: Le plus beau métier du monde

En overdose. Au bord du craquage nerveux. Au bord des larmes, au bord de hurler. Comme de rouler à 250 sur une route de campagne pleine de nids de poule. Plantage à tout moment, en sursis. Et rien pour freiner.

Je jauge mes élèves à la va-vite, dans l'urgence, je fais de l'escalade. Descente en rappel. Certains sont très loin, je vais devoir dérouler et plonger pour aller les chercher. Avoir la force de le faire. Je prépare mes cordes, je me sangle. Les parois sont vertigineuses. Les gamins sont paumés. Le système est mal fait.

Je sais comment enquiller. Je sais ce qu'il va falloir lâcher, quand il faut serrer la prise. Je le sais d'instinct, je le sais comme si j'avais toujours fait ça.

Sauf que ça me transperce le corps et l'âme, ça m'ouvre en deux. Il faut y mettre du sien dans ce métier. Y mettre du sien. Pas seulement de la bonne volonté ou de l'intention. Non. Il faut y mettre sa chair, sa raison, sa force, sa foi. Il faut y mettre sa sueur et ses larmes.

Et pendant que je me sangle, pendant que j'ajuste mes repères, la route défile comme un monstre. La vie défile. Comme un méchant manège. Et même si je suis en overdose, même si je suis au bord de cette folie, je me prépare à plonger. Encore. Avec l'adrénaline de savoir que je vais faire quelque chose de bien. Parce que je suis faite pour ça.

Parce que je ne suis pas de ceux qui laissent des gosses aux fonds des ravins.

13 septembre 2007

Zone tampon

Catégorie: La salle des maîtres

Des fins de semaine comme si de rien n'était. Le temps s'étire, dans un silence poli et convenu. Ma nouvelle collègue, Pompadour, a décidemment tout d'une porte de prison. Aussi drôle, aussi diplomate, aussi avenante que de la fonte massive. Son sourire faussement aimable cache des dents aiguisées, que je devine à chaque grimace qui se veut rassurante et comme elle l'a dit elle même à midi, même pas pour plaisanter hein, elle a mauvais caractère. Merci, j'avais deviné.

Je la sens pas, mais alors quelque chose de comaque. Même si elle reste très prudente et ô combien distante pour le moment, j'ai bien deviné que j'avais pas intérêt à faire un truc qui lui déplairait, où elle sortirait les griffes. Elle est du genre à gueuler, c'est écrit sur son visage, avec une méchanceté latente qui me donne envie de la pousser juste pour la voir démarrer. Moi aussi je faire très fort si on vient me chercher, sans problème. Sauf que je gueule pas. Moi je suis plutôt comme Cyrano, disons qu'à la fin de l'envoi, je touche. Enfin bref, tout ça pour dire que l'autre nuit j'ai rêvé qu'on se prenait de gueule toutes les deux, et franchement, je me dis qu'il faudrait pas grand chose pour que ça arrive. Réjouissant.

Donc je passe mes récrés totalement esseulée, puisqu'elle ne partage rien avec moi, si ce n'est de temps à autre une râlerie un peu hautaine. Elle aime pas ses élèves, elle se fout de l'école, elle fait son job et point barre. C'est déjà ça me direz-vous... certes. Mais en attendant je me fais chier comme un rat, toute seule sur ma chaise, toute seule à boire mon thé, toute seule avec mes soucis d'élèves, de paperasse, de parents. Pas de discussion. Pas d'échanges, pas de joie de vivre ni de bonheur d'être là. Elle transpire le mépris bien déguisé, coincée dans ses apparences de poule coquette. A force elle me rend méfiante. Elle me rend distante.

Je la sens pas.

Et je me trompe rarement sur ces choses là.

Corrigé par Eddie à 20:07 - La salle des maîtres - Gribouiller au tableau? [5]

18 septembre 2007

Claquée

Catégorie: La Vie de la Maîtresse

Ma classe tourne bien, l'école tourne bien, je rigole pas mal, mes élèves aussi, les élèves de ma collègue moins, sauf quand ils sont punis dans ma classe... cherchez l'erreur.

Mine de rien, elle ne sait pas s'y prendre avec les gamins, et je commence à me demander si elle sait s'y prendre avec les êtres humains en général, tellement elle est semble antipathique à tout le monde. Elle a même déjà réussi à s'attraper avec monsieur le maire - qui a dit d'elle dans son dos une fois qu'elle a eu tourné les talons que c'était une bonne à rien - ça augure bien pour la suite. Je m'en mèle pas, c'est son affaire, faut dire que vu son attitude envers moi je baisse un peu les bras.

Et pendant ce temps je commence à penser à l'inspection de cette année. Me demande si c'est vraiment grave de n'avoir ni emploi du temps ni progressions et de tout faire au feeling... ouais forcément c'est grave. Je gère, mais allez dire ça à l'inspectrice. Va falloir que je trouve vite vite une solution, un truc acceptable, seulement pour le moment chaque fois que je réfléchis un peu à ça, la seule réponse qui me vient à l'esprit c'est "je suis trop crevée pour réfléchir à ça"... engageant.

Heureusement que j'ai minimum deux bons fous-rire par jour avec mes élèves, qu'ils travaillent bien, que tous les parents sont - pour l'instant - avec moi, que le midi j'ai de nouveau les bons petits plats de ma cantinière, et que j'aime ce job.

Sérieux.

Heureusement que j'aime ce job.

29 septembre 2007

Silence, on coule

Catégorie: Le plus beau métier du monde

J'dis rien. Quand j'dis rien c'est que soit ça va très bien, soit ça va très mal. Deuxième solution.

Je suis débordée, totalement débordée par la direction. Avec des merdes du genre j'ai pas réussi à récupérer assez tôt les fichiers d'évaluation ce1/cm2 auprès de la circo et entre temps ils les ont un peu paumé... bon c'est ma faute sans être ma faute, je m'en fous de toute façon de la faute à qui, juste que du coup ça me fait ça de plus en attente. Sur le dessus de la méga pile que j'ai déjà. Listes électorales en super urgent, liste pour la médecine scolaire pour avant-avant-hier, pointage des cotisation de la coopé, pointage des dossiers de rentrée toujours pas fini, gestion de la fête de noël, gestion du budget pédagogique de l'année prochaine déjà bien entamé -va falloir s'arrêter d'ailleurs -, et tout le reste.

Pompadour fait chié. J'ai eu un sursaut d'espoir lundi, et puis tout s'est écroulé de nouveau. Elle attend après moi comme si tout était du ressort de la directrice, tout le temps, même pour des broutilles du genre aménager un petit coin groupe dans son couloir. Et elle veut que je photocopie les fiches d'urgence de ses gamins pour les avoir dans SA classe. Putain mais mon bureau il est gardé par des crocodiles ou quoi? Je ne comprends pas. Je fais mon deuil.

Je suis inspectée dans quinze jours. Rien n'est prêt pour ça. Je n'ai aucune fiches de prép, encore moins de progressions ou programmations quelconques, vu que je viens juste de réussir à faire - enfin! - un emploi du temps. Je suis donc dans une merde royale, avec quadriplage du boulot à faire. Que du bonheur.

Je n'ai aucune idée de la façon dont je dois mettre en place ces putain de ppre avec lesquels on nous soule. Ah oui tiens... c'est quoi le ppre à mettre en place dans une classe triple-niveau pour un élève de CE2 qui ne sait pas lire. Sans déconner? J'arrive même pas à corriger les maths avec mes CM, je fais comment pour faire de l'individuel???

Ajoutez à ça que ma paye est trop minable pour que j'arrive à payer mes leçons de conduite sans devoir emprunter à mes parents - et que le soir je suis tellement crevée en arrivant à la conduite que je dois faire un effort surhumain pour que ça serve un peu à quelque chose. Qu'on veut me faire participer à des formations aux noms pompeux - ça serait presque drôle si c'était pas obligatoire - ou qu'on veut m'envoyer faire des stages à cinquante bornes de chez moi alors que j'ai pas le permis bordel!

Ben voilà, quand j'ai dit ça, j'ai tout dit. Tout ce qui peut se dire. Le reste, faut le hurler.

Alors je préfère ne rien dire.

09 octobre 2007

A suivre...

Catégorie: La Vie de la Maîtresse

Si je ne dis rien ici, c'est parce que ça ne va pas. Pas envie d'écrire trop de chose négative sur ce métier que j'adore. Ce blog est là pour raconter ma vie de maîtresse, mais en ce moment elle est dévorée par tout un tas de choses qui n'ont rien à voir avec ça. Une direction envahissante, une hiérarchie ***devoir de réserve***, une collègue dont la personnalité ne fait pas écho à la mienne, des gens chiants en bataille, des devoirs, des devoirs, des devoirs, aucun pouvoir, aucun droit. Pas envie de faire le récit de toutes ces contrariétés, de la fatigue, et du reste. A vrai dire, je me demande même si ce blog va encore continuer longtemps. Je laisse passer la vague, je jugerai après.

Pendant ce temps, je survis . Au coeur. J'y parle aussi de mon métier de temps à autre, mais différemment. Au milieu du reste. Là je suis un être entier.

Pour ceux qui veulent des nouvelles.

13 octobre 2007

C'est dans la boîte!

Catégorie: Madame la Directrice

Nouvelle catégorie pour raconter mes déboires de directrice. Oui parce que cette fonction n'a franchement aucun avantage! Et elle me pollue ce blog et la tête, donc... compartimentons!

Corrigé par Eddie à 16:25 - Madame la Directrice - Gribouiller au tableau? [0]

Vocabulaire: jeu du Katudi

Catégorie: Etude de la Langue Française

Ce jeu n'est qu'une façon amusante de nommer le "mot du jour" en place dans tout un tas de classe.

Histoire de faire étudier un peu de vocabulaire, lors du moment de rituel de langue en place dans ma classe, de temps en temps j'écris un mot nouveau au tableau et je demande qui le connait... souvent il n'y a pas grand monde, voir personne. Je donne alors une phrase d'exemple à partir de laquelle on peut deviner le sens, et les élèves tentent de formuler une définition correcte. La plupart du temps on y arrive assez vite. Et on copie le mot dans un cahier de vocabulaire.

Pour introduire ce jeu, le même travail a été fait sur le nom du jeu: Katudi. Une fois écrit au tableau, je leur ai demandé ce que ça voulait dire - grand moment de fou rire de mon côté bien sûr - mais ils ont fini par y voir ce qu'il fallait y voir, à savoir une écriture phonétique de "Qu'as tu dis" ainsi qu'une ressemblance amusante avec un autre jeu qu'ils aiment beaucoup, le sudoku.

Pour le choix des mots, rien de plus facile: il y a les incollables bien sûr - merci ma filleule! - qui sont un outil très pratique souvent utilisé tel quel - mais je préfère faire ma sauce - mais aussi un bon vieux dico, et tous les mots qui les scotchent quand je leur parle, et comme je leur parle beaucoup... j'ai un large choix!

Finalement tout ceci a très bien pris, et aujourd'hui je n'ai plus qu'à annoncer qu'on fait un Katudi pour qu'ils fixent le tableau avec impatience...

Le vocabulaire c'est marrant!

Orthographe: les boîtes à mots

Catégorie: Etude de la Langue Française

Autre jeu possible durant mes rituels de langue: les boîtes à mots.

Prenez deux boîtes pas trop grandes ni trop petites dans lesquelles vous allez pouvoir glisser des mots écrit sur des petits bouts de papiers. Sur une des boîtes vous mettez une étiquette rouge et sur l'autre une étiquette verte - encore mieux si vous pouvez avoir une boîte toute rouge et une boîte toute verte! Ensuite sur des petits rectangles de papiers on écrit des mots. Pas n'importe quels mots: des mots invariables ou des mots très courants à l'orthographe un peu casse pied - ex: gâteau, oiseau, oeil etc... Et on met ces mots dans la boîte rouge.

On présente ensuite le jeu aux enfants. En général c'est mieux s'ils jouent avec leur ardoise et leur feutre/craie - ils adorent ça - mais on peut aussi faire ça sur un cahier de brouillon ou une feuille qu'on ramasse, pourquoi pas! Une fois qu'ils sont tous armés de leur feutre/craie, on pioche sans leur montrer un mot dans la boîte rouge, et on le lit. Les gamins doivent l'écrire correctement sur leurs ardoises. Si tout le monde a juste, le mot passe dans la boîte verte. Sinon, il reste dans la boîte rouge. Le but du jeu étant de faire passer tous les mots dans la boîte verte.

Quelques remarques:
- ne pas mettre trop de mots à la fois dans la boîte rouge, sinon jamais les enfants n'auront le plaisir de tous les faire passer dans la boîte verte! Il faut donc avoir un petit stock de mot dans la boîte rouge, et on peut lancer le défis aux enfants de tous les savoir à la fin de la semaine par exemple.
- les mots qui sont passés dans la boîte verte y restent tous, et de temps en temps, on y pioche un mot, pour vérifier que les enfants le savent toujours: si ce n'est pas le cas, le mot retourne dans la boîte rouge.
- pour différencier un peu le jeu, que ce soit dans le cas de classe multiniveau comme la mienne, ou simplement d'élèves en difficulté ou plus avancés, il suffit juste de faire deux couleurs de papiers pour les mots. Ainsi on utilise les même boîtes et on fait le jeu tous ensemble, mais mes CE2 ont les mots jaunes et mes CM les mots oranges (et les mots jaunes en plus pour les embêter un peu!).

Les élèves adorent ce jeu. On peut en plus y ajouter un côté challenge, avec une limite de temps, ou de rapidité. On peut s'amuser à faire des listes de mots que tous le monde doit faire juste, un championnat ou un défis par équipe... à vous d'imaginer la suite!

18 novembre 2007

Approuvée

Catégorie: La Vie de la Maîtresse

Inspection passée, ouf. Passée et bien passée. Pour faire court, on va dire que mieux c'était pas possible. Pour faire court on va dire que ça s'est passé comme dans un rêve, que c'était parfait. Vraiment parfait. Que ça fait plaisir d'avoir des compliments comme ceux-là. De savoir qu'on fait du bon travail, tout simplement.

Y'a plus qu'à continuer. Avec en plus cette petite certitude rangée maintenant dans un coin de ma tête.

Je suis une bonne maîtresse.

20 novembre 2007

Et avec ça ma p'tite dame, ce s'ra?

Catégorie: Le plus beau métier du monde

A peine sortie d'un stress qu'il faut enchaîner avec un autre. J'enlève ma casquette de super maîtresse pour mettre celle de super comptable/manager et planifier la fête de noël et son fameux marché, sensé nous rapporter quelques sous, et pas nous en coûter. Si on m'avait dit qu'être maîtresse c'était aussi jouer à la marchande!

L'année dernière on avait eu chaud. A peine rentré dans nos frais. La faute à trop de scrupules. Impossible d'afficher des prix corrects sans culpabiliser à mort sur ses pauvres familles qui n'ont pas d'argent et ses pauvres parents qu'on prend pour des vaches à lait. On avait opté pour la techique plus élégante du prix minimum augmenté d'un "si vous pouvez donner plus"... mais au vu des résultats une constatation s'impose - lamentable mais évidente - il faut raquetter pour faire du chiffre.

Oui mais il faut aussi et avant tout vendre, et bien évidemment TOUT vendre. Trop de calendriers et autres babioles multicolores qui vous restent sur les bras - la plupart du temps invendables l'année suivante bien sûr - et vous mangez la marge, voir vous en êtes de votre poche.

C'est donc toute une stratégie, lors du passage de commande de fournitures d'abord. Cette étape là est passée. Ouf. J'en suis maintenant à l'étape où on met tout ça entre les mains des gamins en se répétant intérieurement ce mantra "pourvu qu'ils ne massacrent pas tout, pourvu qu'ils ne massacrent pas tout, pourvu qu'ils ne massacrent pas tout"... et on montre les jolis models qu'on a préparé, et on donne des consignes à tout va, et on réajuste le tir à la dernière minute parce que forcément des gamins de 9 ans plutôt maladroits et excités ne peuvent pas faire comme l'adulte patiente et débrouillarde que je suis - traduisez "le papier maîtresse il se déchirent en plein de mimis avec la colle et même que j'ai fait un trou là maîtresse et même que maîtresse regarde ça se décooooolle!"... on respire, on reste zen.

Les étapes suivantes, c'est la vente. Au porte à porte d'abord. Où je vais regarder d'un oeil anxieux les piles de machins et de trucs diminuer ou non, et jauger en quelques jours à peine ce qui va nous rester sur les bras. Il faut bien sûr garder certaines chose de côté pour le vrai marché de noël qui aura lieu à l'école. Là encore... garder mais ne pas trop garder, là est la question.

Tout est une question de dosage en fait, de réflexion. Et je réflexionne toute seule, ce qui est pénible. Surtout que je déteste réflexionner quand il y a de l'argent en jeu, ça me crispe. Et vu que j'organise ça toute seule comme une grande, si je rate mon coup et qu'on y est de notre poche - et que le marché est merdique - ben ça sera entièrement ma faute. Génial. D'un autre côté, comme c'est moi qui fait les comptes de la coopé, ben personne saura la vérité hein, j'aurai qu'à dire que ça à bien marché, même si c'est pas vrai!

J'en suis pas encore là. Pour le moment tout est encore jouable. Pourvu qu'on y réfléchisse bien. Qu'on y mette de soi - enfin de moi - un minimum, et qu'ils s'y donnent à fond - no problem jusque là - en s'appliquant. On est dans le timing, ou presque. J'ai bon espoir.

Comment ça je suis naïve?

22 novembre 2007

Fosse commune

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Certains de mes élèves ont la vivacité de poissons morts. Et les yeux de merlans frits qui vont avec. Quand c'est pas le sourire niais. Ou les deux.

Et en ce moment j'ai envie de les claquer. C'est que des gosses, c'est pas leur faute, mais sérieux quand je les regarde, quand ils me parlent avec leur air bête, j'ai envie de hurler. Je m'en veux un peu de les prendre en grippe juste parce qu'ils sont idiots, lents, niais, empotés, peureux et j'en passe, mais ils me laissent tellement démunie que finalement je déteste l'image d'impuissance qu'ils me renvoient. Impuissance face à la bêtise absolue, désespérante, l'expression parfaite de ce qu'il y a de plus navrant dans l'humanité. Personne ne peut rendre un idiot intelligent, ne rêvez pas. Alors je fais quoi de ces gamins? Ceux qui sont plein de tares, ceux qui sont limités, ceux qui sont traumatisés... L'année dernière j'avais réussi à gérer, parce que des cas aussi sérieux j'en avais que deux. Là ils sont trop nombreux, je capote.

Quand je les regarde je trouve la vie injuste. Et je déteste l'injustice. Et je déteste la faiblesse. La mienne. La leur.

Alors je les regarde le moins possible. En attendant de trouver mieux. Je tente de rester la plus gentille possible, de ne pas les prendre définitivement en grippe. Je tente d'être quand même leur maîtresse. Même si Darwin me donne envie de les émiminer tout de suite. De ne garder que les plus forts. De ne construire que là où c'est possible. Parce qu'avec ces gamins, c'est comme bâtir des châteaux dans des sables mouvants. Peut importe ce qu'on leur enseigne, ce qu'on tente d'expliquer, ça disparait inexorablement, sans qu'on puisse lutter, ni nous, ni eux. Ils sombrent. Et j'assiste à la catastrophe sans pouvoir trop rien faire. Avec l'envie de tourner le dos, de fuir. Instinct de survie.

Quand je les regarde je trouve la vie injuste. Et je ne veux pas me laisser faire, je ne veux pas baisser les bras. A l'image de Don Quichotte. Se battre pardce que justement moi, j'ai la chance de savoir, de pouvoir, la chance d'être du bon côté de la barrière de Darwin. Tenter de leur apporter ce que j'ai reçu, un peu. Il faut une bonne dose d'inconscience pour vouloir bâtir des châteaux dans leurs sables mouvants. Mais si je ne le fais pas, si je ne leur offre pas cette chance, autant changer de métier de suite, et autant brader toutes mes valeurs en partant. Je rumine ma peine, je cherche comment. Comment faire pour laisser ne serait-ce qu'une trace, quelque chose qui ferait la différence, pour aller les chercher dans ces retranchements de bêtise. Je tente. Encore et encore. Rien ne prend. Le sable avale tout.

Leurs yeux béants me laisse seule.

Et je me dis que Darwin a raison. Jusqu'au bout. Avec cet effroi devant un massacre annoncé, je me tiens devant le trou creusé par la société pour eux. Parce que Darwin a inexorablement raison.

Les plus faibles ne survivront pas.