28 juin 2009
La fête à neuneu
Catégorie: Evènements
Kermesse enfin passée, en demi-teinte. A vrai dire je suis même assez déçue par l'ensemble. Un spectacle qui n'a pas vraiment été applaudi, des remerciements des parents loin de ce dont j'aurai eu besoin, des gamins pinailleurs, des adultes limites désagréables, sans parler des comptes que je n'ai pas encore fait mais qui a vu de nez sont eux aussi très limites. L'ambiance n'y était pas, où alors c'est moi. Peu importe. C'est la première année que je clôture la chose ne me disant que toute la préparation, le stress, les contraintes et le reste, que tout ça n'en vallait pas la peine.
A vrai dire, cette fin d'année a vu naître en moi une remise en question quand à toutes ces manifestations qui entourent l'école, et que jusque là j'appréciais: fête de noël, carnaval, fêtes des mères, des pères, kermesse et autres voyages de fin d'année. Ces diverses occasions que beaucoup estiment légitimes mais que depuis peu je trouve trop envahissantes. Le soucis c'est justement qu'il est souvent très difficile de les mettre en sourdine tant les parents, les municipalités, et les enfants y sont attachés. Pourtant la plupart du temps, tout ça est très loin de la pédagogie, et du rôle de l'école. Je peux le dire d'expérience: ça tient plus de la fête de village que d'autres choses.
Je suis donc en train de cogiter à la façon de concilier tout ça l'année prochaine. Comment arriver à mettre la pédale douce, pour que tout ça prenne moins de temps, moins d'effort, moins de place, et que je puisse y introduire un intérêt pédagogique qui ne serait pas un faire valloir anecdotique mais bien le coeur même de ces activités. Je pense que pour ça il faut planifier toutes ces manifestations dès le début, en les incluant dans ma programmation et mes divers projets. Dumoins c'est ce que je vais essayer.
Parce que j'en ai ras le bol d'organiser des fêtes de villages. Je veux juste faire mon métier.
Et bien le faire.
11 juin 2009
En vrac
Catégorie: Le plus beau métier du monde
Fin d'année sur les chapeaux de roues, même pas le temps de raconter tout ça. Pas la force non plus. Je suis tout simplement exténuée, et les divers tracas de la vie quotidienne d'une école rajoute à mon ras-le-bol chronique du mois de juin.
C'est officiel, Baloo s'en va. On s'entendait bien, sans plus. Ca ne me fait pas grand effet de la voir partir. Je redoute surtout de voir arriver deux autres collègues qui ne seraient pas à mon goût. Je dis deux autres car l'ouverture d'une troisième classe est définitivement enterrinée. Et d'ailleurs, il y a déjà eu attribution de l'un des deux postes. J'ai même rencontré la nouvelle collègue en question. Par deux fois. La première fois elle m'a fait une impression prodigieuse. Sans doute parce que c'était par un samedi après-midi ensoleillé et chaud. La deuxième fois, je suis redescendue de mon nuage. Sans doute parce que c'était par un mardi soir pluvieux, à la suite d'un conseil d'école expédié. Là elle m'a semblé assez guindée, très conventionnel, calme et organisée, une fille qui respire l'équilibre. Bien comme il faut quoi. Je suis allergique aux gens bien comme il faut. Tout simplement parce qu'ils me rappellent tout ce que je ne suis pas. Il va falloir voir ce que ça donne. Je ne peux pas me prononcer sur la suite des évènements. Il faut aussi attendre de voir qui va être nommé sur le dernier poste... sachant que c'est le poste de direction et que l'inspection m'a sous entendu que s'il s'agissait d'un T1 - un instit dont c'est la première année - la direction risque de me revenir en pleine figure. Le pied.
La mairie a aussi eu la très bonne idée de nous forcer la main pour qu'on postule au projet d'école numérique. J'ai de l'urticaire rien qu'à imaginer que ça puisse aboutir. Surtout que notre dossier vient d'être accepté. Je n'ai aucune envie de devoir subir une formation supplémentaire pour apprendre à me servir d'un tableau blanc intéractif qui ne me servira jamais ou très peu et de devoir supporter les enquêtes et les surveillances de l'académie quand à notre utilisation de ce matériel. Sans déconner, si les mairies et le ministère ont du fric à foutre en l'air - un tableau intéractif pour des mômes de primaire! - pourquoi ne pas acheter des livres, du matériel de sciences, d'art visuels, ou tout simplement des ordinateurs normaux, équipés des logiciels indispensables. Mais non, ils préfèrent nous fourguer des trucs farfelus, juste pour faire bien. Je ne veux pas dire que tout ceci sera inutile, je dis juste que le rapport investissement/utilité est tellement faible que c'en est grotesque.
La mairie a aussi mis en attente - voire jeter aux oubliettes? - notre demande de salle des maîtres. Les locaux sont disponibles, et nous avions juste à déplacer quelques cartons et à nous installer, mais pour une raison de gué-guerre de clochers, notre mairie a finalement fait marche arrière après nous avoir d'abord dit oui. Apparement, je n'étais pas au courant mais je fais partie d'une secte. La "secte des instituteurs" dixit monsieur le maire, qui ne veut pas de ça ici. Donc, exit l'idée de salle des maîtres pour le moment. Je croise les doigts pour que finalement ça tourne à notre avantage et que la mairie ait juste voulu faire les choses bien, en prenant le temps de repeindre les locaux et de nous installer correctement.
J'ai aussi une kermesse à préparer, une coppé qui a dépensé beaucoup et qui n'est pas sûre de remplir ses caisses avec cette kermesse qui s'annonce... enfin que je ne sens pas bien. Pourvu que je me trompe. Pour le moment, les fournisseurs nous font faux bond, les élèves ne vendent pas assez de tickets de tombola, les réservation pour notre repas de clôture sans quasi inexistantes, trop peu de parents volontaires pour ouvrir tous les stands... un fiasco en perspective. Mais je garde la foi, ou plutot je garde le cap. Parce que si je le fais pas, qui le fera? Réponse: personne.
Je ne parle pas des petites mesquineries des parents, remarques en tout genre, demandes farfelues, focalisation sur des soucis mineurs, menace de changement d'école, avec encore et toujours cette impression désagréable que nous sommes un service qui se consomme, qu'on peut exiger de nous comme des employés d'un hôtel, sans aucune considération pour le travail - énorme et multiple - que nous effectuons. Heureusement, il y a aussi les parents qui savent, qui nous soutiennent, qui sont volontaires, qui nous acompagnent et nous font confiance. Heureusement.
La seule vraie bonne nouvelle dans tout ce bordel - oui je sais le ton de ce post laisse totalement transparaître mon agacement du moment - c'est que l'année prochaine j'aurai un double niveau CM1/CM2. Vraiment là c'est le bonheur. Je vais enfin pouvoir m'éclater, d'autant plus qu'avec cette troisième année qui vient de s'écouler, j'ai l'impression d'avoir pris un sacré galon. Comme je dis souvent, mes 3 années d'ancienneté me semblent compter triple - rapport au triple niveau. J'ai les épaules larges désormais, et me retrouver avec une classe de grands va me premettre de pouvoir encore plus affuter mes méthodes pédagogiques, de pouvoir ordonner mon travail, moi qui ait tellement de mal avec l'ordre. J'envisage la suite avec un nouveau regard, fort plaisant, et je note toutes les idées pour pouvoir exploiter tout ça cet été.
Vivement cet été...
24 mai 2009
Avez-vous rempli le formulaire A-38?
Catégorie: Le plus beau métier du monde
Suite à un merdage ambiant cette année à l'inspection, j'ai malencontreusement loupé une réunion, une de ces fameuses réunions de formation que l'on choisit en début d'année en sachant pertinemment qu'elles ne servent à rien puisqu'en gros c'est du vent. J'ai donc raté une des ces satanées réunions vu que je n'étais absolument pas au coruant qu'elle avait lieu - question alibi on peut pas faire plus con - et visiblement à l'inspection, ça ne passe pas.
J'ai donc droit à la visite d'un conseiller péda qui vient enquêter sur le pourquoi du comment je n'étais pas au courant. Autant vous dire que fatiguée comme je suis en cette fin d'année, j'ai envie de l'envoyer se faire voir chez les Inuits - les Grecs sont déjà complets - en lui disant le fond de ma pensée. Mais je n'en ferai rien - parce que je suis fatiguée mais pas encore suicidaire et qu'un voyage chez les Inuits perso ça me botte moyen - et j'ai donc déjà répété vingt fois le petit discours que je vais devoir lui servir, en jouant les nunuche désolée, histoire de faire passer la pillule.
N'empêche que là tout de suite, je déverserai bien ma bile au sujet du ministère, de l'inspection, du système totalement absurde dans lequel nous évoluons et qui nous presse comme des citrons, parce que oui j'aurai des choses à dire sur tout ce beau monde, croyez-moi, qui se croit compétant mais qui n'est que con, tout court. Sauf que hein, nous sommes d'accord, je n'ai pas envie de voir ce blog menacé de femerture, et qu'en plus ceux qui me lisent savent déjà tout ça. Donc je machouille ma rancoeur et c'est pas saint, c'est surtout pas ce quiva m'aider à finir l'année.
Maintenant, si le conseiller péda veut me donner un coup de main pour taper les 9 leçons que j'ai en retard, chercher les livres de bcd que les gosses ont mal rangé, découper les 28 gabarits de fêtes des mères, remplir les dossiers de mes élèves qui passent en 6ième, finir la commande de kermesse, mettre au point les 5 dernières séances de sciences, géographie et histoire, remplir le formulaire de demande d'équipement informatique pour l'école, animer la réunion parents-profs de mardi soir et faire les comptes de la coopé, ben y'a aucun soucis je suis preneuse.
S'il veut juste mes remonter les bretelles pour une réunion à la con, il peut aller se faire voir.
06 mai 2009
Et vous?
Catégorie: La salle des maîtres
Amis collègues, avez-vous déjà entendu parler de ceci: http://www.axalta.com/ ???
J'avoue que je suis dubitative, sur le coup je me suis même demandée si ce n'était pas une arnaque. Il semblerait que non, mais qu'en pensez-vous?
Il est vrai qu'il est possible d'obtenir des chèques vacances via la mgen, certes. Mais un CE pour l'éducation nationale, ça pourrait être une bonne idée je crois.
Peut être que certains parmi vous sont déjà adhérents?
J'attends vos réactions!
28 avril 2009
Sur le grill
Catégorie: Mots d'Enfants
Longtemps que je n'avais pas eu un fou rire comme celui d'aujourd'hui avec un mot de mes élèves...
Contexte: exercice de grammaire sur le COD. Comme à mon habitude j'ai commencé par mettre des phrases au vocabulaire simple puisque le propos de l'exercice est de reconnaître les compléments d'objets directs et pas de se prendre la tête à comprendre la phrase. Mais je corce les dernières phrases qui ne seront atteintes que par les meilleurs élèves avec quelques tournures de phrases et quelques mots étranges, histoire d'enrichir un peu leur lexique. Souvent, les élèves cherchent les mots dans le dictionnaire et se dépatouillent avec les expressions bizarres. Mais ce matin, dans la bonne ambiance du moment, ils se sont laissés aller à quelques commentaires en vrac, sur le vif, à propos de la dernière phrase, qui était:
"Les photographes mitraillent la brochette d'acteurs."
C., très bonne élève, plisse le nez et me lance discrètement:
- Maîtresse, ça veut dire quoi "mitraillent" la brochette?
Je lève le nez de mes corrections et je réponds, en essayant d'être discrète, mais mes élèves ne peuvent pas s'empêcher de guêter mes pitreries et donc au son de ma voix ils ont tous aussi levé le nez de leurs cahiers.
- Attention, c'est pas une vraie brochette, dis-je très sérieuse, c'est une brochette d'acteurs, ça t'évoques quoi comme image une brochette d'acteurs?
C. hoche la tête tandis que l'image - la bonne image - se forme dans son cerveau... et dans les 27 autres cerveaux de la classe - image cette fois un peu altérée- faisant naître des rires ça et là. C'est C., pître en chef qui lance alors l'offensive:
- Ouais hein, les acteurs, ça se mangent pas!
*Rire général*
- Mais non, râle N. toujours très sérieuse, c'est parce que y'en a beaucoup!
- Ils sont alignés comme ça - la petite H. est debout pour que tous ces camarades voient bien le geste appuyé sensé mimer la brochette - ils sont comme ça à côté!
- Ouais mais pourquoi on les mitraille maîtresse??! aboie T. assis un pied sous les fesses.
Et la réponse de K., petit garçon à l'intelligence malicieuce dégainant ses répliques avec l'aplomb tranquille de ceux qui savent qu'ils ont de l'esprit, m'a obligée à me planquer derrière mon livre d'histoire pendant deux minutes pour me calmer:
- Ben pour les tuer, sinon comment tu la fais cuire ta brochette?
11 avril 2009
Boomerang
Catégorie: Nos amis les parents
Cette sernière semaine ne fut pas de tout repos. Et pour cause. Certains parents se sont mis en tête de me faire la peau. Non mais je vous jure. Motif: je suis une maîtresse incompétente.
Alors là tout de suite, j'ai deux question qui vont vous permettre rapidement de savoir si oui un non vous êtes un instit compétent. Vous êtes prêts? Ilfaut bien sûr répondre de mémoire, pas de recherche sur Godgle ni Kikipédia hein! Si vous répondez aux deux questions justes, vous êtes compétents. Si vous n'en avez qu'une de juste, vous êtes incompétents. Si les deux sont fausses, le ministre de l'Education Nationale en personne devrait vous couper les deux bras pour vous punir d'être un tel fléau pour vos élèves. Attention, questions!
1/ Combien de temps précisément a duré la guerre de cent ans?
2/ Qui fut le premier roi de France sacré à Reims et en quelle année?
Sans rire, si vous savez répondre à ces deux questions de tête, je vous tire mon chapeau. Personnellement je n'ai pas fait une licence d'histoire - et en plus j'ai toujours eu un problème avec les dates - et donc je prépare mes leçons d'histoire avec des livres. Sauf que, avec 39 de fièvre et une leçon improvisée au dernier moment avec le livre le moins compliqué possible, ben oui, je l'avoue, j'ai commis deux petites erreurs dans ma leçon. En fait la première est vraiment une erreur: j'ai dit que a guerre de cent ans avait duré 113 ans. Oups. Elle a en fait duré 116 ans (alors vous avez bon à celle là?). la deuxième n'est pas vaiment une erreur mais plutôt un raccourcis malheureux, car j'ai expliqué que Clovis était baptisé à Reims et qu'après ça, tous les rois de France serait sacré à Reims, comme lui. Sauf que Clovis n'a jamais était sacré à Reims, juste baptisé, et que le premier roi de France à être sacré à Reims est de Louis Ier le Pieux en 816 (et là si vous avez répondu de mémoire, inscrivez-vous à question pour un champion!). Ma phrase est mal tournée, certes. mais faut pas non plus exagéré.
Sauf qu'une maman très pointilleuse a décidé de saisir cette ignoble manque de professionnalisme au passage pour monter sur ses grands chevaux et décrétée que j'étais une maîtresse passable, démotivant son fils, ne corrigeant pas les fautes, et comble du comble, avec qui on ne peut pas communiquer.
???
En fait, la première question de Baloo quand elle est venu me dire que la réprésentante des parents d'élèves lui avait soumis le problème de cette maman tellement furieuse, sa première question a été "T'as envoyé chier un parent récemment?", et la réponse est non. Donc cette maman qui dit qu'on ne peut pas communiquer avec moi, n'a même pas essayé en fait! Ni mot dans la cahier, ni demande de rendez-vous, ni même une remarque glissée entre deux portes le soir à la garderie. Rien. Elle s'est contenté d'aller dans mon dos se plaindre aux délégués de parents, comme si j'étais une personne si affreuse et si bornée qu'aucune discussion ne serait possible. C'est fort de café, et c'est l'aspect de cette histoire qui me gonfle le plus. Surtout qu'elle s'est débrouillée pour embarquer d'autres parents dans son sillage, avec des motifs divers, du genre je lâche jamais les gamins à l'heure, je laisse passer des fautes d'orthographe... encore des trucs graves quoi.
Et certains parents sont bien retords parfois. Car au lieu de venir me voir pour me soumettre le problème de ces erreurs inopinées - et accessoirement les autres problèmes qu'elle peut avoir avec moi, elle a fait copié par son gamin dans son cahier de devoir un paragraphe corrigeant les erreurs de la leçon, du genre "madame, sachez que...". paragraphe que je n'ai découvert que 4 jours plus tard car je n'avais pas corrigé les cahiers devoirs qui ont végété 4 jours sur le coin de mon bureau. L'effet "je vais vous faire la leçon" est un peu tombé à plat du coup. Tant mieux. D'autant plus qu'avant de voir ce paragraphe aux relents moralistes, et avant même de savoir qui étaient les parents concernés, j'avais pris les devants en mettant un mot dans le cahier de tous les gamins, mot expliquant que certains parents semblaient avoir des questions sur ma façon de travailler et qu'il ne fallait pas hésiter à prendre un rendez-vous avec moi pour venir en parler. Histoire de rappeler que je n'ai jamais refusé aucun rendez-vous à aucun parents, et que j'étais ouverte à la discussion.
Je n'ai pas eu de réponse de cette maman, car son gamin a oublié de faire signer le mot. Comme à chaque fois qu'il y a un mot à signer d'ailleurs. A part ça, c'est moi qui démotive le gosse sans raison. Mais passons. J'ai tenu à mettre un mot plus personnel pour cette maman quand même, en réponse au paragraphe trouvé dans le cahier de devoir du petit. Je lui ai demandé de m'excuser pour les erreurs comises, c'est la moindre des choses. J'ai aussi expliqué que j'étais obligé de simplifier les leçons et que forcément les raccourcis sont toujours malheureux, mais que si elle souhaitait rentrer dans les détails avec son fils, je pouvais lui conseiller des ouvrages our travailler. C'est un mot très cordiale, reste à voir si elle va saisir l'occasion et me demander un rendez-vous, me demander des références ou bien si je n'en entendrais plus parler.
Enfin, je n'y crois pas trop. Dans cette famille, ce n'est pas la première fois qu'on conteste mes choix pédagogiques, et je sais aussi que les enseignants y sont considérés comme des fainéants pistonnés et incompétents de fait. Mais moi j'ai ma conscience pour moi, je sais que je fais bien mon travail, je ne vais pas laisser cette maman me démonter juste parce qu'elle pense savoir mieux que moi et qu'elle n'a aucune estime ni pour ma personne ni pour ma fonction. Car je sais que je fais de mon mieux chaque jour, que je donne le meilleur de moi dans ce travail, et que je fais bien, tout simplement. Et l'effet inattendu et très positif de cette histoire c'est que d'autres parents sont venus confirmer ce sentiment.
Car à la suite du petit mot collé dans les cahiers disant que certains parents avaient du mal avec ma façon de faire, j'ai eu plein de petites réponse. Spontanément, alors que je n'y avais même pas pensé, des parents ont voulu me témoigner leur soutien et leur approbation. J'ai eu des petits mots griffonnés sous le mien disant "vous avez toute notre confiance et nous vous soutenons" ou encore "nous sommes très satisfait de vous et de votre travail" ou encore "on a pas de problème avec vous, c'est très bien comment vous faites" ou encore "j'approuve vos méthodes, je ne vis pas le problème"... et quelques autres dans le même genre. Inattendu certes, mais ô combien rassurant! Au moins si cette maman pénible - et les autres parents qu'elle entraîne avec elle - continue à me chercher des noises, je sais maintenant que j'ai aussi des parents derrière moi, qui estiment mon travail.
Quelle meilleure façon de commencer des vacances?...
30 mars 2009
Journée sans
Catégorie: Le plus beau métier du monde
Aujourd'hui j'étais sous antibiotiques.
Aujourd'hui ma journée n'était pas prête.
Aujourd'hui un gamin de ma classe était en deuil.
Aujourd'hui le conseiller péda m'a snobé.
Aujourd'hui j'ai oublié de distribuer la leçon de sciences.
Aujourd'hui ma collègue était de mauvaise humeur.
Aujourd'hui j'ai claqué la porte de ma classe.
Aujourd'hui j'ai évité le conseiller péda.
Aujourd'hui il n'y avait plus de cahiers neufs en réserve.
Aujourd'hui j'ai attendu le silence pendant 10 minutes.
Aujourd'hui un de mes élèves a mis le feu aux toilettes.
Aujourd'hui, c'était une journée merdique.
25 mars 2009
Tenir la distance
Catégorie: Organisation et gestion de classe
J'ai bien lu tous vos conseils au sujet du débordement dont j'étais victime dans ma classe, et quelques un m'ont donné des idées pour remettre un peu d'ordre. J'ai ainsi pu modifier mon système de permis de comportement, et le nouveau système fonctionne bien pour l'instant. D'ailleurs il faudra que je parle un peu du permis que j'ai mis en place quand j'aurai le temps, ça peut servir à d'autres.
Pour ce qui est de mon élève pénible, tout le temps debout, ce qui devait arriver arriva, et j'ai convoqué ses parents pour la semaine prochaine. Il ne fait pas son travail et comble du comble, il s'est même mis à me répondre, car comme il est puni de beaucoup de chose et que ça ne lui plait pas, il conteste. Moi je le remet à sa place, et il conteste encore, je gueule un peu plus, il me répond, et là je gueule beaucoup. Donc trop c'est trop, et même si je sais que son père est violent et que s'en suivra une bonne rouste, ça lui fera les pieds. De toute façon, je n'ai guère d'autres solutions à ce stade là. Surtout que l'astuce de lui enlever la chaise, et ben moi je peux pas, car j'ai des bureaux à l'ancienne où les chaises sont solidaire du corps du bureau. Donc quand mes élèves sont mal assis, à part leur faire remarquer et me fâcher, je ne peux pas faire grand chose. L'avantage c'est qu'ils ne se balancent pas! Mais pour le travail en groupe, c'est pas évident...
Au sujet de la bcd, j'ai mis en place un truc révolutionnaire, un truc que je trouve génial. J'ai dégagé une demi-heure par jour dans l'emploi du temps pour un moment bibliothèque. Après le repas, nous allons dans la salle de sport où nous avons installé des matelas et des coussins que nous avons récupéré des familles. J'ai dégoté des présentoirs dans les remises de l'école, et j'ai acheté quelques bacs, et hop: voilà une petite bibliothèque improvisée. Elle ne remplace pas la bcd, qui reste toujours dans ma classe. C'est juste que là, je fais une sélection de livre que je mets en évidence pour les enfants. Et pendant une demi-heure, ils s'installent avec un livre, seul ou à plusieurs, ils peuvent en changer, ou emprunter ceux qui leurs plaisent. Du coup moi ça me fait un moment de calme dans la journée où je peux vérifier qui a emprunté quoi, suspendre les emprunts de ceux qui tardent trop à rendre leurs livres, conseiller les élèves qui ne savent pas quoi choisir etc... C'est un moment d'échange autour des livres, et surtout, c'est un moment où ils lisent avec plaisir! Je suis persuadée que la plupart de ces enfants ne font jamais ça à la maison: se poser dans un coin confortable avec un livre, pour lire. Et c'est bien dommage. Voilà donc un moment bienvenue, qui prend un peu le relais de la sieste des petits - car à l'origine de ce moment l'idée c'était de trouver une activités calme et agréable après le repas, j'ai tenté la relaxation et l'écoute musicale mais ils n'ont pas aimé. Et le meilleur c'est qu'ils adorent, et que ça se passe très très bien pour le moment. A suivre...
Pour ce qui est des activités d'attente, en fait j'ai des idées, mais je n'ai rien mis en place. Pour le moment, mon truc c'est de limiter les moments d'attente en prévoyant plus de travail que de nécessaire. Ainsi les élèves qui finissent le travail en avance ont un autre travail en plus. genre je prévois une feuille d'exercices sur l'adjectif qualificatif que tout le monde doit faire, avec les exercices utiles qui m'intéressent le plus, et une deuxième feuille avec des exercices plus anecdotiques de façon à ne pas pénaliser les élèves qui n'ont pas le temps de les faire. C'est une bonne façon de faire je trouve, même s'il faudrait affiner le système. Une autre bonne idée que je mettrais en place l'année prochaine semble-t-il, c'est celle du fichier d'attente que les élèves ont dans leur casier. En fait moi j'ai un fichier général pour tout le monde au fond de la classe et ça faisait le bazar, alors qu'il suffirait juste de faire une chemise par élève, avec des fiches individuels à portée de main. C'est à venir.
Au sujet des tâches de la classe, j'ai suivi vos conseils et je les ai regroupé pour qu'il y en ai moins. Du coup, tous les élèves n'ont pas de tâches, elles sont réservés aux élèves dont le comportement est correct, et donnent droit à des étoiles si elles sont bien effectuées. L'effet positif c'est qu'ils sont remotivés pour remplir leurs tâches, qu'elles ont repris du prestige et de l'importance. Pour moi, c'est plus facile à gérer, car j'ai moins d'élèves à surveiller. Bon ceux qui n'ont pas de tâche râlent un peu, mais c'est le jeu!
Voilà, avec tout ça, j'ai repris le dessus. Pourtant à cette période de l'année, tout devient casse-pied car tous les disfonctionnements nous apparaissent clairement et c'est le moment où on commence à dire "l'année prochaine, je ferai comme ça, l'année prochaine il faudra que je change ça..." et du coup il ne nous tarde qu'une chose: l'année prochaine! Histoire de remettre à plat tout ça, et d'améliorer encore les choses. Alors j'ai ressorti mon carnet à idées et je note, au fur à mesure, tout ce qu'il va falloir bosser cet été. Et je dois le dire, c'est quand même un petit plaisir que d'avoir toutes ces idées qui s'alignent, c'est encourageant.
Même si en attendant, il va falloir tirer jusqu'à la fin de l'année en claudiquant!
Compagnie de fortune
Catégorie: Organisation et gestion de classe
Suite à cet article sur le blog de Miss Titane je réagis moi aussi en disant quelques mots sur ces fameuses 2h de soutien car justement hier j'avais une réunion "nuit des écoles" avec quelques parents d'élèves à l'école de Piverte et nous en avons un peu discuté.
Au contraire de certains, dès l'annonce de la mesure, moi j'ai pesté comme une buse. Pourquoi? Honnêtement parce que ça rallongeait ma journée de travail, et que franchement j'avais pas besoin de ça. Je cours déjà après le temps pour pouvoir tout corriger, préparer toutes mes séquences, organiser les locaux et le matériel. Donc une demi-heure de plus par jour, c'était mal-venu. Oui oui, c'est bien connu, les enseignants sont des fainéants.
Et puis ensuite, ce qui me dérange personnellement, c'est le fait d'extérioriser la difficulté des élèves. Au lieu d'intégrer le soutien de ces élèves dans la journée de classe, dans la classe tout simplement, on les en extirpe. Comme si on disait "ta difficulté n'a rien à faire en classe, on va la solutionner à côté". Avant, les Rased intervenaient durant le temps de classe, souvant en réunissant des élèves en petits ateliers, et c'était un décroché, une vraie différentiation. Là, c'est plus une mise à l'écart. Les enfants le vivent comme ça d'ailleurs, malgré tous les efforts que nous faisons pour ne pas les stigmatiser. On leur rajoute du travail et du temps de travail en plus, sous prétexte de les aider, on en remet une couche. On ne s'adapte pas vraiment à eux, on ne leur propose pas vraiment un soutien qui leur correspond, car justement, la dernière chose dont ils ont besoin, c'est d'une couche supplémentaire, et d'une étiquette sur le front.
Alors bien sûr, on va me dire que tout dépend des conditions de mise en place, et je suis d'accord. C'est là aussi que ça blesse. Car effectivement sur le papier, on pourrait peut être en faire un truc bien, même s'il y aurait des choses bien plus appropriées et plus innovantes à mettre en place. Seulement voilà, on se heurte comme à chaque fois à la dure réalité, aux conditions matérielles. Concrètement dans notre école, le premier écueil fut le refus du transporteur de modifier les horaires du transport scolaire, pour des raisons tout à fait compréhensible de lignes à assurer. Nous assurons donc le soutien le soir, après la classe, plutôt qu'entre midi et deux comme nous le souhaitions. Certaines familles refusent alors le soutien tout simplement parce qu'ils ne peuvent pas venir chercher leurs gamins après. Ensuite, nous avons choisi une demi-heure par jour, parce que sinon, ça alourdit de trop les journées des élèves. Ok, et ben en une demi-heure je vous le dis, on fait pas grand chose. Car le temps que les gamins s'installent, qu'on se remettent dans des conditions de travail, on a déjà perdu 5 bonnes minutes. Le temps d'expliquer ce qu'on va faire, de distribuer le matériel et de lancer l'activité/l'exercice, on a encore perdu 5 bonnes minutes. Il reste 20 minutes de travail. Super. Avec des gamins fatigués, qui renaclent, et ben c'est pas évident. Et surtout, comment faire quand on a un bon tiers de ses élèves en vrai difficulté?! Je fais comment pour leur offrir à chacun un soutien vraiment adapté? Il faut du temps pour préparer les activités en fonction des besoins, et pour que le soutien soit efficace, je ne prends pas plus de 3 élèves par groupe. Comment je fais alors pour proposer à chacun de mes élèves en difficulté des plages de soutiens suffisantes avec des contenus adaptés? Et ben je vous le dis: je n'y arrive pas.
Pour le moment, je patauge donc toujours. J'essai de mettre au point des activités, j'essaie de voir qui en a le plus besoin, mais à l'arrivée, ça ne donne rien. Il n'y a aucun progrès chez les élèves qui ont eu des heures de soutien, et au mieux ils s'en fichent, au pire ils en ont marre. Et moi aussi. Ces deux heures sont devenues un vrai fardau. Je sais que je vais devoir me prendre la tête là dessus pendant les grandes vacances pour mettre un point quelque chose de plus efficace. Quoi? Je ne sais pas encore car ça dépendra aussi des nouveaux hoiraires de l'école. En tout cas là je n'ai pas vraiment le temps de me pencher sur le problème, même si ça me désespère, je dois faire avec. Et un immense sentiment de gâchis.
Comme d'habitude, ils nous ont pondu une mesure, et nous laisse nous démerder avec. C'est un peu comme s'ils débarquaient dans le hangar, envisageaient un vieux coucou tout dézingué à qui il manque la queue et avec le sourire nous lanceraient un "et ben alors, où est le problème?" alors qu'on doit faire la liaison Bamako-Montréal avec 150 tonnes de cargaison. On a juste envie de leur dire "ouais, sauf que ça, c'est pas un A380!". Autant dire qu'un fossé de la taille de la faille de San Andreas nous sépare!
En tout cas, s'il y en a parmi vous qui ont mis en place des choses qui fonctionnent, qui ont des astuces, des idées concernant ces fameuses 2h de soutien, n'hésitez pas à laisser un commentaire!
17 mars 2009
Kermit
Catégorie: Le plus beau métier du monde
Ce matin, après avoir récupéré ma tasse de thé de 9h à la cantine, comme le veut l'habitude, je rejoins ma classe, sous un soleil de printemps en avance. Et là, à peine franchi le portail, je suis acueillie par des rires et des histoires de grenouilles. Je râle que je veux tout le monde dans la classe, tout le monde à sa place même et tout de suite. Ils se poussent tous du coude, je pose ma tasse sur le bureau, et alors que je réclame de nouveau un peu de silence, un de mes affreux s'esclaffent que "Y'a H. qu'a une rainette!"
Alors le première réaction de la maîtresse qui commence à avoir un peu l'habitude des gamins à la campagne, c'est de regarder les mains de la petite H. en question. Parce que c'est vrai, mes gosses ont toujours tout un tas de bestioles dans les mains, avec des tas de camarades plus ou moins curieux ou écoeurés autour: crapauds, vers de terre, scarabées en tout genre, lézards, sauterelles, araignées, parfois même des oiseaux! Mais dans les mains de la petite H., pas de reinette en vue. Sauf que la gamine a compris et me dit "Ah mais non maîtresse ils m'ont dit de la mettre dehors alors je l'ai mis dehors!".
Deuxième réaction de la maîtresse qui commence à avoir un peu l'habitude des gamins à la campagne: "Où ça dehors???". Parce que les petites bêtes, ils me les mettent partout, et surtout n'importe où!
Et là ça a l'air de rien mais j'ai bien fait de demander, parce que le gamine avait fait, il est vrai, au mieux. Elle avait bien compris qu'il ne fallait pas la mettre dans la cour, et avait donc opté pour l'autre option: la glisser dehors à travers le portail. Bien vu. Sauf que le portail, il donne sur la route. Ok c'est une petite route, une routinette, mais quand même, c'est pas un endroit pour une grenouille!
Je sors donc à la recherche de cette pauvre grenouille, et comme si je ne suffisais pas, mes élèves décident de faire également partie de l'équipe de secours. M'enboitant alors tous le pas, ils finissent aglutinés le long de la murette à se hisser sur la pointe des pieds pour m'observer ramper à plat ventre sur le bitume et tenter de récupérer cette pauvre rainette qui s'était réfugiée sous la voiture que ma collègue avait garée là. Comment ça y'a mieux pour démarrer la journée?... Z'êtes sûr?
Je finis donc par chopper la pauvre petite bête visiblement débousolée, et je m'empresse de l'emmener dans un endroit bien plus approprié, en surêté, tout en vociférant un "En classe!" pas piqué des hannetons à ma meute d'élèves en pamoison devant le petit batracien comme si c'était une tonne de bonbons compactés.
Revenant en classe, je retrouve mes élèves avec le sourire jusqu'aux oreilles, qui veulent savoir où j'ai mis la chose verte. Je réponds qu'elle est dans mes jardinières, au frais, avec de la compagnie puisque il y a déjà une rainette qui squatte mes plantations depuis un bail - la maligne elle a trouvé le bon coin! Mes élèves sont ravis, et je m'empresse de commenter que la pauvre bête a du trouver tout ça un peu perturbant, vu que dans ma tête, cette petite reinette était passée en quelques minutes du fossé devant l'école aux mains de mes affreux puis au bitume de la route et enfin à mes jardinières.
Et là, la réponse de H. me colle soudain un sacré doute: "Ah oui maîtresse, en plus t'as vu elle avait plein de miettes sur elle, elle avait plein de miettes de mon pain de mie!"
...
Question: comment à neuf heure du matin une petite rainette se retrouve-t-elle pleine de miettes de pain de mie? D'ailleurs comment une grenouille se retrouve-t-elle pleine de miettes tout court?!
Je connais mes affreux. Oh oui je les connais bien. Vu que la rainette était pleine de poussière de la route, je n'avais pas noté la présence des miettes, mais effectivement là qu'elle le disait, ce que j'avais pris pour de la poussière était peut être des miettes. Et d'un coup j'ai compris.
Voix de la maîtresse qui lève un sourcil perplexe: "Elle venait d'où cette grenouille H.?"
Et la gamine avec un grand sourire: "Ben de chez moi!"
Dois-je préciser que la môme en question fait une demi-heure de bus scolaire pour venir à l'école?...
Notre adorable amie la rainette avait donc fait le voyage au fond du cartable de la gamine, coincée entre les cahiers et les restes du petit déjeuner - pas vraiment en première classe sur air batracien donc, et après être passée entre les mains de tout le monde à la garderie, elle avait atterrie en plein milieu de la route. Vous parlez d'un voyage d'agrément! Elle a eu de la chance de finir là où elle a fini, croyez-moi.
Et j'aime beaucoup le dernier mot de N. avant qu'on démarre enfin notre journée, je crois que la petite chose verte a beaucoup apprécié aussi:
"En plus, c'est protégé comme bestiole ça maîtresse!"
Va falloir que je leur enseigne le sens du mot "protégé"...
Le tableau noir était vert!