Le tableau noir était vert!

Une jeune instit à la campagne, des histoires, des astuces, du grand air! NDLR: je tiens à préciser que ce blog n'est qu'une pure et totale fiction et qu'aucune responsabilité ne pourra m'être imputée puisque dans la réalité je suis éleveuse de cailles!

30 avril 2011

Mesures: loto des heures

Catégorie: Ressources pédagogiques cycle 3

Du coup je me suis rendue compte que je n'avais pas mis en ligne mon autre jeu de loto, celui sur la lecture de l'heure! Mais bon pour celui là, il vous faudra un peu plus de travail car moi j'avais déjà à l'école des petites cartes avec des horloges dessinées dessus. C'est ce qui m'a donné l'idée de créer ce jeu pour utiliser ses cartes. Voici le résultats:

loto_des_heures

En espérant que ça vous servira quand même!


Géographie: Loto des drapeaux de l'UE

Catégorie: Ressources Pédagogiques Cycle 3

Pour mes loulous, j'ai concocté un jeu de loto des drapeaux de l'Union Européenne, les miens y jouent dans le cadre de leur plan de travail, mais ça peut servir pour des ateliers, ou même en activité d'attente.

loto_des_drapeaux

Il y a les planches de jeux, les petits pions pour placer sur les planches et les cartes à piocher. N'hésitez pas à me dire s'il y a un bug, ou une erreur dans le jeu.

A vos plastifieuses!

Survivor

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Non je ne suis pas morte dévorée par mes élèves, mais on en n'est pas loin.

J'avais prévu que cette année serait sportive, pas que ça serait l'antichambre de l'asile. Chaque jour terminée sans crise de nerf est une victoire. Je suis sur le qui-vive non-stop toute la journée, mais pas genre comme si j'avais 23 gamins à surveiller, plutôt genre comme si j'avais je jonglais avec des grenades.

Je savais. je savais que ça serait difficile, je connaissais les énergues humaines que j'allais devoir coacher, mais à ce point là, j'avais même pas imaginé. Le travail est laborieux, ils ne sont motivés par rien, sauf par les discussions sur leurs petites vies. Rien ne les intéresse malgré tous les projets mis en place et toutes les propositions que je peux leur faire, tout le mal que je me donne pour rendre les apprentissages dynamiques, intéractifs, originaux, et surtout accessibles! Mes efforts ne sont récompensés que par des grognements, et des chahuts et bavardages en tout genre, à toute heure. C'est à tel point que certaines activités ont carrément été réduites, voire supprimées, pour cause de trop d'investissement pour quasiment aucun rendu, ou carrément un effet poltergeist. Terminé les séances d'informatiques (où les élèves qui ne sont pas dans le groupe sur les ordis deviennent infectes), rare les séances de sport (où je dois hurler comme une aliénée pour donner la moindre consigne), rare les manipulations de sciences (qui virent souvent à la catastrophe), et j'en passe. Certains se diront que je suis une maîtresse totalement dépassée par ses élèves, et à ceux là je répondrais que mon dépassement n'est pas du à ma capacité de gestion d'une classe (non car si j'étais incapable de gérer cette classe, croyez moi, il s'y serait déroulé des évènements graves depuis longtemps!) mais plutôt au fait que nous n'avons que très peu d'outils face à des élèves perturbateurs: comment faire par exemple avec un enfant colérique dont les parents sont au courant mais totalement dépassé, pour qui le psy scolaire a dit que tout allait bien, que les punitions en tout genre laissent froid? Je fais quoi? Et ben je limite la casse, avec beaucoup de psychologie, d'anticipation, de sang-froid et une bonne gueulante de temps en temps. Est-ce que ça règle le problème et l'empêche de perturber la classe. Non. Et je précise que ce n'est pas le seul élève de ce genre là dans ma classe cette année hein... donc j'ai du prendre des mesures drastiques, en faisant bien attention de ne pas appauvrir de trop les apprentissages, tout un programme - vous saisissez le jeu de mot savant là? Ouais.

Donc j'ai eu un passage trèèèèès difficile en janvier, arrêtée plusieurs jours tellement j'en pouvais plus. Les élèves ne sont pas les seuls responsables, j'ai la malchance cette année d'avoir des collègues avec lesquels je n'ai pas d'atomes crochus, autant dire des collègues pénibles. Le côté dépressif de Sid ne s'est pas arrangé suite à son inspection assez foireuse dont il est ressorti encore plus paranoïaque et hésitant qu'avant. Le côté caporal de Mme Mim lui, est exacerbé par une inspection brillante et la fin d'année approchant: inscriptions, passages, diverses réunions et conseils, c'est la reine du palais. Moi au milieu, je turbine comme une folle: je n'ai même plus le temps de manger à midi, j'avale juste une banane entre deux préparations - faut dire aussi que l'éduc nat ne prenant plus en charge sa part dans notre déjeuner, je n'ai plus les moyens de manger à la cantine, mais bon je dis ça je dis rien.

Le pompon dans tout ça a été la conversation que Mme Mim m'a imposée un peu avant les vacances d'Avril: me prenant à part un vendredi soir, elle me l'a joué "amie-amie" du genre je te le dis mais c'est pour toi hein. En subtance: elle me trouve fatiguée, elle voit bien que cette année je galère, j'arrive en retard le matin, j'ai été beaucoup et souvent arrêtée - oh ouais mazette, juste 15 jours d'afilés en janvier pour cause de début de dépression et 3 jours ponctuels ça et là depuis le début de l'année, mais bon c'est vrai qu'elle elle n'est jamais malade donc... -, je traine la patte pour participer au formation enfin bref, son conseil c'était que je devrais demander de l'aide, qu'elle était là pour ça, et que je devais peut être songer surtout à changer d'école, voire à changer de métier.

Pardon?!...

Sur le coup - la fatigue de la semaine aidant - j'en suis restée coite. Ensuite, j'ai enragée. Je la trouve gonflée de ramener sa science alors qu'elle ne m'a jamais proposé d'aide quand j'en avais besoin et que pire que ça, elle a fait la sourde oreille systématiquement quand j'ai demandé à être épaulée un peu, notamment avec mon élève primo-arrivante. Bref, je ne suis pas stupide, je sais bien que le but de la manoeuvre n'est pas du tout de me rendre service, mais bien de me faire débarrasser le plancher, vu qu'elle m'apprécie tout autant que moi je l'apprécie. Elle aurait voulu m'entendre dire que finalement je participais au mouvement cette année, et que je comptais m'en aller.

Sauf que je n'ai pas dit mon dernier mot, et bien loin de m'achever ou de me faire fuir, je suis plutôt du genre àchopper la force de me relever si on me file des coups de pied à terre.

Finalement donc, elle m'a rendu service avec cette conversation désobligeante, car depuis j'ai fait le point et repris du poil de la bête, et remis de l'ordre dans tout ce bazar: j'arrive en avance, je me sappe correctement - à savoir comme elle n'aime pas car je suis du genre correct mais un poil excentrique - je tiens mes élèves mieux que jamais, j'ai la pêche et le sourire - elle qui me trouvait "fatiguée et pas motivée" - et je tourne au taquet toute la journée! Et bien sûr,je n'ai pas participé au mouvement!

Elle par contre, et Sid aussi, ont tous les deux fait de voeux pour changer de poste. Reste qu'ils ne seront peut être pas exhaussés... je vais faire une grosse prière je vous le dis!

Et maintenant, y'a plus qu'à survivre jusqu'en juillet, soit 10 semaines d'affilé!

Je peux vous dire que c'est au jour le jour.

01 janvier 2011

Tirez pas sur l'ambulance

Catégorie: le plus beau métier du monde

Quelques nouvelles de ma petite primo-arrivante - d'ailleurs il paraît qu'on dit plus comme ça maintenant? - débarquée début novembre.

Et bien tout d'abord, je sais pas si je le dis parce que je voudrais pas me porter la poisse... bon aller hop: normalement elle ne sera plus là à la rentrée pour cause de déménagement. Ce qui franchement m'arrange bien, et je vous le dis je voudrais pas me porter la poisse en criant victoire trop vite. Je m'explique.

Je gère déjà un double niveau, avec des élèves d'une grande hétérogénéité, puisque j'ai tout le panel possible depuis l'élève surdoué - qui sont d'ailleurs deux - jusqu'aux élèves à peine lecteur - en cm1 c'est problématique, en passant par les élèves agressifs et perturbateurs. Bref, déjà beaucoup de travail au programme. Alors me retrouver à devoir en plus préparer des séances individuelles pour une élève non-francophone - aussi motivée et adorable soit-elle, faut pas déconner, c'est pas raisonnablement possible.

Je me suis donc retrouvée à faire comme je pouvais, à savoir selon moi largement pas assez pour S., cette gamine adorable qui aurait mérité tellement plus. Les collègues n'ont été d'aucun secours, tout le monde trouvant ça alternativement très exotique ou très vache, mais à part les commentaires désolés ou amusés, rien d'autre n'est venu. De la hiérarchie, comment vous dire... pas grand chose. De vagues conseils, beaucoup de documentation à lire, mais rien d'autre. Le plus vexant et déstabilisant, c'est surtout qu'on vous sous-entend que ça fait parti du job, que c'est tout à fait normal et qu'on voit pas où est le problème. Oh ben tiens... On peut aussi décider de carrément supprimer les classes de CLIN tant qu'on y est hein non? Ouais je le dis pas trop fort, ils seraient capable de le faire ces cons.

Enfin bref, la gamine n'a pas fait beaucoup de progrès à mon sens. Les débuts avaient été fulgurants, et puis tout s'est arrêté net. Elle a commencé à rechigner devant le travail, à tricher même, et moi déjà pas mal dépassée faut dire que ça m'a pas donné envie d'en faire plus. J'ai surtout essayé un maximum de l'intégrer à la vie de la classe, de lui faire faire tout ce qu'il était possible avec les autres élèves - calcul mental, certains exos de maths, les expériences de sciences, etc..., arts visuels et le sport bien sûr - en me disant que de toute façon elle apprendrait plus vite avec ses pairs. Le soucis étant principalement que je l'impressionne je crois - malgré tous mes efforts pour établir la confiance - et qu'elle n'ose pas vraiment communiquer avec moi. Elle a pris l'habitude en classe de demander à ses camarades qui se chargent de me relayer ses questions. Du coup ça complique encore un peu, et je dois dire que c'est assez déséspérant et source de questionnements sans fin.

Autant dire que je ne garderai pas de tout ça un bon souvenir, loin de là. Ma gestion de classe a été littéralement atomisée, nous faisant accumuler un retard impressionnant qu'il va maintenant falloir rattraper, et pire, installant dans la classe une mauvaise ambiance - pas que la petite S. se soit mal intégrée bien au contraire! mais elle a occasionné tellement de petits changements, tellements d'appartés tout le temps, que tous les autres ont cru que c'était la fête du slip! - ce qui m'a obligée à sévir au dernier degrés pour ramener un peu de sérieux. Chose que j'ai détesté faire.

Certes, c'est une expérience de plus à mon arc, mais j'en ai bavé question surbooking. Et encore... j'ai eu la chance d'accueillir S., petite fille intelligente et sociable, pleine d'énergie, qui a su très vite se faire apprécier de tous ses camarades, et de moi malgré tout, car je le précise bien, elle a été adorable et bluffante d'aisance dans ce moment de sa vie si intense et déstabilisant, et ce n'est nullement elle qui me laissera un si mauvais ressenti: juste, encore une fois, les conditions excécrables dans lesquelles nous sommes obligés d'exercer notre métier. 

04 octobre 2010

Le cirque du soleil bis

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Ah ouais et pour continuer dans le même esprit que le post précédant, et bien demain j'accueille dans ma classe une petite fille "primo-arrivante" autrement dit une élève étrangère qui ne cause pas un mot de français. Pourtant elle va être intégré en CM2 comme si de rien n'était.

Et pour seul aide, pour le moment, l'inspection nous a juste communiqué un vague site internet où je peux télécharger des évaluations dans sa langue natale.

Le reste... et ben à moi de me démerder quoi.

Comme d'habitude.


Le cirque du soleil

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Vu au journal tv de France 2 ce soir: il y a maintenant des cours de remise à niveau en orthographe proposés à l'université car les copies des étudiants seraient tout simplement affligeantes...

Ah ben merde, c'est vrai que j'avais totalement oublié que mes élèves sont sensés acquérir les bases de l'orthographe et de la langue française, mais nous sommes tellement occupés à faire de l'histoire, du sport, de l'histoire des arts, du chant, de la littérature, des sciences, de l'anglais, de la sculpture, du dessin, de la pratique instrumentale, de la géographie, des débats, de l'éducation civique.

Faut pas déconner hein... si en plus faut rajouter l'orthographe!

...

Non mais sans rire, ils se rendent pas compte qu'on marche sur la tête?

30 septembre 2010

Next level

Catégorie: La vie de la maîtresse

Ma rentrée s'est bien passée, mon début d'année est sportif, le reste de l'année le sera sans doute aussi, mais beaucoup moins que ce que je craignais... quoi que, il est toujours temps que ça dégénère!

En fait j'ai une classe difficile, avec des élèves de CM2 qui sont loin d'être des lumières, et qui ont visiblement choisi option mollusque pour commencer leur année, et des élèves de CM1 qui sont plutôt doués mais parmi lesquels je compte des spécimens bien gratinés question discipline. En gros, je jongle entre des mous, des ahuris, des pénibles et des super pénibles. L'ambiance de classe? Disons que je les surveille comme le lait sur le feu. Je passe donc mes journées à visser, à rembarrer, à parlementer, à expliquer, à demander, une fois, deux fois, dix fois, et à punir, punir, punir, punir et punir, avec humour. Je dégaine les lignes plus vite que mon ombre, et même les mollusques ont l'air de commencer à comprendre que cette année va falloir filer droit. La maîtresse elle est cool, mais on lui fait pas.

Cette situation m'aurait totalement dépassée il y a quelques temps encore, mais étonnement je le vis très bien, je gère au jour le jour et j'y trouve mon compte. Je trouve même mes journées avec eux plutôt agréables! On avance mieux, faut dire que je prends le temps et que j'ai tout simplifié un max. Du coup les élèves s'y retrouvent aussi: ils semblent mieux engranger les connaissances, être moins perdus et moins passifs. J'ai mis l'accent sur les corrections, ce qui me permet également d'arriver à corriger tout leur travail dans les temps. J'arrive à percevoir les possibilités de chacun, même si elles ne sont pas énormes, pour chaque élèves j'entrevois une marge de progression.

Bref, pour l'instant dans ma classe c'est un vrai bonheur, un bonheur qui se gagne certes, un bonheur fragile que je surveille et que je cultive, mais un bonheur quand même. Là où ça craint du boudin, c'est avec mes collègues. Oh punaise...

Pour faire court, je suis coincée entre une cul-serrée qui se prend pour le caporal chef et un dépressif en perdition. Sid est totalement paumé avec ses élèves, il ne s'attendait pas à avoir des élèves en difficulté, visiblement il n'a été confronté jusque là qu'à l'archétype standard de l'élève moyen, voire du bon élève... sauf que là sa classe est gratinée. Et lui et ben... en fait je sais pas. Soit il est pas débrouillard, soit il est trop pessimiste et trop dur avec lui même... de loin ça donne surtout l'impression qu'il est pas doué! Il pose des questions bizarres, des trucs qu'il devrait savoir, ou savoir faire, même en étant débutant. Il a l'air totalement paumé! Difficile de l'aider, j'ai tenté de discuter un peu avec lui, mais il ne discute pas vraiment, et puis je ne peux pas tenir la classe à sa place! Du coup j'ai l'impression de le voir se tasser un peu plus chaque jour. Sans savoir jusqu'où ça va aller. J'ai essayé de lui faire comprendre que dans ce métier il fallait accepter de faire des concessions, qu'on devait composer avec les élèves et que souvent on ne peut pas aller au delà d'un certain point, que l'important c'est de faire de son mieux ce qu'il est possible de faire, d'être conscient que ce n'est pas suffisant, et d'améliorer au fur à mesure ce qu'on peut améliorer... mais je n'ai pas l'impression que le message passe. Il a des allures de Caliméro. Pfff...

Madame Mim elle, je vais finir par me la choper. Elle me porte tranquillement sur les nerfs, avec des idées à la con et une ligne de conduite qui pourrait s'intituler "amen monsieur l'inspecteur". Tout un programme. Elle s'imagine avoir je ne sais quel pouvoir sous prétexte qu'elle occupe le poste de direction, se comporte en petit chefaillon qui tournicote dans sa guérite. J'ai qu'une envie: dynamiter la guérite. Avec elle dedans. Je pense que je vais plutôt opter pour le mépris, c'est une arme tout aussi efficace. Autant vous dire que les récrés sont passionantes, excitantes, divertissantes... Imaginez-donc: vagues commentaires sur les enfants que l'on surveille, vagues commentaire sur ce qui s'est passé en classe... Vague propos à la fois politiquement corrects et poliments neutres. Vague rien quoi. Je risque pas de mourir de rire cette année. Et le pire, c'est qu'ils envisagent de rester tous les deux l'année prochaine. Mais j'ai offensé le dieu de l'éducation nationale dans une vie antérieure ou quoi???

Enfin bref, l'important étant quand même mes élèves, je m'en sors pas mal, et j'ai l'impression que cette année va être sympa. J'ai l'impression d'y avoir plein de challenge, plein de possibilité avec eux. Le reste, je m'en cogne, comme on dit: ça me passera avant que ça me reprenne!

Et quand j'y réfléchis je me dis que sans doute ce qui change cette année, c'est bien cette confiance toute nouvelle, celle qui est nécessaire je pense pour avancer sereinement avec ses élèves, celle qui permet de tenir tête à certains parents, d'en rassurer d'autres, celle qui permet de ne pas être désarçonner face aux difficultés des élèves, à leurs besoins, à leurs attentes, celle qui me dit que je suis une bonne enseignante, tout simplement. Je me souviens de cette image que j'avais choisi pour illustrer le choc du métier, à l'époque où déjà je sentais le bénéfice inimaginable de l'expérience dans notre métier. Aujourd'hui où je n'ai quasiment rien préparé avant la rentrée, où j'attends les vacances de la Toussaints pour pondre quelques programmations, je réalise que l'une des meilleures sangles qui soient, celles qui vous vissent à votre siège de maîtresse et empêche quiconque ou quoi que ce soit de vous expédier dans les cordes, ko et dégoûté, c'est encore la confiance. Celle que vous avez en vous et en vos qualité de profs.

Celle que j'ai en moi. Pourvu que ça dure.

27 juillet 2010

Crache le morceaux!

Catégorie: La Vie de la Maîtresse

Gros silence ces derniers mois. Je suis assez parano, j'ai peur d'être reconnue si j'évoque ici les faits et les situations très particulières qui se déroulent dans ma petite école. D'un autre côté j'en meurre d'envie. Allez merde, si je suis reconnu, ben j'assumerai les quelques méchancetés que j'aurai pu disséminer à droite à gauche. Les quelques vérités aussi.

Cette année j'en ai bavé avec mes deux collègues. Je vais les baptisé de suite vu que je ne l'ai jamais fait. Descriptions rapides.

La première est assez jeune, la petite vingtaine, grande perche maigrichonne au genre snob et intello monté sur manche à balai, genre gauche voire un peu nunuche parfois, ou carrément gamine. Psychorigide au possible, disant amen au moindre bruit de cloches émanant de l'inspection et ravie d'occuper l'éminant poste de directrice. Hyper pointilleuse dans son boulot. Je la baptise Madame Mim. C'est la sorcière dans Merlin l'Enchanteur de Disney, et je trouve qu'elle est particulièrement ressemblante quand elle est sous la forme de ce crétin de dragon. C'est aussi très ressemblant pour ce qui est de changer de forme en fonction de ce qui l'arrange, et pour le feeling qu'elle m'inspire: pas confiance.

La deuxième est un peu plus agé mais à peine, la bonne vingtaine, tout aussi snob que la première, question d'éducation et de milieu socio-culturel. Elle plane à deux mille, très tête en l'air, mais hypra organisée dans son boulot, jusqu'à en filer des complexes à un instit de 20 ans de carrière. Plutôt détachée, facile quand on plane à deux mille hein. Assez branchée mode, collectionneuse de chaussures. Je la baptise Velma, l'intello de la bande à Scoubi Doo, celle qui perd toujours ses lunettes mais qui cogite bien carré. Très ressemblant.

J'ai donc passé l'année avec Madame Mim et Velma. Deux bourgeoises de la gran-ville. Pour faire court: elles se sont très très bien entendues toute les deux, et je me suis tout simplement retrouvée à l'écart, cataloguée comme la vieille râleuse à priori. La solitude est d'autant plus lourde à porter quand on est la troisième patte du canard. Elles ont fait beaucoup de chose ensemble, échanger en permanence toutes les deux mais rarement avec moi, je parlais dans le vide en permanance, et je me suis retrouvée à devoir m'intégrer alors que j'étais dans cette école depuis 4 ans déjà, intégration sans grand succès d'ailleurs. On aurait dit que c'était moi qui débarquait. Pénible, vexant, contrariant, et j'en passe.

Au final, après une année pénible pour moi, Velma a demandé et obtenu un poste plus près de chez elle et dégage. Ouf. Quoi que des deux ce ne fut pas la pire. Et justement. Madame Mim elle, a redemandé son poste. Mais ne l'a pas obtenu. Sauf que par un mic mac d'enfer - accord entre collègues, entretien avec l'inspecteur et lettre appuyée au rectorat - elle va peut être quand même récupérer son poste. Arg. Verdict le 27 août. Jusque là je ne peux que croiser les doigts pour que cette demande soit refusée et que je n'ai pas à supporter Madame Mim une année de plus. Quand au poste de Velma il a été obtenu par un gars... enfin un collègue mâle! Et puisque j'en suis aux baptême, profitons en!

Il est assez bizarre de prime abord, j'ai même dit des choses affreuses à son sujet à mon entourage. Mais passé la première et très mauvaise impression, il est plutôt sympa. Assez cool, peu sûr de lui et donc assez gauche et plutôt sur ses gardes, il essaye d'emballer tout ça avec humour... humour que je trouve assez amusant à vrai dire, même s'il est parfois à la limite d'être lourd. Il a un physique peu engageant il est vrai, et ça doit expliquer en partie son attitude parfois étrange, méfiante, qui tente de faire bonne figure. Malgré ça, il a une vraie ouverture d'esprit et une vraie réfléxion, de ces gens qui écoutent les autres, honnêtement et sans prétention. Et ça me change! Je retrouve un peu de cette honnêteté, de cette simplicité qu'il y a chez Piverte et que j'apprécie tant. Tout ça présage du meilleur, mais j'attends de voir pour y croire. Enfin bon, je le baptise Sid, l'éternel bavard maladroit mais attachant de l'Age de Glace. Ca lui ira très bien.

Ceci étant dit, cette année là est finie et bien finie, et même si j'aurai sans doute deux ou trois choses à en dire encore, je pense déjà à la nouvelle année qui se profile à l'horizon et qui s'annonce agitée, car je récupère des élèves difficiles et des parents pas commodes. Je m'en suis bien sortie jusque là, pourvu que ça continue!

Pour l'heure, après un début d'été studieux, je viens de m'octroyer 15 jours de vraies vacances avant de reprendre le collier mi août... vive les vacances! 

20 avril 2010

Pleure pas la bouche pleine!

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Suite à ce post de Mam'zelle Titane, j'ai réalisé à quel point la gestion de ma classe est une anecdote.

Je m'explique.

Depuis quelques semaines, je me plains à qui veut l'entendre que mes élèves sont in-su-ppor-tables. J'ai du tout simplement supprimer mon système de permis à points qui ne les impressionner plus du tout pour le remplacer par un système de le-permier-qui-bouge-une-oreille-de-travers-je-lui-colle-des-lignes... beaucoup plus efficace en fait. Primaire, mais efficace. Je me bas à longueur de journées contre les bavardages... car mes élèves ont pris la facheuse habitude de faire leurs vies en classe, tranquillement. Et quand je raconte ça, j'en parle comme si c'était la fin du monde, comme si ma classe était la plus affreuse du monde, avec une voix d'hystérique désespérée.

Sauf qu'en lisant ce post, j'ai réalisé qu'aucun élève ne s'était jamais permis de me dire qu'il ne ferait pas ses lignes, ou qu'il ne finirait pas son travail. Quand je les mets à la porte, ils ne la claquent pas. Aucun élève n'a jamais hurlé d'insultes dans ma classe. On pourrait penser que je suis une veinarde. Et dans un sens, c'est vrai. Je suis une veinarde. Pas parce que tous mes élèves sont des gentils, loin de là. J'ai d'ailleurs appris juste avant les vacances qu'un de mes élèves de CM2 de l'année dernière a réussi à se faire exclure définitivement du collège, après toute une série de bagarre, d'altercation avec les profs, de dégradation de matériels en tout genre... pas un tendre donc. Pourtant à part quelques geulantes, je n'ai jamais eu de gros soucis avec cet élève. Ni avec aucun autre. Tout simplement parce que je réussis à les gérer. Et c'est en ça que je suis veinarde. Mon histoire personnelle m'a armée pour faire face à ce genre d'élèves, à ce genre de situation. J'ai un feeling, des réflexes, des expériences, une vision des choses qui me permet de désamorcer les crises, de faire face sans jamais perdre la main, ni mon autorité. C'est en ça que je suis une veinarde, car rien n'est prévu dans note formation de prof quand à la gestion de ce genre de crise. On ne nous apprend pas comment faire avec un élève qui défit l'autorité, qui provoque, qui va jusqu'à la violence. Chaque prof se retrouve seul, avec ce qu'il pense savoir de l'autorité, les conceptions qu'il a de son rôle, de sa propre autorité, avec ce qu'il sait de la psychologie humaine, de la psychologie des enfants ou des ados, et souvent seul avec beaucoup de questions et peu de réponses.

C'est presque un don du ciel que de savoir faire face à ce genre de situations. Franchement, à côté de ces questions là, les barvardages de mes élèves sont une anecdotes, et je relativise. Je ne me plaindrais plus. Je chercherais des solutions à mes petits problèmes de gestion de classe, en gardant à l'esprit que ce sont des petits problèmes.

Et en compatissant avec tous mes collègues qui ont de bien plus gros soucis.

12 mars 2010

Génération

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Quand j'étais gamine, durant mon année de CM2, mon maître avait une expression favorite, qu'il nous sortait à la moindre occasion... En fait, dès qu'on oubliait de préciser de quoi on parlait, il disait "Et c'est quoi? Des topinambours à pédales?"... Par exemple, on faisait un problème en maths, et au lieu de dire "ça fait 24 francs -et oui à l'époque c'était des francs! - ou "ça fait 24 cm", si on disait juste "ça fait 24"... aussi sec, avec son sourire en coin et l'oeil qui frise, il répondait de sa grosse voix éraillée: "Et c'est quoi? Des topinambours à pédales?".

A l'époque, il faut bien avouer que je n'avais aucune idée de ce qu'était un topinambour. Mes camarades non plus d'ailleurs. Mais personne n'avait jamais eu l'idée ni le courage de demander. Un jour quand même, avec une des mes bonnes copines, alors qu'une fois encore le maître vient de prononcer sa phrase favorite juste avant de sortir en récré, on se pose la question alors que tous les élèves de la classe sont presque sortis pour aller en récré. Restées toute seules dans la classe avec le maître, on se pousse du coude et on se décide à s'approcher du bureau. Faut dire que mon maître de CM2, un grand gaillard au cheveux gris, costaud, sérieux, avec une préstance incroyable, n'inspirait pas la peur mais la crainte. Comme on craint les gens importants, les gens brillants, dans un mélange de peur et d'admiration. Et là, pas très sûre d'avoir le droit de demander ce qu'on s'apprête à demander, on mêle nos deux voix et on se lance. "C'est quoi un topinambour à pédale?"...

Je me souviens du rire de mon maître. De son oeil encore plus amusé qu'à l'acoutumé. Il nous a alors expliqué que les topinambour était des sortes de pommes de terre, qu'il en avait mangé plein pendant la guerre quand il était jeune - je me souviens de ce détail qui avait l'air d'évoquer des souvenirs importants pour lui - et que donc un topinambour à pédale, c'était comme une pomme de terre à pédale: un objet riducule et inutile, juste histoire de nous montrer qu'il faut préciser de quoi on parle.

Sur le coup, avec ma copine, on s'est senti bêtes. Parce que bon, se rendre compte que depuis le début de l'année le maître nous parlait de patates à pédales et qu'on avait rien capté... la honte. Oui d'accord c'est sans doute parce qu'on était deux très bonnes élèves! Et puis après on s'est senti fières d'avoir osé demandé au maître. L'effort en vallait la peine. Aujourd'hui, si je sais ce qu'est un topinambour, c'est aussi grâce à lui.

Moi aussi, en classe, avec mes élèves, j'ai une expression préférée. La mienne, en grande téléphage que je suis c'est "Et la marmotte...", vous savez rapport à cette pub pour le chocolat d'une célèbre vache violette. Dans cette pub, une cliente raconte à sa caissière que pendant ses vacances dans les alpages elle a vu une fabrique de chocolat où des marmottes emballaient le chocolat dans du papier d'alu. La bonne femme raconte ça toute contente d'elle, la caissière a l'air de se dire que sa cliente est grave foldingue. La phrase clé de cette pub étant "Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu!".

L'autre matin, alors que je sors cette phrase pour la dix-miliardièmes fois au moins, une de mes élèves froncent les sourcils et demande de but en blanc: "Mais c'est quoi cette histoire de marmotte maîtresse, c'est avec le papier d'alu c'est ça?"...

Moi aussi j'ai eu un rire amusé. Comme mon maître l'avait eu. Mes élèves sont trop jeunes, ils n'ont jamais vu cette pub, ou ne s'en souviennent pas. Moi aussi j'ai expliqué. L'histoire de la pub, tout ça. Mes élèves ont paru tout aussi perplexes que nous l'avions été ma copine et moi, et puis ils ont intégré l'information. Maintenant, ils finissent la phrase quand je la prononce.

Le soir, repassant ma journée dans la tête, j'ai fait la corrélation entre les deux anecdotes. Il y a quelque chose d'imtemporel dans notre métier, certaines choses n'y changent pas. Il y a aussi quelque chose de bien ancré dans le moment, grâce à la personnalité de chaque maître et de chaque maîtresse. A son histoire, dans une société qui évolue.

Peut être qu'un jour un de mes élèves se souviendra que sa maîtresse de CM2 avait expliqué en riant avec des étoiles dans les yeux qu'elle aimait regarder la télé, qu'elle aimait les marmottes, et vaguement d'une histoire de pub. Tout comme je me souviens de ces étoiles dans les yeux de mon maître de CM2, cette étincelle brûlante de souvenirs douloureux, quand il nous a parlé de la guerre, et d'une histoire de topinambour.

Je précise que c'est cet homme qui bien plus tard, avec le recul et le regard de l'âge adulte, c'est lui qui m'a donné envie de faire ce métier, de faire de son métier... mon métier. Et où qu'il soit, je lui en suis extrêmement reconnaissante.

01 mars 2010

Pitié pour eux

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Veille de vacances. Mes élèves baillent aux corneilles tandis que je tente péniblement l'explication du poème de Kipling "Tu seras un homme, mon fils". Oui je sais, je vise haut avec mes cm2, mais j'aime bien leur lancer des challenges, sachant quand même qu'ils ont toujours le choix entre deux poèmes. Sur ce coup-ci, j'ai opté pour un poème assez drôle parlant de canards - assez simple aussi et donc qui sera choisi par la majorité des élèves - et ce très célèbre et très beau poème de Kipling. Histoire de changer d'Océano Nox de Victor Hugo.

Bref, certains élèves suivent, participent, tentent des interprétations, confrontent leurs ponts de vues, mais la majorité n'écoute plus rien, n'attendant qu'une chose: la fin. Comme une longue et lente agonie. Moi je perds ma voix, et la vue d'un énième élève baillant à s'en décrocher la mâchoire, l'oeil torve, avachi sur son bureau, achève de m'agacer. J'explose:

"- C'est incroyable ça, vous pouvez pas faire l'effort de vous intéresser un peu à ce qu'on raconte?! Alors d'accord le texte est compliqué, mais quand même! Ok, alors comme vous avez déjà fait votre choix pour l'autre poésie, celle là vous vous en foutez! Mais si c'est comme ça, la prochaine fois je vous colle une poésie super longue et super compliquée et obligatoire pour tout le monde! Et ça vous fera les pieds! Alors vous vous réveillez et vous vous y mettez hein!"

Changement de décor: une autre salle de classe dans une autre école, 18h15, une petite trentaine de profs réunis sous la houlette de deux conseillers pédagogiques de circonscription pour une séance d'animation pédagogique sur le thème du débat littéraire en classe. Youpi. Je suis une de ces pauvres brebis assommées par une journée de travaille bruyante, contrainte à cette mascarade de formation. Que du bonheur. J'écoute les evidences que nous épluches les différents interloculteurs d'une oreille distraite, alors qu'en même temps, pour tuer l'ennui, je compte les lettres dans chacune des phrases qu'on nous projette au tableau via powerpoint. Je me fais chier comme un rat mort, le propos ne m'interesse absolument pas. on nous distribue un petit texte sur une feuille, on nous fait lire, on nous demande de réfléchir à un truc à la con. Je regarde discrètement l'heure du coin de l'oeil. Et d'un coup, alors que je réprime discrètement un énorme baillement, encore un, d'un coup je repense à mes élèves, à leurs baillements à eux durant mon interminable explication de poème...

Mon dieu que c'est chiant d'être un élève. 

19 janvier 2010

A la trace

Catégorie: Nos amis les Parents

Ce soir, la maman de S., grand gaillard de CM2, toque à la porte pour un renseignement:

"-Dites moi, par rapport au planning, vous êtes plutôt en avance ou plutôt en retard?"

Pas vraiment besoin de réfléchir - franchement je voudrais voir le PE capable d'annoncer mi janvier qu'il est "en avance" sur le programme... le voir et le pendre de jalousie hein - je réponds donc à cette maman que nous sommes largement en retard, en grande partie à cause de l'épidémie de maladies diverses d'avant noël - comprendre: c'est pas ma faute!!!!...

"Ah ben oui, me dit-elle calmement, parce que j'ai comparé avec..."

Et là dans ma tête j'ai complété par réflexe/habitude avec toutes les réponses possibles, toutes celles qu'on nous sort régulièrement:

- J'ai comparé avec sa cousine Germaine qu'est en CM2 à Brive sur la Pouillarde du Cluzé
- J'ai comparé avec notre voisin Gaston qu'est en CM2 à Rosetivan en Bassinet-Tuillu
- J'ai comparé avec son copain Philémon qu'est en CM2 à Piquetou de Saint Giron du Flux

En général c'est effectivement à peu près ce qu'on nous déballe, avec la suite qui dit que c'est pas du tout pareil, qu'ils en sont pas au même point, et est-ce qu'on est sûr que c'est normal blablabla... Ce à quoi on répond que oui, que chaque professeur a ses progressions/programmations/organisation/méthodes etc... et que pas de panique, l'année n'est pas finie, et qu'on est sûr de nous quand même, après tout c'est nous les pros. Parfois même on se retrouve à se justifier face à telle ou telle pratique d'un autre professeur que les parents jugent meilleures - tandis que nous on se dit "Mais y'en a encore qui font comme ça? Sans rire..." - enfin bref. Je m'attends au pire venant de cette maman vu la tournure de sa phrase et je m'apprête à me défendre...

"... parce que j'ai comparé avec sa soeur et c'est pas..."

Alors là perplexe, je coupe direct la maman, parce que le petit S. a une soeur en CP et l'autre en 4ième: "Comment ça avec sa soeur?" que je lui demande.

Et là très naturellement elle me répond:

"-Et bien oui, on prend le classeur de C. (la soeur) et on suit ce que vous aviez fait, et vous avez un mois de retard pour la division!"

Moi, sans voix, sourcil relevé et oeil fixe. o_O Dans ma tête je vois bien le visage de C., la grande soeur, qui a été mon élève... il y a 3 ans déjà!!! J'hallucine. J'ai à peine réussi à balbutier une réponse cohérante tellement j'étais scotchée!

"Ah ben vous savez, d'une année sur l'autre on fait des changements aussi quand même... cette année c'est comme ça."

Finalement, la maman voulait juste savoir si ça posait un soucis si elle faisait quand même faire la division à S., vu qu'à la maison elle suit le classeur de la grande pour "préparer" S. à la suite... Ben non, moi ça me gène pas. Vu qu'il va apprendre avec ma méthode!

J'ai eu du mal à trouver autre chose à répondre. Et ça m'a fait un choc de percuter que je suis là depuis assez longtemps pour se genre de remarques.

Difficile de rivaliser quand on vous compare à vous même hein.

Corrigé par Eddie à 21:05 - Nos Amis les Parents - Gribouiller au tableau? [5]

07 janvier 2010

Mes Grands

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Aujourd'hui, journée particulière en classe, à cause de la neige bien sûr!

Car à cause de la neige, j'avais des élèves en moins (presque la moitié de ma classe hein, parce qu'en rase campagne, pas de ramassage scolaire, ça vous décime une école) mais j'avais aussi des élèves en plus.

Oh oui je vous vois venir, vous disant que sans doute il s'agissait là des élèves de mes collègues qui n'auraient pas pu se rendre à l'école... mais non. Mes collègues étaient bien là, et elles ont géré leurs élèves.

Non, les élèves qui ont carrément mais gentillement tapé l'inscruste dans ma classe, ce sont mes anciens, mes grands, ceux qui se sont envolés vers le collège. Car oui, pas de ramassage scolaire, pas de collège. Sauf que pas de collège, et ben comme ils me l'ont dit eux-même "on se fait chier tout seul à la maison". Ils ont donc eu une drôle de reflexe: venir voir leur maîtresse!

Du coup, ils m'ont filé un coup de main en écrivant au tableau à ma place - et ils en étaient ravis!, en couvrant et en étiquetant un gros paquet de livres pour la BCD de l'école, en faisant les photocopies, en rangeant le matériel d'arts visuels et toutes les petits tâches que j'ai pu leur refiler tout du long. Ils ont aussi frimé en mettant la pâtée à leurs camarades - heureusement me direz-vous car ils sont quand même en 6ième et 5ième! - au jeu du compte est bon et du mot le plus long.

Et puis ils sont partis ce soir en riant, disant qu'ils repasseraient, et je sais que c'est vrai car ceux-là passent régulièrement me voir, chacun leur tour, ils viennent aussi aider le jour de la kermesse - c'est d'ailleurs leur jour de rassemblement à l'école - et ils s'éclatent comme des petits fous ce jour-là!

Ce qui me fait le plus plaisir dans tout ça, c'est que mes élèves aient gardé un assez bon souvenir de leurs années avec moi pour avoir envie de revenir une journée, comme ça, de temps en temps, pour avoir l'envie de venir me raconter leurs vies, tout simplement, à un âge ou normalement on commence à fuir les adultes.

Ils ne m'appellent plus maîtresse. Ils marmonent mon prénom, un peu gênés. Et quand je leur rapelle qu'ils peuvent me totuyer, alors là j'ai droit à un grand sourire.

Un sourire de grand.

27 décembre 2009

Bac +12... niveau CM1!

Catégorie: La salle des maîtres

Petite perle trouvée dans les programmes 2008 alors que je suis en train de remplir mes livrets d'évaluation pour le premier trimestre...

Dans les compétences de CM1 en orthographe, il est mentionné:

"Écrire sans erreur les infinitifs de verbes du premier groupe après préposition (il me dit d’aller)."

Ben va falloir expliquer à nos technocrates que le verbe aller n'est pas du premier groupe!

Et dire que je bassine mes élèves avec ça à longueur d'année!

Corrigé par Eddie à 16:53 - La salle des maîtres - Gribouiller au tableau? [4]

18 décembre 2009

Point focal

Catégorie: La Vie de la Maîtresse

Y'a que les crétins qui changent pas d'avis non? Et ben je suis pas une crétine.

A la base, je voulais changer de blog parce que, parce que, parce que. Y'avait un tas de parce que. Y'avait surtout un gros ras-le-bol du boulot. Et puis je suis tombée malade, je veux dire vraiment malade hein, de la vraie maladie qui oblige à se mettre en arrêt. Une semaine. Une semaine loin de mes élèves, à laisser ma classe et mes loulous à une autre maîtresse, à laisser mes collègues gérer l'école sans même savoir ce qui s'y tramait, et le reste.

Et puis j'ai repris. Deux jours. Denses. Pour cause de fête de noël et de partage en vacances. Deux jours et une évidence: je m'éclate à faire de job. J'aime mes élèves, j'aime leurs transmettre mon savoir, des savoirs, j'aime les accompagner, les soutenir, les former, j'aime tout ce qu'il est possible de faire avec eux, j'aime que tout soit possible avec eux, tout simplement.

Une deuxième évidence: l'institution pourrit tout. Oui attention le propos n'est pas politiquement correct mais merde hein, ras-le-bol de devoir se museler à cause de principes à la con. Quand les choses clochent, on a le droit de dire ce qu'on en pense, et peut être même le devoir de dire que ça va se casser la gueule, surtout quand on est bien placé dans la perspective du truc, voire carrément en dessous.

L'institution donc. Des programmes aussi digestes et utiles que les 27 tomes de l'encyclopédie de la faune et flore d'Ousbekistan occidentale, des réformes qu'on nous bombardent comme en balancerait un plat de purée à travers la cantine, des horaires et des rythmes aussi calés qu'un parkinsonnien dansant la techtonique, des formations creuses et pontifiantes aussi adaptées à nos besoins qu'un tricot à un saumon... j'arrête la liste elle est trop longue, désespérement longue, et ceux qui sont de la partie n'arrêtent pas de faire des appels du pieds pour dire que ça coincre sérieux, d'ailleurs à ce stade là c'est plus des appels du pieds mais c'est carrément devenu un show de claquette! Déprimant. Révoltant aussi. Parce que sur le terrain, on se défonce. On gueule aussi, on gueule et personne ne nous répond. Que du vent.

Bref. Tout ça pèse. Surtout quand on y rajoute les parents lourdingues qui soient s'en foutent soit nous méprisent, les restrictions en tout genre, les pincettes qu'on doit prendre en permanence pour tout et rien, tous ces rôles qu'on endossent et qui ne devraient pas être les nôtres... à la fin, la volonté, la motivation, l'enthousiasme, la vocation même, finissent par en prendre un coup et par disparaître derrière des règles à tenir, des quotas à remplir, des cases à cocher, des objectifs à atteindre. Que du blabla, de la paperasse, des normalisations, des mises en forme, des cadrages.

Dumoins j'avais disparu là-dessous, jusqu'à en trouver le métier limite moche, limite insupportable. Jusqu'à tout faire aux forceps, comme ces instits de 25 ans de carrière qu'on trouve aigris, brusques, désanchantés, désagréables. Avec seulement 3 ans et quelques mois de carrière, j'avais déjà quelques réflexes de ce genre. Lamentable. Tout ça parce que ma nouvelle directrice est très à cheval sur les réglements en tout genre, notes de service et autres, parce que l'école ayant grossit d'un coup tout ce qui faisait le charme de la petite école de campagne a disparu en quelques semaines à peine, parce que j'ai une classe bien chargée pour un double niveau et une nouvelle équipe de circo qui nous oblige à bien rester dans les clous. Tout ça me gonfle profondément.

Ces deux derniers jours j'ai compris que tout ça me pourrissait le métier, modifier ma façon de faire et pas qu'en bien et surtout m'usait beaucoup plus vite que prévu. Je jette donc tout ça au diable, et je reprends un peu de ma liberté et de ma légèreté. Je sais que je suis une bonne, une très bonne instit. J'en ai eu tout un tas de preuves concrètes de puis plus de 3 ans, j'en ai sous les yeux jours après jours quand je regarde mes élèves. car le plus important est bien là: mes élèves, et ce que je sais avoir fait et faire pour eux. Le reste n'est que foutaises.

L'institution pompeuse qui nous étouffe sous ses bonnes intentions utopiques et abacadabrantes, je la mets de côté. Je ne travaille pas pour des technocrates, des pédagogues, je ne travaille pas pour les parents, l'inspecteur, je ne travaille pas pour tout ce petit monde. Je travaille pour et avec mes élèves. Ils sont, ils doivent être le point central, le point focal d'où tout doit partir et vers lequel tout doit converger. C'est cette maîtresse là que je veux être, et cette maîtresse là c'est celle qui est enthousiaste, volontaire, motivée, c'est celle qui avait ouvert ce blog champêtre et coloré, ce blog pour dire les mots d'enfants, les amusements du jour aussi bien que les énervements et les découragements, simplement, sans prétention ni prise de tête.

C'est cette maîtresse là que je veux m'employer à être à l'avenir. Et donc je reviens ici. C'est reparti comme en quarante!

15 novembre 2009

Deuxième chance

Finalement, un autre blog s'impose. Dumoins je tente. Mettez-donc vos signets à jour si vous voulez continuer à me suivre!

Désormais je suis là:

http://2piedsdanslaboue.canalblog.com/

Corrigé par Eddie à 23:15 - Gribouiller au tableau? [2]

04 novembre 2009

Entre parenthèse

Parce que je n'ose plus rien dire sur ce blog de peur d'être prise en flagrant délit, que j'ai l'impression d'être observée et pas par des yeux bienveillants, j'ai décidé de le mettre entre parenthèse, le temps de réfléchir à voir si je le ferme définitivement, ou si j'arrive à en faire autre chose.

Dommage car des choses j'en aurais à dire, mais toutes les vérités ne sont pas... vous connaissez la suite.

Il y a aussi que je passe beaucoup de temps à l'école, avec plaisir d'ailleurs, et qu'une fois rentrée j'ai envie de parler d'autre chose. Je préfère donc me concentrer sur mon blog perso.

Merci en tout cas à ceux qui m'ont suivie, que mes aventures ont fait sourir et réagir, et peut être à bientôt pour une suite!

Corrigé par Eddie à 00:08 - Gribouiller au tableau? [3]

05 octobre 2009

Sciences: La matière, l'eau

Catégorie: Ressources pédagogiques cycle 3

Petite séquence de sciences, dans le domaine de la matière, cette année j'ai choisi l'eau.

En sciences je fonctionne en ateliers: 3 ateliers différents sur un même thème, avec chacun un questionnement propre. On fait le bilan ensemble une fois que tout le monde est passé aux 3 ateliers: discussion sur les documents, sur les manipulations réalisées, puis trace écrite.

Atelier n°1: La filtration de l'eau
Atelier n°2: Les mélanges
Atelier n°3: Le cycle de l'eau (prévoir de trouver un schéma du cycle de l'eau)

Document de recherche: La_matière :_l'eau

Leçons à compléter: Les_états_de_l'eau
                             Les_mélanges
                             L'eau_:_ressource_précieuse

Histoire: Les débuts de la préhistoire

Catégorie: Ressources pédagogique cycle 3

En CM, je passe rapidement sur la préhistoire. N'empêche que j'aime bien les laisser se dépatouiller en groupe avec un rebrassage de leurs vieux souvenirs de l'année passée.

Document de recherche: Recherche les premiers_hommes
Il faut fabriquer vous même votre planche d'images en piochant dans vos manuels d'histoire!
- 4 images de l'évalution de l'homme: homo sapiens, homo habilis, homo erectus et australopithèque
- images de différents outils: galet aménagé, biface, harpon
- images de différentes habitations: tente, grotte, maison préhistorique
- et aussi: images du feu, de l'agriculture, de la chasse
- et tout ce que vous voulez ajouter!
Il vous faudra aussi les assortir d'une frise historique ou de petits textes explicatifs. Là encore, farfouillez dans vos manuels. Pour ceux que ça intéresse, j'utilise ces deux là:

La Préhistoire Cycle 3      Histoire Cycle 3

Ensuite pour faire la leçon, j'utilise là encore un texte à trou:
Les_premiers_hommes_texte à trou

Histoire: L'archéologue et l'historien

Catégorie: Ressources pédagogiques cycle 3

En introduction à mon année d'histoire, j'aime bien faire un petit topo sur le travail de l'archéologue et celui de l'historien, pour amener les élèves à réfléchir sur les différents documents que je leur soumettrais ensuite.

Voici les docs que j'ai construit sur ce sujet et qui me servent en classe (sachant que mes élèves ont déjà bossé là dessus, je ne leur donne pas de docs supplémentaires, mais on peut facilement trouver sur internet ou dans les manuels d'histoire des descriptions courtes de ces deux métiers).

Document de recherche: L'archéologue_historien

Leçon à compléter ensemble: Métiers_archéologue_historien à trou

C'est du sport

Catégorie: Mots d'Enfants

Exercice sur le féminim des noms. Il faut donner le féminim de chacun des noms masculins que j'ai écrit au tableau. Et quand je corrige les cahiers, je tombe nez à nez avec une "patinatrice".

Une fois leurs cahiers rendus à mes élèves le lendemain matin, l'adorable tête blonde qui m'a pondu ça lève le doigt en fronçant les sourcils. Quand je m'approche pour lui demander ce qui va pas, elle marmone embêtée en pointant du doigt la "patinatrice" sur son cahier:

"-Ben là maîtresse, c'est juste non?

Alors que j'ai barré en rouge hein.

- Non c'est faux. Quand même O., à l'oreille, ça te gène pas de dire une patinatrice?

- Ben non maîtresse.

- Vraiment?

Et là O. assez perplexe me pointe du doigt le mot juste au dessus de patinatrice dans son exercice.

- Ben dessinatrice c'était juste.

Logique quand tu nous tiens.

*Je précise que le masculin de patinatrice pour ceux qui n'aurait pas compris c'est patineur...

Corrigé par Eddie à 22:13 - Mots d'Enfants - Gribouiller au tableau? [0]

05 septembre 2009

C'est parti!

Catégorie: La vie de la maîtresse

Ma rentrée s'est plutôt bien passée. Et à vrai dire si j'osais, je dirai même que l'année s'annonce radieuse! Mais je ne veux pas aller trop vite en besogne...

Du côté de mes élèves, c'est une très bonne surprise: ils sont studieux et plein de bonne volonté. Les changements mis en place pour cette nouvelle année leur plaisent beaucoup, et avoir un double niveau aussi simple (CM1/CM2) me change la vie! Je peux me permettre d'être beaucoup plus présente pour eux, et visiblement ils apprécient! Je n'ai pas d'élève vraiment pertubateur en vue, juste quelques tête en l'air et quelques bavards. L'un des avantages que je préfère avec les grands, c'est leur autonomie et leur capacité de décision. Du coup j'en profite à fond en les laissant choisir pas mal de trucs. Moi ça m'évite d'avoir à réfléchir et comme ça je suis sûre que les outils, les activités, sont vraiment motivantes pour eux puisqu'ils ont choisi!

Du côté de mes collègues et bien... elles sont nouvelles quoi. Nouvelles dans l'école, nouvelles dans le métier. Je regrette un peu de ne pas avoir de collègue un peu plus expérimenté en face de moi à l'heure du déjeuner, histoire de pouvoir échanger un peu plus. Là je ne fais que donner des conseils, ou les briefer sur les élèves, le système, ou expliquer comment marche ma classe, comment je procède. Elles ont aussi de bonnes idées, mais ça reste anecdotique. Je les regarde faire les mêmes erreurs que j'ai comises quelques années auparavant, s'embourber dans les mêmes casse-têtes. Je donne des conseils bien sûr, mais je ne veux pas être tout le temps sur leurs dos, je vais passer pour madame je sais tout!

Du côté du boulot, ben ça fait une masse de travail énorme en perspective. La preuve: aujorud'hui samedi, j'ai bossé toute la journée! Mais c'est juste une questiond e mise en route, dumoins j'espère! J'ai aussi dans l'intention de me lever plus tôt les jours de classe, pour pouvoir faire mes corrections le matin. A voir si je m'y tiens ou si mon lit reprend rapidement ses droit! Pour le moment je suis relativement sereine, je sais exactement ce que je veux faire et comment, et donc c'est un plaisir de travailler. mais encore une fois, ce n'est que le début et maintenant il faut voir à l'usage...

En tout cas c'est parti, et c'est bien parti!

24 août 2009

Emploi du temps et Contrat

Catégorie: Organisation et Gestion de Classe

Après quelques jours de travail, les premiers résultats bien concrets sont là, et je ne peux m'empêcher de vous les faire partager. Peut être que ça aidera certains d'entre vous dans leur préparation de la rentrée, qui sait!

Alors tout d'abord mon emploi du temps: c'est pour un double niveau mais ça n'apparait pas texto vu que je vais gérer ça grâce à mon système de contrat et de plan de travail. Et j'ai choisi de faire tourner mon emploi du temps sur 2 semaines, je trouve ça bien plus pratique pour arriver à coller aux quotas horaires des programmes sans s'arracher les cheveux!

Ensuite quelques explications rapides en ce qui concerne le contrat:

  • Il se compose d'un plan de travail et de fiches d'activités. Le plan de travail reprend l'intitulé des fiches et sert de grille de suivi. Les élèves sont ainsi libres de se gérer sur les plages de contrat (je prérare mes CM2 à la 6°!) et apprécieront j'espère d'être acteurs et décideurs de leur travail.
  • Cela me permet à moi une vraie différenctiation/rémédiation car les fiches de contrat seront adaptées au besoin de chaque élève. Pour ce faire, je me baserai sur des évaluations diagnostiques pratiquées en clotûre de chaque séance d'apprentissage (leçon + exos ensembles) pour voir ceux qui ont compris et ceux qui sont perdus. J'adapte ensuite avec 3 niveaux de fiches en fonction des réussites des élèves, et de leur niveau général.
  • J'adapte aussi la charge de travail en exigeant plus de fiches faites pour les meilleurs élèves, une certaine quantité d'aide apportée aux autres  etc... et inversement pour les élèves en difficulté. Je m'assure que les élèves ne peuvent pas esquiver les notions importantes en rendant certaines fiches obligatoires.
  • Tous les 15 jours je ferai le bilan en vérifiant si les élèves ont bien rempli leur contrat: parmis les fiches non faites, j'aviserai celle que je reporte pour la quinzaine suivante (ces fiches deviennent prioritaires) et celles qui passent à la trappe en fonction de l'importance des notions et de l'élève en question.
  • Il y a aussi la possibilité de créer des ateliers de travail en choississant de leur faire faire certaines fiches en groupe, ou même de les faire en travail dirigé avec le groupe le plus en difficulté; On peut également d'inclure dans le contrat des activités/ateliers qui ne peuvent pas être faits en classe entière: ex les tices quand on a que 2 ordis, ou découverte du ping-pong avec une seule table! Dans ce cas, je mettrai en place une liste d'attente où les élèves devront s'inscrire pour passer à cette activité lors des plages de contrat.
  • Pour finir: oui je sais ça à l'air énorme à mettre en place et à gérer et je dois dire que je me lance là dedans comme on saute dans le grand bain mais j'y vois vraiment un bon système permettant un vrai suivi des élèves et malgré les apparences un vrai moyen de se simplifier le travail car c'est très modublable! Donc pour ceux que ça tente, quelques uns des outils que j'ai déjà élaboré:
  • Plan_de_travail_élève: feuille qui va dans la chemise contrat avec les fiches d'activités
  • En-tête_fiche_et_Liste_élèves: l'en-tête est a rajouter sur chacune des fiches d'actitivé et la liste sert à distribuer les bonnes fiches aux élèves!
  • Explication_élèves: feuille à coller à l'intérieur du rabat de la chemise, comme pense-bête

Voilà, d'autres explications plus tard car je dois retourner bosser! Mais si vous avez des questions, n'hésitez pas à laisser un commentaire! 

28 juin 2009

La fête à neuneu

Catégorie: Evènements

Kermesse enfin passée, en demi-teinte. A vrai dire je suis même assez déçue par l'ensemble. Un spectacle qui n'a pas vraiment été applaudi, des remerciements des parents loin de ce dont j'aurai eu besoin, des gamins pinailleurs, des adultes limites désagréables, sans parler des comptes que je n'ai pas encore fait mais qui a vu de nez sont eux aussi très limites. L'ambiance n'y était pas, où alors c'est moi. Peu importe. C'est la première année que je clôture la chose ne me disant que toute la préparation, le stress, les contraintes et le reste, que tout ça n'en vallait pas la peine.

A vrai dire, cette fin d'année a vu naître en moi une remise en question quand à toutes ces manifestations qui entourent l'école, et que jusque là j'appréciais: fête de noël, carnaval, fêtes des mères, des pères, kermesse et autres voyages de fin d'année. Ces diverses occasions que beaucoup estiment légitimes mais que depuis peu je trouve trop envahissantes. Le soucis c'est justement qu'il est souvent très difficile de les mettre en sourdine tant les parents, les municipalités, et les enfants y sont attachés. Pourtant la plupart du temps, tout ça est très loin de la pédagogie, et du rôle de l'école. Je peux le dire d'expérience: ça tient plus de la fête de village que d'autres choses.

Je suis donc en train de cogiter à la façon de concilier tout ça l'année prochaine. Comment arriver à mettre la pédale douce, pour que tout ça prenne moins de temps, moins d'effort, moins de place, et que je puisse y introduire un intérêt pédagogique qui ne serait pas un faire valloir anecdotique mais bien le coeur même de ces activités. Je pense que pour ça il faut planifier toutes ces manifestations dès le début, en les incluant dans ma programmation et mes divers projets. Dumoins c'est ce que je vais essayer.

Parce que j'en ai ras le bol d'organiser des fêtes de villages. Je veux juste faire mon métier.

Et bien le faire.

Corrigé par Eddie à 17:04 - Evènements - Gribouiller au tableau? [9]

11 juin 2009

En vrac

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Fin d'année sur les chapeaux de roues, même pas le temps de raconter tout ça. Pas la force non plus. Je suis tout simplement exténuée, et les divers tracas de la vie quotidienne d'une école rajoute à mon ras-le-bol chronique du mois de juin.

C'est officiel, Baloo s'en va. On s'entendait bien, sans plus. Ca ne me fait pas grand effet de la voir partir. Je redoute surtout de voir arriver deux autres collègues qui ne seraient pas à mon goût. Je dis deux autres car l'ouverture d'une troisième classe est définitivement enterrinée. Et d'ailleurs, il y a déjà eu attribution de l'un des deux postes. J'ai même rencontré la nouvelle collègue en question. Par deux fois. La première fois elle m'a fait une impression prodigieuse. Sans doute parce que c'était par un samedi après-midi ensoleillé et chaud. La deuxième fois, je suis redescendue de mon nuage. Sans doute parce que c'était par un mardi soir pluvieux, à la suite d'un conseil d'école expédié. Là elle m'a semblé assez guindée, très conventionnel, calme et organisée, une fille qui respire l'équilibre. Bien comme il faut quoi. Je suis allergique aux gens bien comme il faut. Tout simplement parce qu'ils me rappellent tout ce que je ne suis pas. Il va falloir voir ce que ça donne. Je ne peux pas me prononcer sur la suite des évènements. Il faut aussi attendre de voir qui va être nommé sur le dernier poste... sachant que c'est le poste de direction et que l'inspection m'a sous entendu que s'il s'agissait d'un T1 - un instit dont c'est la première année - la direction risque de me revenir en pleine figure. Le pied.

La mairie a aussi eu la très bonne idée de nous forcer la main pour qu'on postule au projet d'école numérique. J'ai de l'urticaire rien qu'à imaginer que ça puisse aboutir. Surtout que notre dossier vient d'être accepté. Je n'ai aucune envie de devoir subir une formation supplémentaire pour apprendre à me servir d'un tableau blanc intéractif qui ne me servira jamais ou très peu et de devoir supporter les enquêtes et les surveillances de l'académie quand à notre utilisation de ce matériel. Sans déconner, si les mairies et le ministère ont du fric à foutre en l'air - un tableau intéractif pour des mômes de primaire! - pourquoi ne pas acheter des livres, du matériel de sciences, d'art visuels, ou tout simplement des ordinateurs normaux, équipés des logiciels indispensables. Mais non, ils préfèrent nous fourguer des trucs farfelus, juste pour faire bien. Je ne veux pas dire que tout ceci sera inutile, je dis juste que le rapport investissement/utilité est tellement faible que c'en est grotesque.

La mairie a aussi mis en attente - voire jeter aux oubliettes? - notre demande de salle des maîtres. Les locaux sont disponibles, et nous avions juste à déplacer quelques cartons et à nous installer, mais pour une raison de gué-guerre de clochers, notre mairie a finalement fait marche arrière après nous avoir d'abord dit oui. Apparement, je n'étais pas au courant mais je fais partie d'une secte. La "secte des instituteurs" dixit monsieur le maire, qui ne veut pas de ça ici. Donc, exit l'idée de salle des maîtres pour le moment. Je croise les doigts pour que finalement ça tourne à notre avantage et que la mairie ait juste voulu faire les choses bien, en prenant le temps de repeindre les locaux et de nous installer correctement.

J'ai aussi une kermesse à préparer, une coppé qui a dépensé beaucoup et qui n'est pas sûre de remplir ses caisses avec cette kermesse qui s'annonce... enfin que je ne sens pas bien. Pourvu que je me trompe. Pour le moment, les fournisseurs nous font faux bond, les élèves ne vendent pas assez de tickets de tombola, les réservation pour notre repas de clôture sans quasi inexistantes, trop peu de parents volontaires pour ouvrir tous les stands... un fiasco en perspective. Mais je garde la foi, ou plutot je garde le cap. Parce que si je le fais pas, qui le fera? Réponse: personne.

Je ne parle pas des petites mesquineries des parents, remarques en tout genre, demandes farfelues, focalisation sur des soucis mineurs, menace de changement d'école, avec encore et toujours cette impression désagréable que nous sommes un service qui se consomme, qu'on peut exiger de nous comme des employés d'un hôtel, sans aucune considération pour le travail - énorme et multiple - que nous effectuons. Heureusement, il y a aussi les parents qui savent, qui nous soutiennent, qui sont volontaires, qui nous acompagnent et nous font confiance. Heureusement.

La seule vraie bonne nouvelle dans tout ce bordel - oui je sais le ton de ce post laisse totalement transparaître mon agacement du moment - c'est que l'année prochaine j'aurai un double niveau CM1/CM2. Vraiment là c'est le bonheur. Je vais enfin pouvoir m'éclater, d'autant plus qu'avec cette troisième année qui vient de s'écouler, j'ai l'impression d'avoir pris un sacré galon. Comme je dis souvent, mes 3 années d'ancienneté me semblent compter triple - rapport au triple niveau. J'ai les épaules larges désormais, et me retrouver avec une classe de grands va me premettre de pouvoir encore plus affuter mes méthodes pédagogiques, de pouvoir ordonner mon travail, moi qui ait tellement de mal avec l'ordre. J'envisage la suite avec un nouveau regard, fort plaisant, et je note toutes les idées pour pouvoir exploiter tout ça cet été.

Vivement cet été... 

24 mai 2009

Avez-vous rempli le formulaire A-38?

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Suite à un merdage ambiant cette année à l'inspection, j'ai malencontreusement loupé une réunion, une de ces fameuses réunions de formation que l'on choisit en début d'année en sachant pertinemment qu'elles ne servent à rien puisqu'en gros c'est du vent. J'ai donc raté une des ces satanées réunions vu que je n'étais absolument pas au coruant qu'elle avait lieu - question alibi on peut pas faire plus con - et visiblement à l'inspection, ça ne passe pas.

J'ai donc droit à la visite d'un conseiller péda qui vient enquêter sur le pourquoi du comment je n'étais pas au courant. Autant vous dire que fatiguée comme je suis en cette fin d'année, j'ai envie de l'envoyer se faire voir chez les Inuits - les Grecs sont déjà complets - en lui disant le fond de ma pensée. Mais je n'en ferai rien - parce que je suis fatiguée mais pas encore suicidaire et qu'un voyage chez les Inuits perso ça me botte moyen - et j'ai donc déjà répété vingt fois le petit discours que je vais devoir lui servir, en jouant les nunuche désolée, histoire de faire passer la pillule.

N'empêche que là tout de suite, je déverserai bien ma bile au sujet du ministère, de l'inspection, du système totalement absurde dans lequel nous évoluons et qui nous presse comme des citrons, parce que oui j'aurai des choses à dire sur tout ce beau monde, croyez-moi, qui se croit compétant mais qui n'est que con, tout court. Sauf que hein, nous sommes d'accord, je n'ai pas envie de voir ce blog menacé de femerture, et qu'en plus ceux qui me lisent savent déjà tout ça. Donc je machouille ma rancoeur et c'est pas saint, c'est surtout pas ce quiva m'aider à finir l'année.

Maintenant, si le conseiller péda veut me donner un coup de main pour taper les 9 leçons que j'ai en retard, chercher les livres de bcd que les gosses ont mal rangé, découper les 28 gabarits de fêtes des mères, remplir les dossiers de mes élèves qui passent en 6ième, finir la commande de kermesse, mettre au point les 5 dernières séances de sciences, géographie et histoire, remplir le formulaire de demande d'équipement informatique pour l'école, animer la réunion parents-profs de mardi soir et faire les comptes de la coopé, ben y'a aucun soucis je suis preneuse.

S'il veut juste mes remonter les bretelles pour une réunion à la con, il peut aller se faire voir.

06 mai 2009

Et vous?

Catégorie: La salle des maîtres

Amis collègues, avez-vous déjà entendu parler de ceci: http://www.axalta.com/ ???

J'avoue que je suis dubitative, sur le coup je me suis même demandée si ce n'était pas une arnaque. Il semblerait que non, mais qu'en pensez-vous?

Il est vrai qu'il est possible d'obtenir des chèques vacances via la mgen, certes. Mais un CE pour l'éducation nationale, ça pourrait être une bonne idée je crois.

Peut être que certains parmi vous sont déjà adhérents?

J'attends vos réactions!

Corrigé par Eddie à 15:30 - La salle des maîtres - Gribouiller au tableau? [5]

28 avril 2009

Sur le grill

Catégorie: Mots d'Enfants

Longtemps que je n'avais pas eu un fou rire comme celui d'aujourd'hui avec un mot de mes élèves...

Contexte: exercice de grammaire sur le COD. Comme à mon habitude j'ai commencé par mettre des phrases au vocabulaire simple puisque le propos de l'exercice est de reconnaître les compléments d'objets directs et pas de se prendre la tête à comprendre la phrase. Mais je corce les dernières phrases qui ne seront atteintes que par les meilleurs élèves avec quelques tournures de phrases et quelques mots étranges, histoire d'enrichir un peu leur lexique. Souvent, les élèves cherchent les mots dans le dictionnaire et se dépatouillent avec les expressions bizarres. Mais ce matin, dans la bonne ambiance du moment, ils se sont laissés aller à quelques commentaires en vrac, sur le vif, à propos de la dernière phrase, qui était:

"Les photographes mitraillent la brochette d'acteurs."

C., très bonne élève, plisse le nez et me lance discrètement:

- Maîtresse, ça veut dire quoi "mitraillent" la brochette?

Je lève le nez de mes corrections et je réponds, en essayant d'être discrète, mais mes élèves ne peuvent pas s'empêcher de guêter mes pitreries et donc au son de ma voix ils ont tous aussi levé le nez de leurs cahiers.

- Attention, c'est pas une vraie brochette, dis-je très sérieuse, c'est une brochette d'acteurs, ça t'évoques quoi comme image une brochette d'acteurs?

C. hoche la tête tandis que l'image - la bonne image - se forme dans son cerveau... et dans les 27 autres cerveaux de la classe - image cette fois un peu altérée- faisant naître des rires ça et là. C'est C., pître en chef qui lance alors l'offensive:

- Ouais hein, les acteurs, ça se mangent pas!

*Rire général*

- Mais non, râle N. toujours très sérieuse, c'est parce que y'en a beaucoup!

- Ils sont alignés comme ça - la petite H. est debout pour que tous ces camarades voient bien le geste appuyé sensé mimer la brochette - ils sont comme ça à côté!

- Ouais mais pourquoi on les mitraille maîtresse??! aboie T. assis un pied sous les fesses.

Et la réponse de K., petit garçon à l'intelligence malicieuce dégainant ses répliques avec l'aplomb tranquille de ceux qui savent qu'ils ont de l'esprit, m'a obligée à me planquer derrière mon livre d'histoire pendant deux minutes pour me calmer:

- Ben pour les tuer, sinon comment tu la fais cuire ta brochette?

Corrigé par Eddie à 19:27 - Mots d'Enfants - Gribouiller au tableau? [3]

11 avril 2009

Boomerang

Catégorie: Nos amis les parents

Cette sernière semaine ne fut pas de tout repos. Et pour cause. Certains parents se sont mis en tête de me faire la peau. Non mais je vous jure. Motif: je suis une maîtresse incompétente.

Alors là tout de suite, j'ai deux question qui vont vous permettre rapidement de savoir si oui un non vous êtes un instit compétent. Vous êtes prêts? Ilfaut bien sûr répondre de mémoire, pas de recherche sur Godgle ni Kikipédia hein! Si vous répondez aux deux questions justes, vous êtes compétents. Si vous n'en avez qu'une de juste, vous êtes incompétents. Si les deux sont fausses, le ministre de l'Education Nationale en personne devrait vous couper les deux bras pour vous punir d'être un tel fléau pour vos élèves. Attention, questions!

1/ Combien de temps précisément a duré la guerre de cent ans?

2/ Qui fut le premier roi de France sacré à Reims et en quelle année?

Sans rire, si vous savez répondre à ces deux questions de tête, je vous tire mon chapeau. Personnellement je n'ai pas fait une licence d'histoire - et en plus j'ai toujours eu un problème avec les dates - et donc je prépare mes leçons d'histoire avec des livres. Sauf que, avec 39 de fièvre et une leçon improvisée au dernier moment avec le livre le moins compliqué possible, ben oui, je l'avoue, j'ai commis deux petites erreurs dans ma leçon. En fait la première est vraiment une erreur: j'ai dit que a guerre de cent ans avait duré 113 ans. Oups. Elle a en fait duré 116 ans (alors vous avez bon à celle là?). la deuxième n'est pas vaiment une erreur mais plutôt un raccourcis malheureux, car j'ai expliqué que Clovis était baptisé à Reims et qu'après ça, tous les rois de France serait sacré à Reims, comme lui. Sauf que Clovis n'a jamais était sacré à Reims, juste baptisé, et que le premier roi de France à être sacré à Reims est de Louis Ier le Pieux en 816 (et là si vous avez répondu de mémoire, inscrivez-vous à question pour un champion!). Ma phrase est mal tournée, certes. mais faut pas non plus exagéré.

Sauf qu'une maman très pointilleuse a décidé de saisir cette ignoble manque de professionnalisme au passage pour monter sur ses grands chevaux et décrétée que j'étais une maîtresse passable, démotivant son fils, ne corrigeant pas les fautes, et comble du comble, avec qui on ne peut pas communiquer.

???

En fait, la première question de Baloo quand elle est venu me dire que la réprésentante des parents d'élèves lui avait soumis le problème de cette maman tellement furieuse, sa première question a été "T'as envoyé chier un parent récemment?", et la réponse est non. Donc cette maman qui dit qu'on ne peut pas communiquer avec moi, n'a même pas essayé en fait! Ni mot dans la cahier, ni demande de rendez-vous, ni même une remarque glissée entre deux portes le soir à la garderie. Rien. Elle s'est contenté d'aller dans mon dos se plaindre aux délégués de parents, comme si j'étais une personne si affreuse et si bornée qu'aucune discussion ne serait possible. C'est fort de café, et c'est l'aspect de cette histoire qui me gonfle le plus. Surtout qu'elle s'est débrouillée pour embarquer d'autres parents dans son sillage, avec des motifs divers, du genre je lâche jamais les gamins à l'heure, je laisse passer des fautes d'orthographe... encore des trucs graves quoi.

Et certains parents sont bien retords parfois. Car au lieu de venir me voir pour me soumettre le problème de ces erreurs inopinées - et accessoirement les autres problèmes qu'elle peut avoir avec moi, elle a fait copié par son gamin dans son cahier de devoir un paragraphe corrigeant les erreurs de la leçon, du genre "madame, sachez que...". paragraphe que je n'ai découvert que 4 jours plus tard car je n'avais pas corrigé les cahiers devoirs qui ont végété 4 jours sur le coin de mon bureau. L'effet "je vais vous faire la leçon" est un peu tombé à plat du coup. Tant mieux. D'autant plus qu'avant de voir ce paragraphe aux relents moralistes, et avant même de savoir qui étaient les parents concernés, j'avais pris les devants en mettant un mot dans le cahier de tous les gamins, mot expliquant que certains parents semblaient avoir des questions sur ma façon de travailler et qu'il ne fallait pas hésiter à prendre un rendez-vous avec moi pour venir en parler. Histoire de rappeler que je n'ai jamais refusé aucun rendez-vous à aucun parents, et que j'étais ouverte à la discussion.

Je n'ai pas eu de réponse de cette maman, car son gamin a oublié de faire signer le mot. Comme à chaque fois qu'il y a un mot à signer d'ailleurs. A part ça, c'est moi qui démotive le gosse sans raison. Mais passons. J'ai tenu à mettre un mot plus personnel pour cette maman quand même, en réponse au paragraphe trouvé dans le cahier de devoir du petit. Je lui ai demandé de m'excuser pour les erreurs comises, c'est la moindre des choses. J'ai aussi expliqué que j'étais obligé de simplifier les leçons et que forcément les raccourcis sont toujours malheureux, mais que si elle souhaitait rentrer dans les détails avec son fils, je pouvais lui conseiller des ouvrages our travailler. C'est un mot très cordiale, reste à voir si elle va saisir l'occasion et me demander un rendez-vous, me demander des références ou bien si je n'en entendrais plus parler.

Enfin, je n'y crois pas trop. Dans cette famille, ce n'est pas la première fois qu'on conteste mes choix pédagogiques, et je sais aussi que les enseignants y sont considérés comme des fainéants pistonnés et incompétents de fait. Mais moi j'ai ma conscience pour moi, je sais que je fais bien mon travail, je ne vais pas laisser cette maman me démonter juste parce qu'elle pense savoir mieux que moi et qu'elle n'a aucune estime ni pour ma personne ni pour ma fonction. Car je sais que je fais de mon mieux chaque jour, que je donne le meilleur de moi dans ce travail, et que je fais bien, tout simplement. Et l'effet inattendu et très positif de cette histoire c'est que d'autres parents sont venus confirmer ce sentiment.

Car à la suite du petit mot collé dans les cahiers disant que certains parents avaient du mal avec ma façon de faire, j'ai eu plein de petites réponse. Spontanément, alors que je n'y avais même pas pensé, des parents ont voulu me témoigner leur soutien et leur approbation. J'ai eu des petits mots griffonnés sous le mien disant "vous avez toute notre confiance et nous vous soutenons" ou encore "nous sommes très satisfait de vous et de votre travail" ou encore "on a pas de problème avec vous, c'est très bien comment vous faites" ou encore "j'approuve vos méthodes, je ne vis pas le problème"... et quelques autres dans le même genre. Inattendu certes, mais ô combien rassurant! Au moins si cette maman pénible - et les autres parents qu'elle entraîne avec elle - continue à me chercher des noises, je sais maintenant que j'ai aussi des parents derrière moi, qui estiment mon travail.

Quelle meilleure façon de commencer des vacances?...

Corrigé par Eddie à 21:46 - Nos Amis les Parents - Gribouiller au tableau? [9]

30 mars 2009

Journée sans

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Aujourd'hui j'étais sous antibiotiques.
Aujourd'hui ma journée n'était pas prête.
Aujourd'hui un gamin de ma classe était en deuil.
Aujourd'hui le conseiller péda m'a snobé.
Aujourd'hui j'ai oublié de distribuer la leçon de sciences.
Aujourd'hui ma collègue était de mauvaise humeur.
Aujourd'hui j'ai claqué la porte de ma classe.
Aujourd'hui j'ai évité le conseiller péda.
Aujourd'hui il n'y avait plus de cahiers neufs en réserve.
Aujourd'hui j'ai attendu le silence pendant 10 minutes.
Aujourd'hui un de mes élèves a mis le feu aux toilettes.

Aujourd'hui, c'était une journée merdique.

25 mars 2009

Tenir la distance

Catégorie: Organisation et gestion de classe

J'ai bien lu tous vos conseils au sujet du débordement dont j'étais victime dans ma classe, et quelques un m'ont donné des idées pour remettre un peu d'ordre. J'ai ainsi pu modifier mon système de permis de comportement, et le nouveau système fonctionne bien pour l'instant. D'ailleurs il faudra que je parle un peu du permis que j'ai mis en place quand j'aurai le temps, ça peut servir à d'autres.

Pour ce qui est de mon élève pénible, tout le temps debout, ce qui devait arriver arriva, et j'ai convoqué ses parents pour la semaine prochaine. Il ne fait pas son travail et comble du comble, il s'est même mis à me répondre, car comme il est puni de beaucoup de chose et que ça ne lui plait pas, il conteste. Moi je le remet à sa place, et il conteste encore, je gueule un peu plus, il me répond, et là je gueule beaucoup. Donc trop c'est trop, et même si je sais que son père est violent et que s'en suivra une bonne rouste, ça lui fera les pieds. De toute façon, je n'ai guère d'autres solutions à ce stade là. Surtout que l'astuce de lui enlever la chaise, et ben moi je peux pas, car j'ai des bureaux à l'ancienne où les chaises sont solidaire du corps du bureau. Donc quand mes élèves sont mal assis, à part leur faire remarquer et me fâcher, je ne peux pas faire grand chose. L'avantage c'est qu'ils ne se balancent pas! Mais pour le travail en groupe, c'est pas évident...

Au sujet de la bcd, j'ai mis en place un truc révolutionnaire, un truc que je trouve génial. J'ai dégagé une demi-heure par jour dans l'emploi du temps pour un moment bibliothèque. Après le repas, nous allons dans la salle de sport où nous avons installé des matelas et des coussins que nous avons récupéré des familles. J'ai dégoté des présentoirs dans les remises de l'école, et j'ai acheté quelques bacs, et hop: voilà une petite bibliothèque improvisée. Elle ne remplace pas la bcd, qui reste toujours dans ma classe. C'est juste que là, je fais une sélection de livre que je mets en évidence pour les enfants. Et pendant une demi-heure, ils s'installent avec un livre, seul ou à plusieurs, ils peuvent en changer, ou emprunter ceux qui leurs plaisent. Du coup moi ça me fait un moment de calme dans la journée où je peux vérifier qui a emprunté quoi, suspendre les emprunts de ceux qui tardent trop à rendre leurs livres, conseiller les élèves qui ne savent pas quoi choisir etc... C'est un moment d'échange autour des livres, et surtout, c'est un moment où ils lisent avec plaisir! Je suis persuadée que la plupart de ces enfants ne font jamais ça à la maison: se poser dans un coin confortable avec un livre, pour lire. Et c'est bien dommage. Voilà donc un moment bienvenue, qui prend un peu le relais de la sieste des petits - car à l'origine de ce moment l'idée c'était de trouver une activités calme et agréable après le repas, j'ai tenté la relaxation et l'écoute musicale mais ils n'ont pas aimé. Et le meilleur c'est qu'ils adorent, et que ça se passe très très bien pour le moment. A suivre...

Pour ce qui est des activités d'attente, en fait j'ai des idées, mais je n'ai rien mis en place. Pour le moment, mon truc c'est de limiter les moments d'attente en prévoyant plus de travail que de nécessaire. Ainsi les élèves qui finissent le travail en avance ont un autre travail en plus. genre je prévois une feuille d'exercices sur l'adjectif qualificatif que tout le monde doit faire, avec les exercices utiles qui m'intéressent le plus, et une deuxième feuille avec des exercices plus anecdotiques de façon à ne pas pénaliser les élèves qui n'ont pas le temps de les faire. C'est une bonne façon de faire je trouve, même s'il faudrait affiner le système. Une autre bonne idée que je mettrais en place l'année prochaine semble-t-il, c'est celle du fichier d'attente que les élèves ont dans leur casier. En fait moi j'ai un fichier général pour tout le monde au fond de la classe et ça faisait le bazar, alors qu'il suffirait juste de faire une chemise par élève, avec des fiches individuels à portée de main. C'est à venir.

Au sujet des tâches de la classe, j'ai suivi vos conseils et je les ai regroupé pour qu'il y en ai moins. Du coup, tous les élèves n'ont pas de tâches, elles sont réservés aux élèves dont le comportement est correct, et donnent droit à des étoiles si elles sont bien effectuées. L'effet positif c'est qu'ils sont remotivés pour remplir leurs tâches, qu'elles ont repris du prestige et de l'importance. Pour moi, c'est plus facile à gérer, car j'ai moins d'élèves à surveiller. Bon ceux qui n'ont pas de tâche râlent un peu, mais c'est le jeu!

Voilà, avec tout ça, j'ai repris le dessus. Pourtant à cette période de l'année, tout devient casse-pied car tous les disfonctionnements nous apparaissent clairement et c'est le moment où on commence à dire "l'année prochaine, je ferai comme ça, l'année prochaine il faudra que je change ça..." et du coup il ne nous tarde qu'une chose: l'année prochaine! Histoire de remettre à plat tout ça, et d'améliorer encore les choses. Alors j'ai ressorti mon carnet à idées et je note, au fur à mesure, tout ce qu'il va falloir bosser cet été. Et je dois le dire, c'est quand même un petit plaisir que d'avoir toutes ces idées qui s'alignent, c'est encourageant.

Même si en attendant, il va falloir tirer jusqu'à la fin de l'année en claudiquant!

Compagnie de fortune

Catégorie: Organisation et gestion de classe

Suite à cet article sur le blog de Miss Titane je réagis moi aussi en disant quelques mots sur ces fameuses 2h de soutien car justement hier j'avais une réunion "nuit des écoles" avec quelques parents d'élèves à l'école de Piverte et nous en avons un peu discuté.

Au contraire de certains, dès l'annonce de la mesure, moi j'ai pesté comme une buse. Pourquoi? Honnêtement parce que ça rallongeait ma journée de travail, et que franchement j'avais pas besoin de ça. Je cours déjà après le temps pour pouvoir tout corriger, préparer toutes mes séquences, organiser les locaux et le matériel. Donc une demi-heure de plus par jour, c'était mal-venu. Oui oui, c'est bien connu, les enseignants sont des fainéants.

Et puis ensuite, ce qui me dérange personnellement, c'est le fait d'extérioriser la difficulté des élèves. Au lieu d'intégrer le soutien de ces élèves dans la journée de classe, dans la classe tout simplement, on les en extirpe. Comme si on disait "ta difficulté n'a rien à faire en classe, on va la solutionner à côté". Avant, les Rased intervenaient durant le temps de classe, souvant en réunissant des élèves en petits ateliers, et c'était un décroché, une vraie différentiation. Là, c'est plus une mise à l'écart. Les enfants le vivent comme ça d'ailleurs, malgré tous les efforts que nous faisons pour ne pas les stigmatiser. On leur rajoute du travail et du temps de travail en plus, sous prétexte de les aider, on en remet une couche. On ne s'adapte pas vraiment à eux, on ne leur propose pas vraiment un soutien qui leur correspond, car justement, la dernière chose dont ils ont besoin, c'est d'une couche supplémentaire, et d'une étiquette sur le front.

Alors bien sûr, on va me dire que tout dépend des conditions de mise en place, et je suis d'accord. C'est là aussi que ça blesse. Car effectivement sur le papier, on pourrait peut être en faire un truc bien, même s'il y aurait des choses bien plus appropriées et plus innovantes à mettre en place. Seulement voilà, on se heurte comme à chaque fois à la dure réalité, aux conditions matérielles. Concrètement dans notre école, le premier écueil fut le refus du transporteur de modifier les horaires du transport scolaire, pour des raisons tout à fait compréhensible de lignes à assurer. Nous assurons donc le soutien le soir, après la classe, plutôt qu'entre midi et deux comme nous le souhaitions. Certaines familles refusent alors le soutien tout simplement parce qu'ils ne peuvent pas venir chercher leurs gamins après. Ensuite, nous avons choisi une demi-heure par jour, parce que sinon, ça alourdit de trop les journées des élèves. Ok, et ben en une demi-heure je vous le dis, on fait pas grand chose. Car le temps que les gamins s'installent, qu'on se remettent dans des conditions de travail, on a déjà perdu 5 bonnes minutes. Le temps d'expliquer ce qu'on va faire, de distribuer le matériel et de lancer l'activité/l'exercice, on a encore perdu 5 bonnes minutes. Il reste 20 minutes de travail. Super. Avec des gamins fatigués, qui renaclent, et ben c'est pas évident. Et surtout, comment faire quand on a un bon tiers de ses élèves en vrai difficulté?! Je fais comment pour leur offrir à chacun un soutien vraiment adapté? Il faut du temps pour préparer les activités en fonction des besoins, et pour que le soutien soit efficace, je ne prends pas plus de 3 élèves par groupe. Comment je fais alors pour proposer à chacun de mes élèves en difficulté des plages de soutiens suffisantes avec des contenus adaptés? Et ben je vous le dis: je n'y arrive pas.

Pour le moment, je patauge donc toujours. J'essai de mettre au point des activités, j'essaie de voir qui en a le plus besoin, mais à l'arrivée, ça ne donne rien. Il n'y a aucun progrès chez les élèves qui ont eu des heures de soutien, et au mieux ils s'en fichent, au pire ils en ont marre. Et moi aussi. Ces deux heures sont devenues un vrai fardau. Je sais que je vais devoir me prendre la tête là dessus pendant les grandes vacances pour mettre un point quelque chose de plus efficace. Quoi? Je ne sais pas encore car ça dépendra aussi des nouveaux hoiraires de l'école. En tout cas là je n'ai pas vraiment le temps de me pencher sur le problème, même si ça me désespère, je dois faire avec. Et un immense sentiment de gâchis.

Comme d'habitude, ils nous ont pondu une mesure, et nous laisse nous démerder avec. C'est un peu comme s'ils débarquaient dans le hangar, envisageaient un vieux coucou tout dézingué à qui il manque la queue et avec le sourire nous lanceraient un "et ben alors, où est le problème?" alors qu'on doit faire la liaison Bamako-Montréal avec 150 tonnes de cargaison. On a juste envie de leur dire "ouais, sauf que ça, c'est pas un A380!". Autant dire qu'un fossé de la taille de la faille de San Andreas nous sépare!

En tout cas, s'il y en a parmi vous qui ont mis en place des choses qui fonctionnent, qui ont des astuces, des idées concernant ces fameuses 2h de soutien, n'hésitez pas à laisser un commentaire!

17 mars 2009

Kermit

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Ce matin, après avoir récupéré ma tasse de thé de 9h à la cantine, comme le veut l'habitude, je rejoins ma classe, sous un soleil de printemps en avance. Et là, à peine franchi le portail, je suis acueillie par des rires et des histoires de grenouilles. Je râle que je veux tout le monde dans la classe, tout le monde à sa place même et tout de suite. Ils se poussent tous du coude, je pose ma tasse sur le bureau, et alors que je réclame de nouveau un peu de silence, un de mes affreux s'esclaffent que "Y'a H. qu'a une rainette!"

Alors le première réaction de la maîtresse qui commence à avoir un peu l'habitude des gamins à la campagne, c'est de regarder les mains de la petite H. en question. Parce que c'est vrai, mes gosses ont toujours tout un tas de bestioles dans les mains, avec des tas de camarades plus ou moins curieux ou écoeurés autour: crapauds, vers de terre, scarabées en tout genre, lézards, sauterelles, araignées, parfois même des oiseaux! Mais dans les mains de la petite H., pas de reinette en vue. Sauf que la gamine a compris et me dit "Ah mais non maîtresse ils m'ont dit de la mettre dehors alors je l'ai mis dehors!".

Deuxième réaction de la maîtresse qui commence à avoir un peu l'habitude des gamins à la campagne: "Où ça dehors???". Parce que les petites bêtes, ils me les mettent partout, et surtout n'importe où!

Et là ça a l'air de rien mais j'ai bien fait de demander, parce que le gamine avait fait, il est vrai, au mieux. Elle avait bien compris qu'il ne fallait pas la mettre dans la cour, et avait donc opté pour l'autre option: la glisser dehors à travers le portail. Bien vu. Sauf que le portail, il donne sur la route. Ok c'est une petite route, une routinette, mais quand même, c'est pas un endroit pour une grenouille!

Je sors donc à la recherche de cette pauvre grenouille, et comme si je ne suffisais pas, mes élèves décident de faire également partie de l'équipe de secours. M'enboitant alors tous le pas, ils finissent aglutinés le long de la murette à se hisser sur la pointe des pieds pour m'observer ramper à plat ventre sur le bitume et tenter de récupérer cette pauvre rainette qui s'était réfugiée sous la voiture que ma collègue avait garée là. Comment ça y'a mieux pour démarrer la journée?... Z'êtes sûr?

Je finis donc par chopper la pauvre petite bête visiblement débousolée, et je m'empresse de l'emmener dans un endroit bien plus approprié, en surêté, tout en vociférant un "En classe!" pas piqué des hannetons à ma meute d'élèves en pamoison devant le petit batracien comme si c'était une tonne de bonbons compactés.

Revenant en classe, je retrouve mes élèves avec le sourire jusqu'aux oreilles, qui veulent savoir où j'ai mis la chose verte. Je réponds qu'elle est dans mes jardinières, au frais, avec de la compagnie puisque il y a déjà une rainette qui squatte mes plantations depuis un bail - la maligne elle a trouvé le bon coin! Mes élèves sont ravis, et je m'empresse de commenter que la pauvre bête a du trouver tout ça un peu perturbant, vu que dans ma tête, cette petite reinette était passée en quelques minutes du fossé devant l'école aux mains de mes affreux puis au bitume de la route et enfin à mes jardinières.

Et là, la réponse de H. me colle soudain un sacré doute: "Ah oui maîtresse, en plus t'as vu elle avait plein de miettes sur elle, elle avait plein de miettes de mon pain de mie!"

...

Question: comment à neuf heure du matin une petite rainette se retrouve-t-elle pleine de miettes de pain de mie? D'ailleurs comment une grenouille se retrouve-t-elle pleine de miettes tout court?!

Je connais mes affreux. Oh oui je les connais bien. Vu que la rainette était pleine de poussière de la route, je n'avais pas noté la présence des miettes, mais effectivement là qu'elle le disait, ce que j'avais pris pour de la poussière était peut être des miettes. Et d'un coup j'ai compris.

Voix de la maîtresse qui lève un sourcil perplexe: "Elle venait d'où cette grenouille H.?"

Et la gamine avec un grand sourire: "Ben de chez moi!"

Dois-je préciser que la môme en question fait une demi-heure de bus scolaire pour venir à l'école?...

Notre adorable amie la rainette avait donc fait le voyage au fond du cartable de la gamine, coincée entre les cahiers et les restes du petit déjeuner - pas vraiment en première classe sur air batracien donc, et après être passée entre les mains de tout le monde à la garderie, elle avait atterrie en plein milieu de la route. Vous parlez d'un voyage d'agrément! Elle a eu de la chance de finir là où elle a fini, croyez-moi.

Et j'aime beaucoup le dernier mot de N. avant qu'on démarre enfin notre journée, je crois que la petite chose verte a beaucoup apprécié aussi:

"En plus, c'est protégé comme bestiole ça maîtresse!"

Va falloir que je leur enseigne le sens du mot "protégé"...

26 février 2009

Débordement

Catégorie: Organisation et gestion de classe

Questions ouvertes, parce que j'ai beau me creuser la tête je suis un peu à sec de réponse...

1/ Vous faîtes comment vous pour faire asseoir un élève qui est sans arrêt debout? Et attention je ne parle pas d'un gaminou de cp hein, mais d'un grand dadet pré-ado de cm2 qui passe son temps à se promener dans la classe et qui bien sûr à toujours une bonne raison pour ça. Moi j'en peux plus. Inutile de dire que les punitions n'y font rien.

2/ Vous faîtes comment pour gérer les emprunts de livres à la bcd? Parce que j'ai réussi à mettre en place des moments où les élèves vont emprunter des livres, sauf que les livres... ne reviennent jamais! Et c'est très fastidieux de devoir toutes les semaines pointer les étiquettes et rappeler les tête en l'air à l'ordre - et encore quand les étiquettes sont correctement remplies et qu'on sait qui a emprunté le livre! Parce que là j'ai quand même un tas de 32 étiquettes sur le coin de mon bureau et c'est personne, comme par hasard...

3/ Vous donnez quoi vous comme punition? Non parce que les lignes, les miens ça leur fait aucun effet! Privé de récré non plus. Que ce soit pour une journée ou une semaine d'ailleurs. Manger tout seul dans la salle des maîtres, idem. Les mots aux parents ça marche... une journée. Et là j'en arrive à un point où j'ai pas des masses de moyens de pression. Alors si vous aviez des idées... je suis preneuse!

4/ Y'a quoi comme tâches dans vos classes? Parce que moi leurs tâches en ce moment ils ne les font plus et quand nous avons abordé le problème en conseil de classe l'excuse c'est "oui mais comme on est trois par tâche, on croit toujours que l'autre va le faire"... alors si je pouvais me débrouiller pour avoir seulement deux élèves par tâches ça serait super. Sauf qu'il faudrait que je trouve des tâches supplémentaires!

5/ Vous faîtes comment pour que les élèves qui ont fini leur travail puissent accéder à des activités d'attente sans que ce soit tout de suite le bordel avec du bruit et des va-et-vient insupportables? Parce que j'avais opté pour un coin ordinateurs, des fiches d'activités, la possibilité d'aller à la bcd... et au final ça se résume au cahier de dessin, seule activité qui ne dégénère pas! C'est vraiment dommage.

Pourquoi ce post à l'air d'un appel au secours? Sans doute parce que c'est un peu l'idée. Après quinze jours de vacances je n'arrive pas à me remotiver pour m'attaquer à tous les soucis restés en vrac dans la classe. J'ai l'impression que c'est sans fin. On règle un truc, mais ça ne va jamais vraiment, et y'a toujours autre chose qui cloche juste derrière! Du coup ça me donne pas des masses envie de faire un effort. Déjà que va falloir préparer la semaine et réfléchir un peu à cette nouvelle période... j'en ai marre à l'avance!

Et ben ça promet...

17 février 2009

Alors ça pour une nouvelle...

Catégorie: Evènements

... c'est une bonne nouvelle! Enfin je crois. Reste à voir la mise en pratique. Mais pour le moment, je préfère rester optimiste et voir le bon côté de la chose.

Car je n'en ai pas du tout parlé jusqu'ici, vu que rien n'était sûr, vu qu'on en parle déjà depuis un an et que l'année dernière nous avions essuyé un refus catégorique, j'avais préféré taire la chose. Moyen aussi de ne pas trop y penser. Mais voilà, c'est arrivé. C'est officiel, officiellement officiel. Donc sûr de sûr. Et d'un coup je vois mon horizon professionnel s'élargir un peu plus et surtout s'éclaircir.

Puisque cette fois, on y est: une troisième classe ouvrira à l'école à la prochaine rentrée.

A moi le double niveau!

*Soupir de soulagement*

Corrigé par Eddie à 22:46 - Evènements - Gribouiller au tableau? [2]

17 janvier 2009

La cité des enfants perdus

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Les deux premières semaines de cette nouvelle année avec mes petits sont plutôt speed, pleines, épuisantes mais on fait semblant de ne pas s'en rendre compte, je préfère voir les réussites que toutes ces petites choses qui continuent de se barrer en c***.

Je préfère voir A., mon grand dadet de CM2 agité en permance, qui a reçu mon avertissement 5 sur 5 et qui depuis ces derniers jours fait des efforts de titan pour se tenir à carreau, fier comme un paon quand je l'en félicite et l'en remercie. Parce que je l'ai prévenu: "si tu mets pas la pédale douce, toi et moi on va s'attraper, je m'attrape pas souvent avec mes élèves, mais crois moi tu m'as jamais vu en colère". Mon coup de gueule version "je te le dis cash yeux dans les yeux" a bien fonctionné avec lui. Il est intelligent. Je lui donne du respect. Je lui demande du respect. Il a compris. Il m'en donne en retour. Et je sais qu'il est sur la bonne voie.

Je préfère ne pas voir B., gamin de CE2, qui oublie ses cahiers tous les jours et qui fout rien en classe - deux heures pour copier 10 lignes - même que trois rendez-vous avec sa mère n'ont rien changé, parce qu'il est tellement brillant ce petit, juste tête en l'air, parce que c'est sa propre mère qui jette ses poésies à la poubelle, que visiblement elle trouve pas ça grave, que si si elle surveille quand il fait son cartable hein elle comprend pas pourquoi il a pas ses affaires, qu'elle ne signe jamais les mots que je lui mets dans le cahier ah bon y'avait un mot?... après tout il est intelligent si vous saviez. Ben non, je sais pas justement.

Je préfère voir A., gamin surdoué pour de vrai celui là, qui a commencé l'année sur les chapeau de roue, qui hurlait au lieu de parler, bordélique comme pas possible, son bureau littéralement envahi par toutes ses affaires en vrac toute la journée, jusque par terre, qui n'avait pas une once de concentration et une écriture affreuse, aujourd'hui complètement changé, calmé, qui lève le doigt pour parler et sait même chuchotter, qui commence à ranger ses affaires correctement, tout seul, sans que j'ai rien à dire, qui écrit désormais vraiment bien, une vraie révélation pour sa maman d'ailleurs, et qui a gagné en sérénité, tout simplement.

Je préfère ne pas voir H., élève qui se moque totalement de l'école, dont les parents refusent systématiquement le soutien scolaire et me font porter le chapeau pour ses difficultés, tellement larguée la gamine, qu'elle passe son temps à copier sur ses camardes et à jouer avec ses stylos ou ses barettes, ne comprend rien, pas étonnant, elle est en CM1 avec le niveau d'un élève de CE1! Je ne peux pas faire grand chose pour elle, il lui faudrait un enseignement vraiment adapté pour reprendre ne serait-ce que les bases de la lecture, mais moi je n'ai pas le temps. Tristement vrai. Et dès que je tente de mettre quelque chose en place pour elle, ça dégénère, parce qu'elle ne veut pas être considérée à part, parce que ses parents n'arrête pas de me dénigrer et de la traiter comme le vilain petit canard. Il lui faudrait un suivi psychologique, mais là encore, les parents font barrage. Peine perdue... avec elle je ne sais plus vraiment quoi faire.

Je préfère voir L., gamine en grande difficulté mais qui s'accroche elle, qui se décarcasse même quand elle est paumée au milieu de la pampa des fractions ou des groupes nominaux, qui ne lâche jamais le morceau, qui essaie de comprendre tellement fort que forcément, je sais qu'elle fera quelque chose de sa vie, pour peu qu'on l'encourage dans son obstination. Qui sait qu'elle a des lacunes, des grosses lacunes, puisque je le lui ai clairement dit, mais qui a aussi entendu quand j'ai ajouté que dans la vie, il ne faut jamais lâcher, que c'est comme ça qu'on garde la tête de l'eau. Je la regarde surnager avec cette détermination impressionante, et quand je sens qu'elle coule un peu, je tends la perche. Elle je l'emmène tranquillement vers la suite sans trop me faire de soucis, parce qu'elle fait sa partie du job, et ses parents aussi.

Je prefère ne pas voir M., petite de CE2 qui ne comprend rien à ce que nous faisons en classe, qui se contente de singer ses camarades, qui à la récréation joue avec les petits de CP plutôt qu'avec les camarades de son âge, qui me regarde en coinçant sa langue entre ses dents quand je lui parle, incapable de me répondre, tellement discrète que la plupart du temps je finis par l'oublier, tellement muette que j'en viendrais presque à souhaiter qu'elle bavarde en classe, histoire de l'entendre un peu, de la voir vivre un peu.

Je préfère voir N., forte tête de CM1, dont la maman m'a plusieurs fois mis en garde, sous entendant que je n'arriverais jamais à rien avec lui et qu'il finirait en pension, puni de récréation une bonne partie du temps, avec qui aussi je me suis gravement pris le bec avant les vacances, là aussi version "je te cause cash yeux dans les yeux", lui disant texto que s'il continuait à me prendre pour une conne, il allait pas être déçu du voyage et que c'est lui qui allait de trouver bien con à l'arrivé, que d'accord j'étais une maîtresse sympa, mais que si je pétais un plomb, ça allait chauffer pour sa tête. L'intimidation a du bon parfois. Faut croire que dans ces moments là je dois pas avoir l'air fine, parce que depuis c'est littéralement un ange. Plus une seule punition en classe, il fait même du zèle, tenant extrèmement bien ses cahiers, participant en classe, recherchant mon approbation avec un peu d'appréhension dans les yeux. Un vrai bonheur. La prochaine étape c'est de lui faire prendre confiance en lui, pour de vrai, maintenant qu'il a compris qu'il pouvait bien faire.

Je prefère ne pas voir C., gamine perdue de CM1, totalement à la ramasse, avec la vivacité d'esprit d'un bulot, et l'envie de s'en sortir d'une fougère. Quoi que, même la fougère est plus prolifique que cette gamine. Totalement pourrie et adulée par ses parents gâteux, elle ne fait aucun effort intellectuel, même pas celui d'écrire son prénom correctement, alors qu'elle en a les capacité. Elle attend qu'on lui fasse tout, y compris qu'on pense pour elle. elle est juste posée là dans la classe, à attendre. J'ai tenté de la secouer dans tous les sens, ar tous les moyens, rien ne prend. Elle est comme de la gelée. Sur le coup elle remue bien, on se dit que c'ets bon, ça y est, on a démarré quelque chose, on tourne le dos un instant et blop, elle a repris sa forme de base: un gros tas inerte. Elle me désespère littéralement.

Je préfère voir ceux de mes élèves qui font des efforts énormes, chaque jour, pour changer, pour s'améliorer, pour ne pas déccrocher, pour rester dans la course, ces gamins qui essayent, qui se battent, qui ont envie et qui le montrent. Je préfère voir ceux là plutôt que tous ceux pour qui je n'y arrive pas, ceux face à qui je suis perdue, intuile, impuissante. Ceux que je n'aide pas. Que je regarde dériver, inéxorablement. Je préfère voir ces parents qui sont derrière leur enfants, qui s'inquiètent, qui les accompagnent, qui prennent du temps, qui font eux aussi des efforts, qui font parfois des sacrifices, qui me font confiance, qui m'aident à bien faire mon travail. Je préfère voir ces gamins à qui je suis utile, ces gamins que j'arrive à relever, à emmener, à pousser, à intéresser, à enrichir, à prendre confiance en eux, en ce qu'ils sont capables de faire, ces gamins que j'arrive à aider. 

Parce que les autres me hantent comme un crime.

13 janvier 2009

A bon entendeur...

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Je ne parlerai pas des évaluations de CE1 et surtout pas de celles de CM2.
Je ne parlerai pas de la prime que je ne toucherai pas pour faire passer et corriger ces évaluations.
Je ne parlerai pas du soutien scolaire mis en place le soir après la classe.
Je ne parlerai pas des nouveaux programmes de cette année.
Je ne parlerai pas des réunions pédagogiques du mercredi et des heures de formations.
Je ne parlerai pas du taux zéro de redoublement, pardon de "maintien".
Je ne parlerai pas des heures de préparations tard dans la nuit.
Je ne parlerai pas des effectifs dans les classes, du triple niveau qui compte comme une seul.
Je ne parlerai pas, non, je n'en parlerai pas.

Parce qu'il y aurait tellement à dire, et j'ai pas envie d'y passer des plombes.
Parce que ceux qui écoutent savent déjà.
Parce que ceux à qui je voudrais le dire, eux, n'écoutent pas.

Je n'en parlerai pas.

Mais tout le monde a bien compris.

23 décembre 2008

Et avec ça, ce s'ra tout?

Catégorie: Organisation et gestion de classe

Mon cadeau de noël en tant que maîtresse c'est... deux nouvelles inscriptions. Je ferai donc ma rentrée de janvier avec 29 élèves - une CE2 et un CM1 en plus. Youpi.

La question fondamentale qui se pose, c'est surtout de savoir où je vais les mettre, vu que ma salle de classe ne s'agrandit pas elle, bien au contraire: grâce à Baloo on a réussi à avoir des ordinateurs, de récup certes, mais pas trop merdiques, et j'ai donc deux autres nouveaux pensionnaires dans la classe!

Il a fallu aménager, un peu en catastrophe c'est vrai, un petit coin informatique ce qui m'oblige à revoir toute l'organisation de la classe si je veux arriver à caser tout le monde. Pour le moment, je m'estime en vacances bien méritées, donc je n'y réfléchis pas. Mais je sais qu'il va absolument falloir que je prenne plusieurs jours pour préparer ma classe avant la rentrée, et à mon avis une de ces journée sera entièrement dévolue à un réaménagement de l'espace!

L'avantage de ces deux nouvelles inscriptions, c'est la futur ouverture de classe qui commence à paraître inévitable. On en parle depuis l'année dernière déjà, et on avait déjà demandé une ouverture pour cette année, mais notre effectif était trop limite. Là par contre, vu les chiffres, il semblerait bien qu'on ne puisse pas nous la refuser. Ce serait vraiment aberrant. Reste que rien n'est jamais gagné - et de la part de l'académie rien ne me surprend plus - donc je ne m'avance pas. Mais je rêve secrétement des futurs changements que ça apporterait, le plus important d'entre eux étant la disparition de nos deux triples niveaux pour passer à trois classes doubles niveaux. Une vraie bouffée d'oxygène...

Je garde ça en tête tandis que je me demande ce que va donner ma classe avec 29 élèves. Je trouvais déjà l'effectif très limite, j'avais déjà du mal à gérer, à ce que ça garde un visage humain, une ambiance vivable, et que je n'y laisse pas ma peau, mais alors là... Surtout que des nouveaux en cours d'annnée, ça veut dire tout réexpliquer, ça veut dire des élèves qui ne tournent pas et qui empêchent la classe de tourner parce que toujours à la traîne, toujours en décalage, pendant un petit moment dumoins, le temps qu'ils s'y fassent. Ils ne connaissent pas nos rituels, mes habitudes, mes façons de faire, et dieu sait que dans un triple niveau, c'est vital!

J'angoisse donc un peu, et je crois que je vais tabler sur un grand remaniment en général. De la même façon que je vais devoir revoir l'organisation de l'espace, je vais sans doute aussi refondre le système de discipline, disons plutôt l'affiner, revoir l'emploi du temps, et quelques autres points clefs du style les activités d'attente. Il faut aussi que je prenne une décision au sujet des projets...

Autrement dit, du boulot, du boulot, du boulot.

Et je rêve à mon double niveau...

17 décembre 2008

La magie de noël

Catégorie: Evènements

Fête de noël passée - et plutôt bien passée - aujourd'hui à l'école. Et j'ai survécu. Fête de noël sans père noël, qui ne viendra que vendredi, dernier jour. Sauf que les gamins, même les plus grands, ont passé leur journée à ma demander si le père noël venait aujourd'hui. Question sous-entendue là dedans: est-ce qu'on aura nos cadeaux aujourd'hui?

Ah oui parce que je précise pour ceux qui n'en n'ont jamais fait l'expérience, mais dans les petites écoles de campagne visiblement - parce qu'il a fallu que j'atterrisse en pleine campagne pour découvrir ça - il est de tradition que les municipalités offrent des cadeaux aux élèves pour noël. Notre mairie a donc officiellement un budget noël pour les enfants et a également la délicatesse de laisser à nos bons soins le choix des cadeaux en questions.

Et donc, autant vous dire que les gamins attendent ça avec impatience! Sauf que pour les maîtresses c'est le casse tête, entre d'un côté les élèves qui croient encore au père noël et dont on ne veut pas briser le rêve abruptement, et ceux qui n'y croient plus et qui ont justement tendance à claironner leur savoir souvent tout frais sous le nez des premiers. Et nous on jongle, en expliquant que le vrai père noël on ne le voit jamais, que ceux des supermarchés sont juste là pour le remplacer en attendant, que non ce n'est pas être bébé que de croire au père noël, que si la maîtresse elle croit aussi au père noël...

Reste l'implacable logique des enfants, vous savez, cette logique qui leur fait régurgiter la vérité dès qu'ils savent parler aussi facilement qu'ils régurgitent leur lait quand ils sont bébés. Et bien voilà. C'est cette logique là qui a poussé J. à prendre discrètement sa maîtresse - ma collègue - à part, pour lui faire part d'un truc qui le chiffonnait:

- Mais maîtresse, vous nous dites qu'il faut pas mentir, mais vous vous nous mentez avec le père noël...

Oui je sais, c'est un grand classique des enfants. Et que répondre à ça? Ma collègue, n'étant pas préparée, est restée muette et a botté en touche. Et puis elle m'a soumis la question, à table, entre le poulet et les nouilles. Stoïquement je me suis mise à sa place, et je lui ai fait la réponse que j'aurai sans doute faite spontanément au gamin, si c'est à moi qu'il avait posé sa colle. Reste que ma réponse est très liée à ma vision de la vie, ma philosophie personnelle, et ce que représente noël pour moi.

Le père noël, ce n'est pas un mensonge. En réalité, le père noël existe vraiment, en chacun de nous. Pas sous la forme d'un gros bonhomme rouge et débonnaire qui se pointe une fois l'an pour rincer tout le monde en cadeau. Non. Mais sous la forme d'un espoir. D'une bonté. Le père noël c'est l'espérance que nous avons en chacun de nous que quelque chose de bien peut nous arriver, sans raison. C'est l'espoir de la chance. Le père noël c'est ce qui nous fait jouer au loto, croire au grand amour, c'est ce qui nous fait penser que oui on pourrait finir par publier le livre qu'on écrit, que oui un jour on pourra s'offrir le treck dont on rêve sur les pistes de l'himalaya. Le père noël c'est cette faculté psychologique qu'ont les êtres humains de penser que la vie est juste, et que même quand il nous arrive des bévues, forcément, quelque chose de bien doit venir après, comme si la vie nous le devait. Le père noël c'est ça, cette résistance, cette force à croire que la roue tourne, cette force qui permet d'avancer, cet espoir à toute épreuve, qui défie la raison, cet espoir d'un cadeau, d'une offrande, d'une petite chose gratuite, qu'on aura attendu longtemps ou même pas imaginée. Le père noël c'est ça: une espérance qui n'a pas de prix, pas de fin, que nous portons en nous, chacun, depuis l'enfance. Laisser les enfants croirent au père noël ce n'est pas les bercer de jolies histoires, ce n'est pas seulement du folklore, c'est aussi leur apprendre ça: dans la vie, il y a des cadeaux qui sont inespérés, offerts quand on ne s'y attend pas, il y a des cadeaux qu'on espère toute une vie, qui ne viennent jamais, mais qui pourtant vous tiennent chaud comme aucun autre, il y a des cadeaux de rien qui sont de grandes valeurs, il y a des cadeaux qui guérissent le temps d'un moment. Dans la vie, il y a des cadeaux.

Voilà pourquoi il n'y a rien de plus exeptionnel que les yeux brillants d'un enfant devant ses cadeaux de noël, pour peu qu'on les accompagne de ça, de cette magie, de ce mystère, de cet espoir, loin des dérives mercantiles et consumméristes. Parce que ces étoiles dans leurs yeux, c'est aussi de la confiance en la magie de la vie, en la vie elle même.

Si J. m'avait posé la question à moi, je lui aurais expliqué cela, avec des mots simples. Que le père noël c'est l'espoir. Que quand on grandit on continue d'avoir de l'espoir, des espérances, des attentes. Qu'on appelle plus ça le père noël, mais que ça fait rêver pareil, qu'on attend pareil, que parfois les cadeaux sont très chouettes, que parfois on est un peu déçu. Que quand on est grand, on se rend compte que c'est la vie qui fait des cadeaux. Que tout simplement, c'est la vie. Et que le père noël c'est pas un mensonge, c'est juste un personnage merveilleux qu'on a inventé pour les enfants, pour leur montrer que la vie peut aussi être magique parfois, pour de vrai.

Je ne sais pas si ma réponse l'aurait satisfait. Mais en tout cas, voilà pourquoi je peux en les regardant dans les yeux et avec le plus grand sérieux dire à mes élèves que oui, je crois au père noël.

Tout simplement parce que c'est vrai.

Corrigé par Eddie à 00:04 - Evènements - Gribouiller au tableau? [3]

22 novembre 2008

Silence on tourne...

Catégorie: Organisation et gestion de classe

Un des trucs qui peut vous pourir la vie d'une classe, son ambiance et sa productivité avec, c'est bien le bruit. De l'époque où j'étais élève, je garde le souvenir d'une classe absolument silencieuse où il était interdit de se lever sans permission. Mais aujourd'hui les classes sont bien plus vivantes - parfois trop! - et franchement, quel maître ou maîtresse ne passe pas son temps à demander régulièrement le silence?!

C'est sans doute encore pire dans un multiniveau, d'autant que cette année j'ai presque trente élèves, et pas des plus disciplinés! Après avoir commencé l'année avec quelques problèmes de mal de gorge, j'ai du me résoudre à chercher des solutions concrètes et efficaces - c'est à dire oublier le fameux "parler en chuchotant et ils se tairont" parce que sérieux, si je m'étais tenue à ça j'y serai encore! - de vraies solutions donc pour avoir le calme et une atmosphère studieuse.

En farfouillant sur le net et en bavardant avec des collègues, j'ai trouvé plusieurs astuces qui fonctionnent bien, d'autres que je n'ai pas testé mais qui peuvent servir. Petit tour d'horizon des clefs du silence, en commençant par ceux que j'utilise dans ma classe!

La clochette:
Parfois les élèves partent dans leurs discussions, à l'ocasion d'un changement d'activité, d'un petit temps mort parce que vous ne retrouvez pas le tas de photocopies à distribuer, parce que vous avez un apparté avec un élève en particulier, et ils oublient totalement qu'ils sont en classe. Ils sont dans leur petit monde, relâche la pression et tout de suite le niveau sonore devient tel que pour passer au dessus d'eux vous allez devoir hurler, sinon ils ne vous entendront même pas - parce que oui trente gamins qui parlent fort et rient et se chamaillent, dieu sait que ça en fait du bruit! J'en ai eu marre de devoir pousser des gueulantes pour qu'ils se rendent compte que je les attendais donc j'ai trouvé quelqu'un pour hurler à ma place: une jolie petite cloche en laiton. En fait c'est même mieux car elle ne hurle pas vraiment, elle tinte avec un son clair et agréable, un son qui passe par dessus le brouhaha sans problème et sans agresser les oreilles de personne. Les élèves stoppent immédiatement leur chahut et se tourne vers moi. Je peux alors reprendre avec ma voix posée, sans avoir eu à l'écorcher pour obtenir le silence et leur attention! Et dans les cas où c'est vraiment le bronx, j'agite violemment ma clochette sans m'arrêter jusqu'à ce qu'ils se taisent tous... là elle finit forcément par leur taper sur les nerfs et ils se taisent, me fixant pour que je mette fin à ce tintamare. Pour une fois que c'est eux qui attendent que je fasse le silence... Merci donc à la fée clochette!

Le feu tricolore:
Ca fait partie de ce qui est nécessaire à des bons apprentissages: varier les modalités de travail. Parfois on demande à nos élèves de travailler seul et en silence, parfois ils travaillent en binôme, d'autres fois en groupe de 4 ou 5, voir en grand groupe ou en groupe classe comme on dit. A chaque modalité correspond un degré de bruit et un mode de communication qu'il n'est pas facile de faire respecter aux élèves. J'ai donc mis en place dans ma classe un système de signalisation qui indique et rappelle aux élèves dans quelle configuration ils se trouvent. J'ai découpé trois gros ronds de couleur - rouge, orange et vert - reliés ensemble par une ficelle de sorte que je peux les alterner, et que j'accroché au tableau. En fonction du travail que nous sommes en train de faire, je donne le ton: vert c'est le droit de parler normalement (avec interdiction de hurler!), orange c'est le droit de chuchoter, et rouge vous l'aurez deviné c'est silence absolu. Ayant un triple niveau j'ai adapté en faisant un feu pour les CE et un feu pour les CM. Mais on peut aussi envisager la même chose dans une classe simple niveau si vous faites des travails de groupe. L'avantage du système c'est que les enfants ont une indication claire et permanente juste sous leurs yeux de ce qu'ils ont le droit ou pas de faire: la règle est concrète et stricte pour eux et donc plus facile à respecter. Ca évite de devoir sans arrêt rappeler "on ne parle pas, vous devez chuchoter, je vais punir". A la limite, j'ai juste à dire "feu orange" et hop ils baissent le ton. Un vrai bonheur...

L'alarme:
Chance ou malchance - ça dépend où on se place - je suis une maîtresse qui supporte très bien le bruit. J'ai un degré de tolérance au brouhaha qui est plutôt très élevé, et donc je ne me rends pas forcément compte que parfois, trop c'est trop, et surtout que certains élèves supportent beaucoup moins bien le bruit que moi. Nous avons donc décidé de mettre en place une alarme au bruit. Il s'agit d'un tambourin - on peut choisir tout sorte d'instrument, voir même les varier! - qui est accroché au tableau à disposition de tous. Quand un élève trouve qu'il y a trop de bruit, il se lève et va sonner l'alarme. Il a été convenu que si l'un d'eux sonne l'alarme, tout le monde doit immédiatement faire le silence, et les contrevenants sont punis. Le silence me permet alors de rappeler la règle: soit on chuchote, soit on fait silence etc... et le travail peut reprendre sur de bonnes bases. Si après une première sonnerie de l'alarme, le bruit recommence et qu'un nouvel élève sonne de nouveau l'alarme, c'est la tête dans les bras pour tout le monde, histoire de revenir au calme pour de bon. Si les élèves sont d'abord timides lorsqu'ils s'agit d'aller sonner l'alarme - parce qu'il faut aller au tableau devant tout le monde et qu'on va forcément se faire remarquer - ils comprennent vite que c'est un bon moyen d'expression. Attention quand même au début à être clair sur le fait que ce n'est pas un jeu et à indiquer chaque fois qu'on sonne l'alarme si cela a été fait à bon escient ou non. Après un petit temps d'adaptation, cette alarme permet de bien gérer les débordements. C'est un peu comme la clochette, mais à disposition de tous, et donc ça rend les élèves acteurs du respect du silence! Le sablier

Le sablier:
Quel maître ou maîtresse n'a pas des élèves trop longs à se mettre en rang, toujours trop bruyants, bavards et agités chaque fois qu'on rentre en classe, qu'on change d'activité? J'en avais marre de devoir attendre des plombes à chaque retour de récré ou chaque fois que je demandais de prendre le cahier de texte, donc j'ai opté pour le sablier. Désormais, ils ont le temps du sablier (le mien dure trois minutes) pour faire ce que je leur ai demandé et faire silence... sinon il y a sanction. Et ça marche! C'est un travail d'équipe à chaque fois, les plus rapides motivants les plus lents, les plus calmes rabrouants les plus bruyants, au cri de "Le sanglier tourne!"... jeu de mot qu'ils ont spontanément adopté et qui est comme un cri de raliement. Mine de rien, grâce à quelques grains de sable, je gagne un temps fou, et j'obtiens le silence plus rapidement.

Les perles:
J'ai couplé cette astuce avec la précédente: chaque fois que les miens arrivent à s'exécuter et à faire silence avant que le dernier grain de sable soit écoulé, ils remportent une perle. J'accumule les perles gagnées dans un petit tuyau de plastique accroché à mon bureau, de sorte que les gamins voient le niveau des perles monter. Le deal étant le suivant: s'ils arrivent à remplir le tuyau de perles, ils gagnent un petit plaisir. Pour le moment dans la liste des petits plaisirs ils ont évoqué la possibilité d'un goûter, d'une chasse au trésor, d'une sortie, la possibilité de faire des jeux en classe, d'acheter des jeux pour la récréation... croyez-moi ils ont plein d'idées, et certaines sont tout à fait envisageables! A contrario, si je n'ai pas le silence ou s'ils ne sont pas tous prêts au moment où le dernier grain de sable s'écoule, je menace de retirer une perle du tuyau. En général, l'effet est immédiat, le silence tombe comme une chape de plomb. Oui je sais, je les fais marcher à la carotte, mais franchement, puisque ça marche, pourquoi s'en priver!

Le gonflomaître/gonflomaîtresse:
Affiché au tableau, cet instrument qui ressemble à un gros thermomètre permet aux élèves de visualiser le taux d'énervement de leur maître ou maîtresse (véridique et observé dans une école!) et donc de moduler leur comportement en fonction. En gros, chaque fois qu'ils dépassent la limite, vous augmentez le gonflomaître d'un cran, en ayant pris soin d'expliquer avant aux élèves quelle sanction ils encouraient quand le gonflomaître atteignait le maximum (punition, récré diminuée, etc...). Personnellement je n'utilise pas encore cette astuce, mais elle me tente bien car ainsi ils ne peuvent pas dire qu'ils n'ont pas été prévenu. Je me dis que sur une semaine, pour les trucs vraiment casse-pied, ça peut être sympa de pouvoir monter les crans. De même que ça peut être sympa de les descendre quand ils font quelque chose de bien, pour leur montrer qu'on est content d'eux, qu'ils ont fait ce qu'il fallait, et tenter de renforcer les comportements positifs en les identifiant.

Le jeu du pendu:
Il y a deux versions, la répressive et la positive, qui peuvent même se combiner entre elles. Il s'agit en fait de jouer avec les lettres du mot Recréation.
Si vous préférez opter pour le mode positif: chaque fois que les élèves font le silence rapidement quand vous le demandez, vous ajouter une des lettres au tableau. S'ils arrivent à reconstituer le mot récréation en entier, ils gagnent 5 minutes de plus en récréation.
Si vous optez pour le mode répressif: vous écrivez le mot récréation au tableau, et chaque fois qu'ils ne font pas le silence, vous effacez une lettre. Si vous effacez tout le mot, les élèves sont privés de récréation.
Si vous souhaitez combiner les deux: vous pouvez choisir d'effacer les lettres quand ils sont pénibles, et d'en rajouter quand ils font des efforts.
Personnellement je n'utilise pas non plus cette astuce, le reste fonctionnant assez bien avec les miens. Mais une des mes collègues est une adepte, et ça fonctionne plutôt bien dans sa classe.

Chuchoter, oui mais...:
Souvent, dumoins c'est vrai dans ma classe et je l'ai observé chez ma collègue de cycle 2 également, les enfants ne savent pas chuchoter. Je l'ai donc fait remarqué à mes élèves, et en conseil de classe ils ont suggéré "maîtresse il faut nous apprendre à chuchoter". Qu'à cela ne tienne! Ils ont bien raison: après tout quand on ne sait pas, on apprend! J'ai donc mis en place plusieurs jeux. Le jeu du secret: je chuchotte un secret à l'oreille d'un élève, qui doit le répéter à l'oreille d'un autre, en chuchotant bien sûr, mais sans se protéger avec les mains. Un troisième élève placé un peu plus loin fait l'espion. Cela doit être compréhensible pour celui qui écoute, le secret ne doit pas être déformé, mais l'espion lui ne doit pas entendre. Le jeu des voleurs: je ferme les stores, et je leur demande d'imaginer qu'ils sont des voleurs dans un grand chateau qui résonne beaucoup. Je lance alors la discussion en le mode chuchotement sur "Qu'allons nous voler? Ce vase? Ce tableau?" et ils partent dans leurs délires "Ah non, ce coffre! Ces bijoux maîtresse! On vole les lingots! On prend tous les tapis!" L'avantage c'est que l'exitation aidant, ils ont tendance à vouloir lever la voix... je me mets donc à côté de l'interrupteur, et s'ils arrêtent de chuchoter et qu'ils parlent trop fort j'allume la lumière d'un coup: "Pris par le gardien! Vous êtes trop bruyants!"... inutile de dire qu'ils adorent! On peut imaginer des tas d'autres jeux où il s'agit de chuchoter, et même les coupler avec des jeux de voix où il s'agit de moduler le niveau sonore. On trouve ce genre de jeu en théâtre ou en musique pour le travail de la voix... du coup, hop, d'une pierre deux coups: on apprend à faire silence et on bosse l'expression orale!

Voilà pour la plupart de mes trucs de silence... j'en oublie peut être mais le cas échéant, je les rajouterai dans un prochain post. Car en matière de silence, je crois qu'on n'a jamais fait le tour de toutes les méthodes possibles! D'ailleurs, si vous avez des trucs, n'hésitez pas à laisser un commentaire!!!

21 novembre 2008

Ah ben toi aussi?...

Catégorie: La salle des maîtres

Je mets pas souvent de liens vers les blogs des collègues, mais là franchement, suite à son commentaire j'ai été jeter un oeil... et j'ai rigolé pendant une demi-heure! Ca vallait bien un petit coup de pouce et donc à venir: un post sur mes trucs pour avoir le silence en classe (je garantis pas que ça marche avec des terribles-terribles, mais ça vaut le coup d'essayer)!

En attendant, allez rigoler vous aussi: Teacher's Life par Aldysse

Corrigé par Eddie à 23:37 - La salle des maîtres - Gribouiller au tableau? [0]

Etre et avoir

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Ce matin, évaluation de conjugaison pour mes CE2/CM: conjuguer les verbes être, avoir, faire et aller, au présent de l'indicatif.

Cela peut paraître simple comme ça, mais sur 27 copies, ben y'en a pas une de juste.

J'ai eu droit à des "je es" à la place des "je suis", des "tu aves" à la place de "tu as", "vous étez", "nous fairons", mais le pompon va quand même au verbe aller, avec quasi à l'unanimité un trio gagnant "j'alle, tu alles, il alle"...

Je précise quand même qu'ils ont ces verbes à apprendre depuis des semaines, que régulièrement dans les exercices je leur demande si "j'alle" ça existe... et ben visiblement oui. Ou alors c'est juste qu'ils réflechissent pas?

Quand je vous dis qu'ils me désespèrent.

Si j'avais un marteau...

Catégorie: La vie de la maîtresse

La fatigue aidant, j'ai beaucoup de mal ces derniers temps à supporter les petits défauts et les petits dérapages quotidiens des gamins. Je leur en demande beaucoup, ils en donnent autant qu'ils peuvent, et je ne suis jamais satisfaite. Pourtant dieu sait si quand j'observe tout ça avec un peu d'objectivité je me dis que j'ai une classe qui tourne drôlement bien, que les gamins sont épatants, et que pour une jeune T3 se dépatouillant avec un triple niveau un peu chargé je m'en sors plutôt bien.

Sauf que je suis rarement objective, et ces derniers temps, je désespère devant ma désorganisation générale, devant les paquets de copies qui s'accumulent, devant tout ce qu'ils devraient savoir et qu'ils ne savent pas, devant leur peu d'enthousiasme parfois, devant les répétitions et les coups de gueule qui n'en finissent pas, devant l'agitation que je trouve constante, devant ces horaires que je ne tiens pas, ces projets que je n'ai pas, devant mon propre manque de motivation, tout simplement.

Je me sens débordée, blasée même, à tel point que ces derniers temps je cogite carrément sur "que pourrais-je faire d'autre si je n'étais pas maîtresse?" tellement j'ai l'impression que je ne vais pas pouvoir continuer comme ça longtemps. Je me sens assez isolée dans ma pratique professionnelle. Avec un goût amer en arrière bouche, rapport à toutes les réformes dont on nous mitraille à longueur de temps, et avec lesquelles on nous laisse nous démerder, dans un mépris ambiant. Parce que je sais pas pour les autres collègues, mais moi perso, rien que la demi-heure de soutien en plus tous les soirs, elle me pèse deux tonnes dans ma journée...

Bref, perte de repères, perte de vitesse, y'a du crash dans l'air. Tout ce que je fais, tout ce que je mets en place n'est jamais suffisant, jamais assez, et les problèmes continuent de surgir, comme les taupes idiotes de ces jeux stupides sur la tête desquelles on n'a pas de temps de cogner qu'elles ont déjà réapparu dans un autre trou un peu plus loin. C'est à vous rendre dingue, tout simplement.

Et en ce moment mes élèves sont un peu comme des taupes...

05 novembre 2008

Second round

Catégorie: La vie de la maîtresse

Demain c'est la rentrée après ces vacances de Toussaint qui n'ont absolument pas été reposantes. Pourtant il va falloir tenir jusqu'à noël... Noël. Rien que le mot me colle des sueurs froides. Noël ça veut dire spectacle, marché de noël, branle-bas de combat, et agitation permanente des gamins qui va aller créchendo durant ces quelques semaines - oui parce que chez nous les décorations de Noêl sont installées dès les vacances de la Toussaint dans la plupart des familles!

Et donc dès demain les marmouts n'auront qu'un mot à la bouche: Noël. Détrompez-vous herin, j'adore Noël! Mais n'étend absolument pas zen en ce moment, et étant il faut le dire plutôt fatiguée même après ces vacances, gérer la pression de Noël - et surtout pour ma part l'organisation du marché de Noël qui ramène une bonne partie de l'argent de notre coopérative scolaire, ce qui en fait une manifestation absolument nécessaire et qu'il ne faut pas foirer - gérer cette pression donc me parait... épuisant. A l'avance.

Surtout que j'ai fini la période précédante - disons le franchement - totalement à la ramassage pédagogiquement parlant. Je n'ai rien fait de ce que je voulais, nous sommes à la bourre de chez la bourre dans le programme, c'est du n'importe quoi. J'aime pas quand ça part dans tous les sens comme ça. Je vais donc devoir sérieusement redresser le barre et surtout remettre un peu de rigueur là dedans. Et comme chacun sait, la rigueur, c'est franchement pas mon deuxième prénom. Ca serait plutôt bordel moi... Pression supplémentaire.

Beaucoup de travail sur la planche donc, mais je ne perds pas espoir. A chaque retour de période, je m'améliore un peu plus, je corrige certains défauts, je change certaines choses, j'affine, je repense. Jamais assez à mon goût, trop perfectionniste que je suis. Et c'est ça qui me désespère. Car même si ma classe tourne quand même plutôt bien, je suis toujours déçue.

La fatigue aidant, je vois les choses encore pires qu'elles ne sont. Il va pourtant falloir que j'arrive à rattaquer cette période bille en tête, en étant optimiste, je le dois à mes gamins. J'ai donc quelques idées sympas, et des bonnes résolutions en pagaye. Dans le tas que sais d'avance que pas mal vont rapidement passer à la trappe, mais je sais aussi d'expérience que quelques unes resteront et deviendront effectives. C'est minuscule morceau par minuscule morceau qu'on construit une classe et une pratique de classe - comme dirait mon conseiller péda - efficace. Il ne faut pas être pressée autrrement dit, sacrément courageux et plutôt persévérant, pour ne pas dire maso ou kamikaze! Parce que franchement, nous n'en sommes qu'à la deuxième période et j'ai déjà envie de hurler et de pleurer comme une gamine de 6 ans!

Mais y'a aussi une partie de moi qui ne veut pas lâcher l'affaire, heureusement! Sinon je crois que je n'aurais plus qu'à changer de boulot. Une partie de moi qui va retrouver ses élèves demain, et tenter de tenir la cadence, du mieux possible, et qui y arrivera sans doute beaucoup mieux qu'elle pense d'ailleurs, ça aussi je le sais d'avance...

En espérant que Noël ne la dévore pas toute crue.

18 octobre 2008

Sauf que...

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Histoire de contrebalancer le post précédent en montrant que je ne suis pas perdue dans une école imaginairement idylique, petit apercu de ce à quoi j'ai aussi droit à l'école...

Certains élèves ont des parents qui ne savent ni lire, ni écrire.
Certains élèves passent leurs crises de nerfs en hurlant à qui veut l'entendre "va te faire enc..., conn... de ta mère, sales fils de p..., je vais vous défoncer la g... enc...!".
Certains élèves ne connaissent pas leurs frères ou leurs soeurs parce que ceux-ci ont eu la malheureuse idée d'épouser "une personne de couleur".
Certains élèves ne font qu'un seul repas par jour: celui de la cantine.
Certains élèves trouvent normal qu'on les battent.
Certains élèves dessinent des croix gamées sur leurs ardoises.
Certains élèves coincent les filles aux toilettes.
Certains élèves portent des chaussures d'été même en hiver.
Certains élèves font plusieurs kilomètres à pied pour venir à l'école.
Certains élèves viennent à l'école quand les parents y pensent.
Certains élèves sont oubliés à l'école par leurs parents à qui l'on est obligé de téléphoner pour leur rappeler de venir les chercher.
Certains élèves ne comprennent rien à ce que l'on attend d'eux.
Certains élèves restent malades un moment sans aller chez le médecin.
Certains élèves sont sales, sentent mauvais, portent de vieux vêtements hors d'usage.
Certains élèves nous répètent que maman a dit que c'était une école de merde.
Certains élèves ont des parents qui nous traitent de sales fonctionnaires.
Certains élèves disent qu'ils ont envie de mourir.
Certains élèves ne savent pas ce que c'est un travail quand on leur demande quels travails font leurs parents.

Et pourtant, je m'en sors bien, et je ne changerai de place pour rien au monde pour le moment. Parce que je ne suis pas folle: finalement, c'est partout pareil.

Ou alors c'est pire.

16 octobre 2008

Vernie

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Quand je lis les blogs de mes collègues et que je parcours les forums d'instits, je me dis que vraiment, mes gamins sont adorables.

Les miens ils se taisent quand je dis de se taire, sans que j'ai besoin de hurler (je donnerai bientôt des tuyaux!).
Les miens ils ne m'insultent pas, je crois que ça ne leur viendrait même pas à l'idée.
Les miens je peux les laisser seuls dans la classe pendant 10 longues minutes, quand je reviens c'est comme si j'étais pas partie.
Les miens quand je fais une remarque, ils en tiennent compte.
Les miens quand j'interdis un truc, ils n'insistent pas.
Les miens ils bossent vachement beaucoup quand même, et ils font tous de gros efforts.
Les miens ils râlent jamais pour de vrai, juste pour faire genre, histoire de quand même.
Les miens ils rigolent de mes pitreries.
Les miens ne me répondent pas.
Les miens font leurs devoirs.
Les miens, quand ils ne s'aiment pas, ils se supportent quand même.

Alors oui quand même, ils sont casse-pieds, remuants, bavards, ça se chamaille, ça se chipougne, il faut répéter sans cesse mais franchement, à côté de ce que vivent certains de mes collègues, c'est rien. Et dire que je suis censée être dans une des pires circos du département, voir du pays, que quand j'ai demandé ce poste à l'iufm on m'a regardée comme si je demandais un poste à Bagdad, c'est à n'y rien comprendre!

En tout cas je crois que je vais pas bouger d'ici avant un bail moi...

03 octobre 2008

Tout est dans le détail

Catégorie: Mots d'Enfants

Comme je passe à côté de lui pour aller faire une photocopie alors que toute la classe est plongée en lecture silencieuse, un de mes élèves lève le doigt à la dérobade, se tortillant sur sa chaise. Je stoppe un instant et chuchotte:

- Oui T.? Qu'est-ce qui y'a?

- Je peux aller aux toilettes maîtresse?

Je ne réfléchis pas, je suis trop pressée et concentrée sur mes photocopies et en plus ce genre de question m'agace. Re-chuchotage pour ne déranger personne.

- Oui, vas faire pipi, dépêche toi.

Et je fonce vers la photocopieuse dans la couloir. Deux trois tapotage de touches, vlam vlam vlam, je reviens avec mes trois photocopies et passant à côté de T. je réalise qu'il est toujours à sa place, se tortillant pire que tout.

- Ben T., je t'ai dit que tu pouvais aller faire pipi!?

Sous entendu "qu'est-ce que tu fais encore là surtout que tu as l'air à la toture"... Et là le gamin me regarde, dans une crispation implorante, et chuchotte.

- Oui mais moi je veux faire caca...

J'ai bien sûr étendu la permission au caca, en essayant de ne pas exploser de rire.

Corrigé par Eddie à 20:57 - Mots d'Enfants - Gribouiller au tableau? [3]

Entre gens de bonne compagnie

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Dans la foulée de "ils n'écoutent rien ma pauv' dame" j'en remets une couche aujourd'hui avec une énorme crise de colère piquée cette après-midi après avoir laborieusement passé une demi-heure à faire la police pour leur faire copier 2 lignes de devoirs. Au sortir de ce bras de fer j'étais tellement mécontente que j'ai éclatée, furax, et qu'au lieu de me lancer avec eux dans la suite de notre travail d'arts visuels, je leur ai collé de l'écriture pour le reste de l'aprem, en leur disant que pusqu'ils ne faisaient pas d'efforts, et ben moi non plus.

Ils ont tirés la gueule et n'ont plus bougé une oreille. Le truc pénible, c'est qu'ils s'agitent tant que je ne leur ai pas personnellement fait la remarque de se taire, de se rasseoir, d'arrêter de traîner les pieds sous la chaise... Que je vienne de faire la remarque pour exactement la même chose au voisin?... Mais pensez-vous donc, ça ne les concerne pas, eux ils continuent de tranquillement bavarder, se lancer leurs stylos à la figure, couper leur gomme, j'en passe et le reste!

Alors cet aprem, avec le coup d'une demi-heure dans un bordel sans nom pour copier deux lignes de textes, à me retourner dans tus les sens pour les rappeler à l'ordre les uns après les autres, j'ai explosée. Bien sûr, il y a toujours les pauvres élèves qui n'ont rien fait, et qui écopent pour la majorité. Et c'est pas juste. Alors j'ai rusé. J'ai collé de l'écriture, certes, mais avec une peine graduelle. Les élèves les plus sages n'ont ainsi copié que le premier texte - un peu d'écriture ça ne leur fait jamais de mal - et ont pu ensuite aller à la bcd pour lire et jouer à des jeux pédagogiques. Les déjà un peu plus casse-pieds ont du copier un deuxième texte avant de pouvoir aussi avoir droit à la bcd et aux activités ludiques. Et ensuite, les très casse-pieds, eux je me les suis gardé bien vissés sur leurs chaises, textes à l'appui, jusqu'à la récré. Ma collègue étant déjà dehors dans la courre, j'ai mis les bons éléments dehors, et je suis restée en tête à tête avec les perturbateurs en tout genre: les lents, les têtes en l'air, les bavards, les faiseurs d'histoire, les "je-me-lève", les "j'ai-jamais-mes-affaires", les "je-m'en-fous" et là, j'y ai été franco. J'ai été claire sur le fait qu'ils nous mettent systématiquement en retard, chacun leur tour, chacun à leur manière, qu'ils perturbent systématiquement la classe, et que c'est inadmissible. J'ai été claire, et j'ai bien expliquée qu'à partir de maintenant, je ne répétais plus, plus rien. Que les punitions tomberaient direct. Ils étaient littéralement contris, minables, et j'espère bien que ce remontage de bretelles en règle aura son petit effet, au moins jusqu'au vacances de la Toussaint. Car je ne fais même pas d'illusion sur le fait qu'il faudra recommencer l'exercice très vite. Je les ai ensuite laissé copier encore un peu.

Je vous jure que j'avais une belle brochette là, assis tous penauds devant moi, le nez devant leur feuille façon boulet à la patte. C'est que ça fait les malins, ça n'écoute rien, et après ça s'étonne d'écoper la merde. Sérieux, je me demande comment ça se passe chez eux, quand je vois à quel point ils ont l'habitude de faire ce qu'ils veulent, sans conséquence.

Mais pas avec moi, pas dans ma classe.

Et à bon entendeur, j'ai mis tout le monde en récré. La maîtresse avec.

01 octobre 2008

Votre attention s'il vous plait...

Catégorie: Mots d'Enfants

Vu que durant ma première année d'exercice je m'étais fait remonter les bretelles par le capitaine des pompiers en personne sur le fait qu'on ne faisait pas les exercices incendie de rigueur, je peux vous dire qu'aujourd'hui c'est au programme de chaque début d'année, comme il se doit.

Avec ma collègue on avait donc fixé un jour et une heure, et à l'heure dite hier je la vois donc passer devant mes fenêtres. Oui parce que comme c'est une petite école, nous n'avons pas de sonnerie, donc la seule alerte incendie possible c'est le sifflet - rigolez pas c'est de rigueur - sauf que comme nos classes sont très éloignées l'une de l'autre, le sifflet on l'entend pas. On avait donc convenu que pour moi l'alarme c'était quand je la voyais passer devant les fenêtres de ma classe avec ses élèves.

Je prends alors ma voix la plus sérieuse et j'annonce:

"Posez-vos stylos et écoutez bien. On va faire un exercice d'alerte incendie. C'est comme si y'avait le feu, on va évacuer la classe. Vous laissez vos affaires comme ça et vous mettez en rang sans courir et sans crier. Dépêcher vous. Dans le calme."

Super pro. Mes élèves se lèvent, morts de rire bien sûr, se mettent en rang, ou plutôt en troupeaux, assez sérieusement quand même, pas de cri, pas de chahut, pas trop mal. Sauf deux trois que je vois farfouiller dans leurs casiers. Alors je m'énerve un peu.

- Mais vous faites quoi là, aller dépêcher vous, en rang, on laisse ses affaires j'ai dit!

Un des élèves en cause, très relax, relève le nez de son casier, les mains pleines de bazar.

- Mais maitresse attends, je cherche mes pokémons...

...???...

Alors là je m'énerve encore plus, j'le crois pas.

- Quoi?! Quels pokémons???!!!

Et son camarade juste à côté, l'air stoïque, genre la maîtresse elle suit rien.

- Ben maîtresse, on prend nos cartes, c'est la récréation!

Les bras m'en sont tombés, j'ai fait des yeux ronds comme si on j'avais pris un coup de poëlle derrière la tête et deux secondes plus tard - le temps que je réalise l'énormité de la bêtise - ma gorge s'est grande ouverte.

- MAIS C'EST N'IMPORTE QUOI VOUS ECOUTEZ QUAND JE PARLE J'AI DIT ALERTE INCENDIE ALORS DEPECHEZ VOUS BON SANG C'EST PAS POSSIBLE JE VAIS ME FACHER C'EST UNE ALERTE INCENDIE PAS LA RECRE VOUS ECOUTEZ RIEN CA M'AGACE EN RAAAAAAAAAAANG!!!!

Autant vous dire qu'ils se sont mis en rang en quatrième vitesse sans trop comprendre ce qui ce passait et que tout ce petit monde est sorti de la classe en se dépêchant.

Moi j'ai failli pas les suivre tellement j'en revenais pas. Depuis j'ai un doute.

Vous croyez qu'ils m'écoutent vraiment quand je parle?

Corrigé par Eddie à 20:21 - Mots d'Enfants - Gribouiller au tableau? [3]

25 septembre 2008

Oui mais...

Catégorie: La vie de la maîtresse

A voir tous les commentaires de soutien suite à l'annonce de la fermeture du blog, je me suis mise à douter. Comme je ne vais jamais voir mes stats, je n'avais pas vraiment réalisé que vous étiez nombreux à me lire, et surtout que j'avais de fidèles lecteurs qui prenaient vraiment plaisir à venir me lire régulièrement.

Du coup je ne sais plus trop... et dans le doute comme on sait, il vaut mieux s'abstenir. Je vais donc laisser un sursis à ce blog, voir si finalement je peux continuer à y poster, y trouver un second souffle, pourquoi pas.

En espérant que tout le monde n'est pas déjà parti...

22 septembre 2008

Finish

Catégorie: La vie de la maîtresse

Ce blog va fermer. D'ici quelques jours il sera tout simplement supprimé. Si vous avez des choses à y récupérer, c'est le moment!

Ces derniers temps le concept "blog de prof" s'est mis à me peser un peu, même beaucoup. Le peu de posts depuis la rentrée le montre bien je crois. Je me sens observée, et pas qu'avec bienveillance. Je n'aime pas le contexte, je n'ai plus envie de m'y exprimer et puis parler boulot franchement, j'en ai un peu marre.

Donc voilà, merci de m'avoir suivie, merci pour vos commentaires, et bonne route à tous!

12 août 2008

La chasse aux compliments

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Aujourd'hui j'ai enfin réussi à taper les fiches de compliments de mes élèves. Je m'explique...

Durant cette année, une des mes mamans d'élèves a laissé de manière anonyme un courrier dans la boite aux lettres de l'école, courrier qui relatait une petite histoire trouvée sur le net - sans doute une légende urbaine à mon avis - et sur le moment je n'ai pas trop su comment le prendre. Mais j'ai décidé de le prendre du bon côté, et au final j'ai trouvé l'idée plutôt bonne.

En fait, ce courrier suggérait de faire écrire à tous les élèves sur une feuille un compliment sur chacun de leur camarade, de recueillir tout ça de manière anonyme et d'ensuite restituer à chacun les compliments lui revenant. Je dois dire que je ne me suis pas pris la tête à analyser le truc en long en large et en travers: je trouve simplement que ça permet de montrer à chacun qu'il a des bons côtés, de redonner un peu d'estime de soi aux plus fragiles et de conforter les autres. ca fait toujours du bien de savoir que les autrres vous apprécient dans la vie.

Donc en fin d'année, j'ai demandé à mes élèves d'écrire les prénoms de tous leurs camardes sur une feuille et d'y associer pour chacun un ou des compliments, de laisser blanc si vraiment rien ne leur venait à l'esprit. Et mine de rien, la moisson a été plutôt bonne, puisque outre les traditionnels "il est sympa, elle est gentille" il y a aussi de sacré joli compliment dans le tas, et à l'arrivée, chacun y trouve son compte!

J'ai donc mis tout ça en forme, il ne reste plus qu'à imprimer et je pourrais leur distribuer ça à la rentrée (c'est l'avantage de garder ses élèves d'année en année!). Je ne sais pas quel effet cela va vraiment avoir, j'attends de voir. Mais pour l'instant je suis plutôt satisfaite de voir que tous les élèves ont une jolie collection de compliments qui les attend... expérience à suivre!

09 août 2008

Objectif lune

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Certains s'étonnent que j'ai fait autant de chose pour l'école durant mes vacances, que j'ai pu bosser autant. Mais pour moi, être prof c'est un peu comme... être astronaute. Imaginez:

Quelque part sur une obscure base de lancement spatial...

Le vieux cornac monte dans l'habitacle, vérifie les voyants, les indicateurs, tapote à droite à gauche, remet en ordre sa combinaison sans âge, prend place dans le fauteuil, et commence à se sangler méticuleusement avec un tas de ficelles et de tendeurs. Il fait des noeuds, resserre les sangles, refaits des noeuds...

Le jeune pilote fougueux rentre là dedans, avise la mécanique, s'extasie sur les instruments de vols, conquérant dans sa combinaison flambant neuve.

Le vieux cornac lui dit de s'asseoir et de se sangler. Le jeune pilote fougueux rigole, charie sur la combinaison miteuse du vieux cornac. Le vieux cornac lui répète de s'asseoir et de se sangler. Le jeune pilote lui montre comment, sur sa super combinaison flambant neuve, y'a juste qu'à cliquer le mousqueton. Le vieux cornac lui répond qu'il devrait s'asseoir et se sangler bien serré. Pas la peine, renchérit le jeune pilote fougueux. Il prend place dans son fauteuil et cliquète son mousqueton sous l'oeil torve du vieux cornac.

Décollage.

Le vieux cornac, visage crispé, encaisse le choc, tenu en place par la toile de sangles et de noeuds qu'il a tissé autour de lui.

Le jeune pilote fougueux, s'accroche de tous ses ongles et de toutes ses dents à l'appui tête de son fauteuil pour ne pas finir écraser façon crumble dans le fond de l'engin spatial. Le mousqueton a pété depuis longtemps.

Vol en orbite.

Le vieux cornac, concentré mais serein, toujours sanglé sur son fauteuil comme au premier jour surveille attentivement les instruments de bord. Il relève les mesures et garde le cap, assure la navigation comme un vieux cornac qu'il est.

Le jeune pilote fougueux passe son temps à nager une brasse impossible dans une apesanteur merdique et à se cogner la tête contre tout ce qui passe à portée, incapable qu'il est de regagner son fauteuil et d'y rester en place. Il n'avise les instruments de mesure que de loin, ou alors vite fait en passant, quand il arrive à nager jusqu'à eux.

Atterrissage.

Le vieux cornac s'accroche à ses noeuds et serre les dents. Rien d'autre à faire.

Le jeune pilote fait ventouse sur le hublot avant de l'engin spatial et bave abondamment en hurlant de peur.

A l'arrivée...

Le vieux cornac défait les sangles, les unes après les autres, et se dégourdit enfin les jambes tandis que le jeune pilote fougueux achève de se pisser dessus.

...

Moi je suis comme le vieux cornac. Après deux ans passés aux commandes, je sais pertinnement que la putain de super combinaison qu'on nous fournit à la base c'est du chiqué, et que si t'y vas pas à l'artisanal, à ta manière, ben tu finis en pièces, en miette, laminé. J'ai donné. Moi aussi j'ai été le jeune pilote fougueux qui passe son temps à gerber ses tripes du début à la fin du voyage.

Alors voilà. Cet été, j'ai sorti mes tendeurs, mes sangles, et j'ai commencé à faire des noeuds. Ca en étonne certains, ça en ferait presque rire d'autres... mais franchement, je m'en fous. Ca devrait pluôt les questionner, voir les inquiéter. Parce que croyez-moi, je connais l'énormité du truc, je sais très bien ce que je fais et à quoi je me prépare.

A une nouvelle année en orbite. Tout simplement.

01 août 2008

Pas de répis pour les braves

Catégorie: La Vie de la Maîtresse

Avec Baloo - qui ne va plus s'appeler Baloo très longtemps je sens - nous avons, comme je l'ai déjà évoqué, échangé nos classes. Pour des questions purement pratiques et d'un commun accord, je vous rassure. Et je dois dire que je suis très contente du changement!

Bon d'abord parce que ça change et moi, j'adore changer, je me lasse toujours très vite de tout! Donc là, nouvelle classe et donc nouvelle déco. J'ai droit à une peinture verte et ocre, très apaisante en fait, beaucoup plus que mon ancienne classe qui était... bleu et jaune. C'est très pétillant, mais après deux années ça fout mal au crâne rien que d'y penser. Donc va pour l'ocre et le vert! Ensuite et surtout, vu que je vais avoir une trentaine d'élèves - oui parce qu'il y a des inscriptions en attente! - il me fallait plus de place pour les caser tous. Pas que cette classe soit plus grande - non, les deux salles font la même taille, je vous rassure je n'ai pas grugé ma collègue - mais cette classe là à un immense hall d'entrée en fait, que j'ai vite fait de coloniser pour y installer le coin bcd et notre mascotte - notre petit lapin nain - histoire de dégager la salle de classe... et hop le tour est joué! Le résultat est vraiment très chouette et je suis plutôt fière de moi, même si l'installation n'est pas tout à fait définitive puisque il y a encore trop de livres et pas assez d'étagères! Problème qui en voie de résolution...

Après ça il a surtout fallu installer - enfin réinstaller - la classe en elle-même, avec quelques bureaux en plus donc. Et après maintes et maintes tentatives, j'ai fini par trouver une autre disposition que celle façon "alignage en règle" qui ne me plaisait pas du tout! J'ai opté pour un savant mélange: les CE2 seront eux bien alignés face au tableau parce que ça va déjà être assez difficile pour eux comme ça, les CM1 sont disposés en îlots de cinq ou six élèves tout autour des CE2, et les CM2 qui ne sont que trois pour le moment, ont des bureaux individuels qui me permettront de changer de configuration au pied levé suivant les activités, en les isoléant, en les mettant en groupe, ou en leur faisant rejoindre les CM1.

J'ai ensuite pu m'organiser ma partie à moi.Et là, j'ai sorti le grand jeu. Pas question que je galère encore une année de plus avec des trucs de guingois, pas pratiques, moches et j'en passe. Je me suis donc bricoler différents outils, du genre deux grands cartons à affiches, sur le même modèle que les cartons à dessins mais maxi format quoi! Un pour les affiches vierges et un pour les affiches déjà confectionnées et que je réutilise tous les ans. Fini les affiches entassées en vrac sur le haut de l'armoire et qui prenait la poussière et que je ne retrouvais jamais... là je suis au point!

Pareil avec les manuels, fichiers, documents divers... j'ai tout classé et rangé par matière dans des petits cartons - les cartons de ramettes de papiers pour photocpieur! - histoire de tout avoir sous la main. C'est super pratique, je trouve tout de suite et surtout, quand je prépare mon travail, j'ai l'ensemble des documents en vue d'un seul coup d'oeil. Parce que j'en avais marre de me dire après coup "merde mais j'avais ce livre là aussi! ah et y'avait ce magazine! oh j'avais gardé cet article!"... c'est trop bête d'avoir autant de ressources et de pas pouvoir les exploiter au maximum! Avec ce système, je vais pouvoir construire des cours plus étayés, plus variés, et en me cassant moins la tête, un vrai bonheur!

J'ai ensuite repeint mon bureau. Oui parce que mon bureau de maîtresse est un énorme dinosaure de métal qui aurait sans doute mieux convenu à un commisariat qu'à une salle de clase, mais je l'adore. Le truc que j'adorais moins, c'était sa couleur entre le gris et le caca d'oie... pas terrible. Pour le coup il aurait été parfait dans un commisariat de l'ex RDA. Et comme je suis pas l'inspecteur Derrick, je me suis dit qu'il fallait vraiment faire quelque chose: je l'ai repeint en blanc. Maintenant il en jette grave. En plus comme il a une large surface plane devant, je vais en profiter pour le personnaliser en y mettant des reproductions d'oeuvres d'art, qui changeront suivant mon humeur. Les gamins auront de belles choses sous les yeux... Rien ne se perd!

Pour finir, j'ai décidé d'aller fouiner au fin fond des réserves, voir si je pouvais y trouver des trucs utilisables. ben autant vous dire que la pêche a été miraculeuse! Voyez-plutôt: un kit complet de matériel de mécanique avec fichier pédagogique s'il vous plait, pour les maths j'ai trouvé des bouliers, des planches à élastiques, des tangrams aimantés, des rubans gradués, des gabarits de géométrie, des horloges, et puis aussi des fichiers de lecture, des étiquettes vierges aimantées pour le tableau et un peu de matériel d'arts visuels... pas mal! Ca vallait la peine de se couvrir de poussière et de chercher au milieu des bestioles crevées et des crottes de souris!

Après tout ça et bien d'autres bricoles, je me retrouve enfin avec une classe opérationnelle et bien pourvue, si on ignore les dernières touches que je ne pourrais mettre que juste avant la rentrée. Pile dans les temps, comme j'avais prévu, puisque je savais que fin juillet il fallait absolument passer à l'étape suivante. Et c'est donc très contente de moi que j'ai enfin pu attaquer les choses sérieuses: progressions et programmations.

Mais c'est déjà une autre histoire!

15 juillet 2008

Clap de fin

Catégorie: Madame la Directrice

J'ai passé pas mal de temps dans ma classe ces derniers jours, tellement que sous certains aspects, on ne me croirait pas en vacances. Sauf que franchement, ne plus avoir la direction l'année prochaine, ben ça me met en vacances définitivement. Alors j'ai voulu clôturer le truc bien comme il faut, histoire de ne plus en parler, de ne pas avoir l'impression d'être suivie par une ombre.

Mine de rien, pour ranger tous les papiers de direction, il m'a quand même fallu trois jours. On dirait pas, mais y'en a de la paperasse. Surtout que bon, j'avoue, je ne suis pas super organisée et ordonnée à la base, et là franchement ça aide pas. Mais faut aussi faire le tri, jeter les trucs de cette année, ranger les trucs qui peuvent resservir, et surtout il m'a fallu organiser un minimum toute cette paperasse pour que ma collègue s'y retrouve. Parce que certes je ne suis pas organisée, et j'ai passé l'année avec un sacré bordel dans mon bureau, des papiers partout, des tas, des cartons remplis de plein de truc, n'empêche que je sais toujours où sont les choses. C'est MON bordel. Alors la pauvre, je ne pouvais pas lui laisser ça comme ça, il fallait faire quelque chose. J'ai donc jeté, classé, étiqueté, aggraffé, annoté, et au final, tout est impecable. Elle va pouvoir s'amuser à son tour! Sauf qu'elle, elle aura la chance d'avoir sous la main quelqu'un qui s'y connait, j'ai nommé Bibi bien sûr. Et ça, c'est un avantage non négligeable. Même si je ne compte pas faiure le boulot à sa place, c'est pas pour autant que ça m'arrachera la langue de lui répondre quand elle me posera une question et qu'elle aura besoin de savoir un truc...

Enfin bref, après avoir passé plusieurs jours à bouger les meubles et toutes mes affaires - ah oui parce que je l'ai pas dit mais nous avons échangé nos salles de classe - et plusieurs jours à mettre au clair les dernières affaires de la direction puis à ranger les papiers, j'y vois enfin plus clair, et surtout, je vais enfin pouvoir me consacrer à la préparation de ma classe. Une page qui se tourne, mais là, je la tourne proprement, et ça me vide la tête.

J'ai bien rangé tous les nouveaux dossiers et les classeurs dans le bureau de direction. J'avais déjà enlevé tous les dessins de mes élèves des murs. Ce soir, j'en ai sorti mon chapeau de paille et mes post-it qui trainaient encore là, et j'ai tourné les talons, sans regrets. Ce bureau n'est plus à moi.

Puisque désormais, je ne suis plus la directrice. 

Corrigé par Eddie à 00:57 - Madame la Directrice - Gribouiller au tableau? [1]

11 juillet 2008

Cadeau

Catégorie: La vie de la maîtresse

Je suis absolument stupéfaite de voir le nombre de cadeaux et présents divers que mes collègues peuvent recevoir à la fin de l'année de la part de leurs élèves. je suis à vrai dire stupéfaite de voir que certains de mes collègues ont des cadeaux.

Parce que je n'en ai eu aucun. Enfin si, les parents d'élèves se sont cotisés et m'ont offert - ainsi qu'à Pompadour donc ça casse un peu le côté flatteur et comme dirait une chanteuse que j'aime bien "ça me vexe" - mais ils nous ont donc offert une carte d'achat dans une grande enseigne de magasin, carte d'une valeur plus qu'honnorable, ce qui bien évidemment m'a fait très plaisir puisqu'en plus tout ça nous a été offert sur la scène de notre spectacle de kermesse, sous les applaudissements de tous nos élèves et de leurs parents et familles. Ca, c'est très cool.

Ce qui l'est moins, c'est que je n'ai rien eu, mais alors rien, de la part de mes élèves. Même pas un dessin spécial, non, rien. Dois-je me demander si je suis une bonne maîtresse?

En fait, ça ne me déçoit pas vraiment, ça ne me vexe pas spécialement, tellement toute l'année ils m'offrent leurs dessins, avec des déclarations d'amour très mignonnes, des confidences, tellement pour mon anniversaire ils ont spontanément apporté des babioles, des bonbons, tellement je vois dans leurs yeux à longueur de journée qu'ils m'apprécient, vraiment.

Alors pas de cadeau à noël, pas de cadeau pour la fin de l'année, ma foi, ça ne me fait pas grand effet. En fait je regrette surtout de ne pas pouvoir voir ce qu'ils auraient choisi pour moi, c'est toujours un peu révélateur, et j'ai une curiosité exacerbée quand il s'agit de deviner l'indicible, l'intimité.

Mon cadeau de fin d'année à moi, ce sont mes grands de cm2 de l'année dernière - en 6ième cette année - qui reviennent me voir tout au long de l'année, avec ces mêmes étoiles dans les yeux quand je leur fais la bise, et qui le jour de la kermesse - alors que je me débas avec des cartons et le temps qui file - me proposent par dessus la murette de l'école et avec des paillettes dans les yeux: "on vous aide maîtresse?", comme s'ils étaient encore mes élèves. Tout simplement parce que tant que je serai là, je serai toujours leur maîtresse.

Et ça, c'est cadeau.

10 juillet 2008

Challenge

Catégorie: La vie de la maîtresse

Après avoir passé trois jours à déménager ma classe - parce qu'avec Baloo nous avons échangé nos deux classes - et après avoir enfin pu installer les bureaux de mes futurs élèves, ben j'ai comme un doute.

L'année dernière j'avais 13 élèves. Cette année, j'en avais 20 pile. L'année prochaine, j'en aurai 29. Oui je vous dis, j'ai comme un doute. De voir ces trentes bureaux alignés comme dans une boite à chaussure - parce que du coup la classe à l'air minsucule - ça refroidit bien. Adieu la joyeuse ambiance des écoles de campagne, j'ai du reléguer le coin bibliothèque dans le couloir, avec d'autres babioles, histoire de pouvoir au moins caser tous les bureaux. Ces bureaux implacablement alignés face au tableau, ça me désespère. On se croirait à l'usine. Moi qui aimais pouvoir alterner les dispositions des bureaux dans la classes, les plaçant alternativement en îlots puis en ligne, ben là c'est raté. Je pourrais bouger les élèves, mais pas les bureaux! Il va falloir que je fasse preuve d'imagination pour varier les modes de travail, surtout qu'en plus nos bureaux sont de bon vieux bureaux avec les chaises attachées... pas vraiment pratique question mobilité dans la classe.

Enfin bref, y'a pas que ça qui me questionne, mais tout le reste avec. La discipline notamment. Va falloir que ça tourne rond, que ça tourne bien et vite. Et c'est pas gagné. Trois tranche d'âge différentes réunies dans une seule classe, en général ça cafouille, surtout avec le CE2 qui sont encore des bébés en début d'année. Et puis le travail, les leçons, l'emploi du temps, la préparation, le matériel... tout est beaucoup plus difficile avec 29 élèves. Tout ce que j'avais imaginé, tout est à revoir, à ajuster. Et je vais avoir intérêt à super bien gérer le truc, donc à bien le préparer. Ca nous promet de sacrées vacances tout ça, mais en même temps, je me sens à la hauteur, largement. Je ne stresse pas - pas encore! - et ça ne me contrarie pas, bien au contraire. Y'a un côté de nouveauté et de défi qui redonne un peu de peps à tout ça...

Je n'ai plus qu'à remonter mes manches! 

07 juillet 2008

Fin de contrat

Catégorie: Madame la Directrice

Alors plutôt que de répondre à cette question dans les commentaires, je préfère carrément faire un post pour être bien claire, et parce qu'effectivement ça mérite une explication: pourquoi je ne serai plus directrice l'année prochaine?

Ben tout simplement parce que la charge de direction n'est pas rattachée à mon poste, mais bien à celui de ma collègue. Il se trouve que quand je suis arrivée dans cette école il y a deux ans, je venais en fait d'obtenir un poste de chargé d'école - autrement dit quand il n'y a qu'une seule classe et donc qu'un seul instit dans l'école et qu'il fait tout - sauf qu'il venait aussi d'y avoir la validation d'une ouverture de classe. Une nouvelle classe a donc été crée, avec un nouveau poste, et dans ces cas là - cas des écoles à une classe qui passe à deux - le poste créé est celui de la direction. Mon poste à moi est passé de chargé d'école à simple adjoint élémentaire, autrement dit à simple instit. Seulement comme partout on peut s'arranger, et si un collègue qui a un poste de direction n'en veut pas, il ne tient qu'à lui de trouver quelqu'un qui en veuille à sa place! C'est ce que nous avons fait avec Cléopatra à l'époque: elle ne se sentait pas d'assurer la direction, moi j'étais un peu partie pour à la base - ben oui chragé d'école j'aurai eu à le faire de toute façon - donc j'ai dit ok. Dans ce cas là, il suffit de faire une jolie lettre à l'inspection pour les informer que vous prenez la direction par intérim comme on dit. Cette direction par intérim n'est valable que pour un an.

L'année suivante donc, Pompadour aurait du prendre la direction, mais effectivement j'ai eu pitié d'elle, pour les raisons évoquées dans les commentaires: jeune T1 avec un triple niveau... oh la pauvre. Donc rebelote, je lui propose d'assurer l'intérim, elle saute sur l'occasion.

Seulement cette année ça ne s'est pas super bien passé avec l'inspection, et puis j'en ai ma claque. Une direction, c'est beaucoup de responsabilités, beaucoup de temps gaspillé, des prises de têtes intuiles souvent... et franchement là j'ai donné. Je ne dis pas que je ne le referai jamais, je dis juste que j'ai besoin d'une pause. Effectivement c'est pas sympa pour Baloo, qui se retrouve T1 avec un triple niveau et une direction - mais je vous rappelle quand même que je l'ai fait hein, et j'en suis pas morte même si j'ai bien cru y rester à un moment quand même - et c'est aussi pour ça que je ne m'en lave pas complètement les mains, mais que je serai là pour l'aider. Je ne vais pas la laisser sombrer juste pour le plaisir!

Enfin, voilà l'explication du pourquoi je n'aurai pas la direction l'anée prochaine, et franchement pour moi c'est une bonne nouvelle. Même la prime qui va se soustraire sur mon bulletin de paye n'est pas suffisante - et pourtant dieu sait que j'ai des soucis question finances - pour me faire regretter ce choix. Tout ce que je vois c'est l'autre soustraction qu'il implique: celle des emmerdes en moins. Et là y'a poas photo, je suis gagante.

Pourtant je ne pense pas que cette catégorie de posts reste muette longtemps: parce que pour certaines personnes ici, ça va être très dure de comprendre et de se faire à l'idée que ce n'est plus moi la directrice... je crois même qu'avec certains parents, c'est peine perdue. Ce qui implique que c'est moi qu'on viendra voir bien entendu dès qu'il y aura un problème. je crois aussi que vu la situation, je vais me retrouver à pas mal donner la pattes à Baloo, e que donc mes déboires avec le système sont loin d'être fini... mais finalement je devrais peut être ouvrir une nouvelle catégorie pour ces histoires là. Tiens, ça c'est une bonne idée!

Et je l'appellerai: le fantôme de la Directrice! 

Corrigé par Eddie à 12:46 - Madame la Directrice - Gribouiller au tableau? [3]

06 juillet 2008

Vendre la peau de l'ours...

Catégorie: La salle des maîtres

Alors voilà, c'est officiel, j'ai une nouvelle collègue. La troisième du genre donc, après Cléopatra et Pompadour. Les collègues passent, moi je reste. Et finalement c'est pas pour me déplaire, moi qui me lasse vite et qui aime la nouveauté. Et l'avantage, c'est que je me débarrasse de la direction. Youpi!

C'est une PE2 à peine sortie de l'iufm, et donc toute nouvelle T1. A vrai dire, elle n'est pas vraiment encore sortie de l'iufm tant elle en est imprégnée, voir même carrément formatée. Elle doit dire "iufm" au moins une fois par phrase, ce qui me fait sourire. Et m'inquiète aussi un peu. Je ne sais pas si c'est mon côté frondeuse comme dit ma mère, mais personnellement j'avais vite compris qu'il n'y avait rien à attendre des iufms, à part un formatage en règle, limite lavage de cerveau, des conseils creux, dans le vent, et des prises de tête inutiles.

Mais elle se réfère au système visiblement, a déjà fait appel à des conseillers péda et à des profs de l'iufm pour l'aider à choisir ses manuels -la grosse boulette n'est-ce pas - et m'a indiqué qu'elle allait acheter un livre très bien fait sur la direction où y'a tout dedans. J'ai rit sous cape, en lui disant que ça pouvait lui servir, mais intérieurement je sais bien que ce genre de documentation, c'est un peu comme le manuel d'utilisation d'un zodiak durant le naufrage du Titanic: ça serait utile dans un monde parfait.

Enfin bref, au moins elle est pleine de bonne volonté. J'espère juste qu'elle ne sera pas de ces gens tatillons sur les règles, citant les instructions officielles, les lois, les "comment ça doit être" vu que dans la réalité, c'est jamais vraiment ça. De toute façon, elle va vite comprendre que rien n'est comme ça doit être, et que souvent, c'est même pire!

Pour le reste, elle n'a pas l'air de réaliser dans quoi elle a mis les pieds, et je me garde bien de lui sapper le moral tout de suite. Elle m'assure, l'air pas inquiète pour un sous "qu'un triple niveau c'est surtout de l'organisation", et qu'elle "ne croit pas qu'il y a plus de travail dans un triple niveau". Je la conforte en lui disant que non, il n'y a pas plus de travail - menteuse - que c'est surtout une façon de travailler différente. Et la marmotte... Mais franchement, vous me voyez lui dire "Oulala mais si! Tu va passer des nuits blanches! T'imagines pas, c'est pas trois mais quatre fois plus de boulot, et avec la direction en plus, moi j'ai carrément fait une dépression l'année dernière!"... non pas vraiment. Je souris, je lui dis que de toute façon je serai là pour lui expliquer si elle a besoin, et lui filer un coup de main si nécessaire - le moins possible tant qu'à faire quand même. Et qu'elle va y survivre. Déjà là elle devrait se dire que c'est bizarre que je dise ça...

Sinon bien sûr, elle est beaucoup plus jeune que moi, forcément. Et elle n'en impose pas vraiment. C'est une petite nénette - je suis pas très grande et pourtant je lui prends une tête déjà! - blondinette boulotte avec le nez en trompette, qui n'a pas l'air spécialement à l'aise dans ses baskets. Je me demande comment les parents vont la percevoir. Au premier abord, elle n'a pas l'assise nécessaire pour le poste, dumoins je trouve. J'attends de voir la suite, la deuxième impression, puisque je la revois demain. Je dois dire que je suis encore dans l'expectative. Vendredi elle était crispée, puis elle s'est détendue au fur à mesure de la journée, et elle était beaucoup plus souriante en repartant. Elle a même plaisanté, ce qui me change considérablement de Pompadour déjà! Mais je ne veux pas vendre la peau du plantigrade avant d'avoir décoché ne serait-ce qu'une flèche - ouais ça veut dire que je vends pas la peau du nounours avant de l'avoir buté quoi, mais vous êtes sur le blog d'une instit alors j'y mets les formes, merde - je suis prudente et surtout j'ai trop peur d'être déçue, de m'être réjouie trop vite et de finalement avoir une mauvaise surprise. Comment ça échaudée? Oui peut être...

Toujours est-il qu'elle a d'ors et déjà un surnom et qu'elle rentre officiellement dans la "who's who" liste de ce blog - et de ma vie - sous le sobriquet de Baloo. C'est pas flateur pour elle, mais que voulez-vous, c'est la première idée qui m'est venue, naturellement, et je n'arrive pas à m'en défaire! J'espère juste qu'elle sera d'aussi bonne compagnie que ce déjanté d'animal - l'ours du livre de la jungle pour ceux qui ne suivent pas - qui chantait en se trémoussant qu'il en faut peu pour être heureux... mais qui était aussi fainéant comme pas deux remarque.

Alala. Je ne sais vraiment pas quoi en penser.   

Et oui, même échaudée, je reste quand même optimiste.

Corrigé par Eddie à 18:07 - La salle des maîtres - Gribouiller au tableau? [7]

05 juillet 2008

Un petit village résiste à l'envahisseur...

Catégorie: Nos amis les parents

Comme promis je vais dire un mot sur les parents d'élèves. Mais je ne vais pas parler des rapports parents-instits traditionnels - et souvent plutôt conflictuels - non, je vais vous parler de ces relations très particulières que j'ai lié personnellement, ici dans notre petit village, et qui font que oui décidement, être prof à la campagne, c'est autre chose.

Mardi soir, Piverte et moi faisions le point sur les parents qui nous avaient aidé pour la kermesse, et préparions les remerciements - une bonne bouteille de vin entre autre, contexte oblige - pour tous ces vaillants parents. Et comme à mon habitude, j'énumérais les noms de famille - madame machin, monsieur truc - mais aussi pas mal de prénom dans le lot. Ce qui amena une remarque de Piverte, assez perplexe: "je ne sais pas comment tu fais pour tutoyer des parents et les appeler par leurs prénoms tout en gardant quand même ton autorité"... et sans même réfléchir la réponse est venue toute seule: "Ben ce sont des amis, et c'est plus facile de parler franchement avec des amis".

Car oui, parmi tous mes parents d'élèves, certains sont devenus des amis - en tout cas plus que des connaissances - à qui je fais la bise le matin, avec qui je plaisante de leurs fringues ou des miens, de tel ou tel sujet, avec qui je discute de l'actualité, des ragots du village, que j'apostrophe ou qui m'apostrophe, dont je connais parfois les problèmes de couple, qui m'invitent à manger le dimanche soir à la maison, qui m'ont vu pompette le jour de la kermesse et qui me charient là dessus, qui viennent prendre la café le midi à la cantine, à qui je rends des services et qui me rendent des services.

Et visiblement ça a soufflé ma nouvelle collègue venue nous rendre visite vendredi, quand à l'heure du dessert, nous nous sommes retrouvés à sept autour de la glace et du café: cantinière, parents d'élèves, secrétaire de la mairie et instits, et plus tard quand à la sortie, j'ai fait la bise à quelques parents, qui m'ont apostrophée cette fois sur le fait que je repasse mon permis mercredi, me disant qu'ils viendraient klaxonner mecredi aprem histoire de prendre des nouvelles. Tout ça avec des sourires, des éclats de rire et des clins d'oeil complices, avant de souhaiter bonnes vacances, on s'appelle on se fait un apéro...

Certes je conçois que ça peut surprendre. Pourtant, je n'ai aucune difficulté particulière à garder une certaine autorité, car quand j'ai quelque chose à dire en tant que maîtresse ou directrice, je le dis en tant que tel, avec tous les respect que je dois aux parents d'élèves, qu'ils soient des amis ou pas d'ailleurs. Pour tous les gens du village, je n'ai pas plusieurs casquettes, que j'enfile à tour de rôle. Je suis une seule et même personne, à laquelle ma fonction est totalement intégrée. Il faut faire avec. Et si où que j'aille ici je reste la maîtresse et la directrice, c'est plus facile à supporter quand je ne suis pas QUE la directrice ou la maîtresse, mais aussi P., jeune femme un peu excentrique et rigolote, intelligente mais maladroite, avec qui on blague et qui se prend pas la tête. Finalement je suis moi, à temps plein. Et vu comme mon job aurait tendance à bouffer ma vie, encore heureuse que je puisse être moi dans ce job, ça facilite grandement les choses.

Dans un monde où les gens sont souvent anonymes et distants, dieu sait que j'apprécie ce côté là, cette vie de village, qui résiste encore aux codes d'une société très formatée, individualiste et conflictuelle. Je me demande combien de mes collègues peuvent dire qu'ils font la bise à leurs parents d'élèves au portail le matin, qu'ils les appellent Véro, Bernard ou Pat, qu'ils sont invités à l'apéro à la maison ou qu'ils n'ont qu'à téléphoner s'ils ont besoin d'un coup de main.

J'espère qu'il y en a plus que je crois en tout cas...   

Corrigé par Eddie à 16:20 - Nos Amis les Parents - Gribouiller au tableau? [4]

04 juillet 2008

Puissance 3

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Finish. Terminado. C'est plié. Dernier jour plein comme un oeuf, rien vu passer. Rien vu passer.

Entre la chasse au trésor promise depuis des semaines à mes élèves et mon plaisir à les regarder courir comme des fous en s'apostrophant au sujet des indices, du plan, de là où il fallait monter, de ce qu'il fallait soulever, entre les coups de téléphone pour des inscriptions et les parents qui toquent à la porte également pour des inscriptions, entre ma nouvelle collègue - va falloir que j'en parle tiens - et ma déjà ancienne collègue, entre le café avec les parents d'élèves devenus des amis - va aussi falloir que j'en parle - et les cartons de commandes empilées dans l'arrière boutique, entre les énièmes petits bobos nécessitant un pansement et les énièmes "maîtresse" beuglés à travers le couloir, entre le petit oiseau recueilli à la récréation qui a piaillé toute l'après midi dans ma main et le partage équitable du trésor, entre la distribution des reliquats de dessins et la prescription d'une liste de fourniture, entre les parties de cartes et les présentations des futurs nouveaux, entre tout ça et le reste, je n'ai pas vu venir 16h30, je n'étais pas vraiment là quand je leur ai souhaité de bonnes vacances, parce qu'il y avait encore des parents pour des inscriptions, et puis ils se sont envolés, l'oiseau avec, et je me retrouve en vacances, sans avoir rien vu passer.

Ni cette dernière journée, ni cette année. Comme un battement de cil. Pourtant elle a été dure. Et en parlant avec ma nouvelle collègue tout à l'heure - fraîchement débarquée de l'iufm - j'avais l'impression d'avoir déjà 10 ans de carrière. Sans doute que c'est comme au scrabble, les premières années comptent triple - où alors c'est parce que j'ai un triple niveau? Et je me prépare une année d'enfer pour l'année prochaine, avec 29 élèves et parmi eux des terreurs... sans doute que celle là aussi comptera triple - ou alors je pourrais carrément porter ça au cube.

Pour le moment je ne réalise pas. Je pense déjà à tout ce qu'il va falloir préparer, je suis sur ma lancée. Et en même temps je suis dans le brouillard. L'année est finie. Mais l'ai-je vraiment fait?

Et surtout: l'ai-je bien fait?

28 juin 2008

Veuillez attacher vos ceintures...

Catégorie: Evènements

Mais si, mais si, la maîtresse est bien rentrée de son voyage de fin d'année, mais comme elle a du enchaîner direct avec la kermesse pour le vendredi d'après, elle a pas eu trop le temps de raconter le fiasco évité de justesse que fut cette mémorable journée à l'aquarium de La Rochelle.

En fait, quand on est directrice d'une école - et c'est sans doute valable pour beaucoup d'autres jobs à responsabilités - on sait pertinement que pour que les choses soient faites il faut insister, vérifier, redemander, repasser derrière, en remettre une couche, et une dernière fois vérifier, au cas où. Depuis deux ans que j'assure le tampon entre l'Inspection, les parents d'élèves, la mairie et tous les autres, je commence à piger le truc. Et donc, depuis quelques temps je disais à Pompadour - que j'avais chargée d'organiser ce voyage - qu'il serait bien, deux jours avant par exemple, de contacter et l'Aquarium et la société de bus histoire de vérifier que tout était bien réservé.

Vous imaginez bien comment elle n'en a rien fait. Ce qui nous projette directement à ce matin du vendredi où le départ était prévu à huit heure tapantes... et où finalement, à 9h30, nous nous sommes retrouvés plantés comme des quiches au milieu d'une cour remplie de gamins surexcités et sans de bus.

Parce que notre fax, enfin celui de Pompadour, n'était visiblement jamais parvenu à la société de bus - heureusement pour elle nous avons la preuve qu'il a quand même bien été envoyé. Et donc après une crise de nerfs de ma part - ce qui ne fait jamais avancer les choses - et surtout l'aide très efficace et plutôt gueulante d'un de mes parents d'élèves, on a finalement réussi à avoir un bus pour dix heures. Un bus oui, mais un bus sans ceinture de sécurité et avec un chauffeur qui était plutôt mécano de la boite. Mais passons sur ces petits détails - qui peuvent coûter cher n'est-ce pas - nous avons quand même réussi à partir.

Résultat: les ateliers prévus pour la matinée sont littéralement passés à la trappe, nous sommes arrivés là bas juste pour notre pique nique. Encore heureusement, il faisait beau, les gamins étaient contents et un peu calmés. Nous avons ainsi pu visiter l'aquarium en long et en large -y compris la boutique souvenir - l'après-midi, et sauver ce voyage in extrémis. Pas grâce à ma collègue, oh ça non, puisqu'à part se transformer en femme invisible, elle ne nous a été d'aucune utilité pour régler le problème du départ, et s'est contentée par la suite de sourire connement dans ses petits souliers chaque fois que je lui parlais.

Finalement nous sommes rentrés épuisés, j'ai squatté le fond du bus avec des parents d'élèves un peu déconneurs au retour histoire de finir de décompresser. Le bilan est positif, si on met mon pétage de plomb du matin à part...

Et le lundi, comme si de rien n'était, Pompadour en s'asseyant à table le midi me sort "Ah ben j'ai compris hein, on peut faire confiance à personne...". Je n'ai rien répondu, j'étais trop occupée à lire le Canard Enchainé. Mais après l'année qu'elle m'a fait passé, à tout faire à sa place, à tout surveiller, à tout gérer, je l'ai pensé très fort:

"Bienvenue dans mon monde."

Corrigé par Eddie à 18:23 - Evènements - Gribouiller au tableau? [3]

19 juin 2008

Ménager sa monture...

Catégorie: La Vie de la Maîtresse

Demain: voyage de fin d'année, à l'aquarium de La Rochelle.

Et rien que d'avoir fait les préparatifs, je suis déjà crevée.

Bon en même temps, de bons préparatifs, c'est zéro stress ou presque le jour J. Là je crois que je suis bien partie... J'ai les poches pour les vomis dans le bus et quelques jeux pour passer le temps, le plan avec l'emplacement des toillettes en autant d'exemplaire que d'accompagnateurs, les pansements pour petits bobos, les crayons, les enveloppes avec leur argent de poche, le chéquier et l'enveloppe pour ceux qui n'auront pas d'argent de poche, les fiches d'urgence, les étiquettes à coller dans leurs sacs... Normalement je suis au top! 

N'empêche que quand même, je suis déjà crevée.

Vivement demain soir!

27 mai 2008

Le bureau des plaintes

Catégorie: La salle des maîtres

Depuis quelques temps, Pompadour a trouvé un nouveau cheval de bataille pour me flinguer mon repas de midi. En fait elle y faisait déjà allusion de temps en temps avant, très régulièrement je dois dire, mais jusque là elle avait quand même un autre sujet encore plus important pour me taner, à savoir son élève violent et casse-c* qui a heureusement depuis quelques semaines changé d'école.

Donc il lui a fallu trouver de nouvelles doléances pour me souler le peu de temps que je pourrais avoir pour me reposer un peu dans la journée - des fois que j'en ai besoin hein: elle a opté pour son élève autiste - oui je sais elle est pas aidée aussi - au sujet duquel je dois donc réitérer chaque midi à dose antibiotique mes déclarations de compassion et mes aveux d'impuissance, et accessoirement comme si c'était pas assez elle s'est dit qu'elle allait donc me rajouter un deuxième sujet de pleurnicheries qui - je vous le donne en mille - à rapport avec le côté soigné et, disons-le, coincé de sa personne: les poux.

Car oui, il y a des poux à l'école. Il y a des poux depuis le début de l'année, avec des périodes de répis, mais brèves les périodes. Je sais même pas si du point de vue des parents, y'a vraiment eu répis. Enfin bref. Le topo est toujours le même: 95% des parents traitent leurs enfants correctement, voir font une guerre d'enfer à ces petites bébêtes et les 5% restant s'en tapent et font chier tout le monde parce qu'ils ne traitent pas, ou peu ou mal, nous empêchant donc d'enrayer l'invasion.

Je dois donc régulièrement rejouer la sérénade de la compassion et de l'impuissance à des parents qui me font remarquer que "Ca coûte cher!" et que "Y'en a toujours!" et que "Moi je traite, les autres devraient le faire aussi!" et que "La petite/le petit j'ai été obligé de lui couper les cheveux!"... Je secoue la tête et je prends ma mine désolée, parce que je ne peux guère faire plus. Moi je me bas à grand coup d'affiche et de mots dans le cahier, mais je peux pas aller chez les gens pour laver la tête de leur gosse. Parce que soit dit en passant, aujourd'hui lors d'une discussion avec une de mes gamines j'ai appris qu'elle ne se lavait la tête qu'une fois par mois, et encore... "Parce que papa il aime pas nous laver les cheveux". Ce à quoi j'ai répondu "Et toi? T'es manchotte?" parce que quand même, à dix ans ils savent faire toutes les conneries du monde, mais pas se laver tout seul! 

Enfin bref, les poux, vous imaginez bien que ça me la crispe la Pompadour! Alors elle me prend au dépourvu, elle attend que j'ai baissé la garde, que je me sois décidée - malgrè le fait que je n'ai pas faim, le midi je ne mange quasiment plus tellement elle me coupe l'appétit - à quand même me servir, à m'asseoir à table, elle attend sournoisement que j'ai planté ma fourchette et que je m'apprête à porter à ma bouche une petite motte de salade de riz aglutiné pour me dire lâchement: "Y'a encore des poux, ce matin je les voyais grouiller sur la tête de C., ils courraient sur sa tête, c'est répugnant."

Je fixe ma fouchette de salade de riz. J'ai plus faim. J'ai envie de lui balancer dans la figure en lui disant "C'est la 27ième fois que tu me dis la même phrase! La 27ième fois que tu me décris la même scène! Et au cas où t'aurais pas compris: j'y peux rien! Et en plus: on est à table! Alors si t'as rien d'autre à me dire, écraaaaaaase merde!"

Au lieu de ça, je repose ma fourchette, j'appuie sur le bouton "mode compassion/impuissance" et je débite moi aussi la même phrase pour la 27ième fois. Un peu l'impression d'être chez les fous. Un peu l'impression de parler toute seule. En fait c'est ça, elle parle de son côté. Et moi je parle du mien.

Sauf qu'à midi, j'ai même pas eu la force d'appuyer sur le bouton "mode compassion/impuissance". Au lieu de ça, mon doigt à du riper et j'ai enfoncé le bouton "mode con". Faut faire gaffe il est juste à côté de l'autre. Quand on pousse trop, ça dérape. Du coup, j'ai même pas répondu. Puisque je parle dans le vide, autant lui faire goûter ce que ça fait un peu, le vide. Elle a pas insisté. De toute façon elle insiste jamais alors. C'est même pas drôle.

Du coup, j'étais activée. Pas de bol pour elle, vu la journée pleine de merdouilles que j'ai eu aujourd'hui, elle aurait pu avoir de la chance, même pas. Et comme elle me passait à porté cet après midi alors que le bouton "mode con" était toujours enclenché, je lui ai refilé quelques une de mes emmerdes, histoire qu'elle se dépatouille avec et me fasse du vent.

Je crois que ce post reflète bien à quel point elle m'exaspère, et c'est rien de le dire. Je devrais peut être aller déjeuner avec une pancarte autour du cou qui dirait: le bureau des plaintes est fermé. Parce que je ne lui sers qu'à ça: à se plaindre. Elle ne raconte rien d'autre, elle ne demande rien d'autre, elle ne parle de rien d'autre alors pour midi, la pancarte c'est une bonne idée. Ou alors je peux faire plus simple, je peux opter pour une pancarte qui dirait: ta gueule.

Faut voir le mode qui sera enclenché.

Corrigé par Eddie à 23:07 - La salle des maîtres - Gribouiller au tableau? [4]

25 mai 2008

Bricol' Girl

Catégorie: Evènements, Fête des mères

Si l'année dernière le cadeau de fête des mères que j'avais fait confectionner à mes élèves était tellement moche qu'il avait fini la plupart du temps à la poubelle - si si je le jure - cette année j'avais mieux prévu le coup. J'allais pas me taper la honte deux ans d'affilé quand même!

Ils sont donc tous repartis vendredi soir avec leur petit cadre peinturluré avec amour à offrir à leur maman, plutôt satisfait d'eux, et moi satisfaite de moi. Certains instits de foutent complètement de cette tradition désuette de la fête des mères, considérant qu'elle n'a plus rien à faire à l'école, mais moi que voulez-vous, j'aime bien, et puis les gamins la réclame, eux ils adorent. Donc il faut faire preuve d'imagination, bricoler un truc pas trop cher, pas trop moche, sachant qu'une fois fabriqué par les enfants il ne faut pas trop compter sur l'atrait esthétique de la chose hein, et donc plutôt miser sur l'aspect pratique: vide-poche, cadre, pot à crayon, rond de serviette, etc...

J'attends donc lundi pour savoir si le cadeau de cette année aura eu du succès auprès des mamans... les enfants ne prennent pas la peine de mentir pour faire plaisir à la maîtresse hein. Si c'était raté je le saurai, avec des assertions du type "maîtresse maman elle a dit que ça ressemblait à rien"... faut pas être susceptible.

Et même si le verdict est méchant, il faudra quand même embrayer sur le cadeau de fête des pères. Encore une fois je vais devoir faire preuve d'imagination, et me mettre au travail: couper, coller, vernir, recoller, défaire, refaire, histoire de tester la viabilité de mon idée. Comme si j'avais que ça à faire... bon d'accord j'avoue, j'adore ça! 

Corrigé par Eddie à 15:45 - Evènements - Gribouiller au tableau? [1]

Schizophrénie

Catégorie: Evènements, la Kermesse

Alors voilà, la lecture de la pièce de théâtre a eu lieu jeudi et dans la foulée nous avons fait la distribution des rôles vendredi. Et je dois dire que pour le moment, ça s'annonce plutôt pas mal.

Chaque élève avait eu le temps de se faire une idée du rôle qu'il voulait - c'est là qu'on voit les égos surdimensionnés hein, avec les petites Cléopâtres et les fringuants d'Artagnan ou Jules César - et j'ai prévenu d'entrée que c'est à moi que revenait la décision finale. Mais au final justement, le plus drôle fut de constater qu'ils avaient à peu près tous choisi LE rôle qui leur allait parfaitement! Pas de bagarre donc, pas de décu non plus. Mieux que sur le plan!

On a tous de suite enchaîné sur la question des costumes, forcément. Il a été décidé que j'allais dressé une liste de tout ce qu'il fallait personnage par personnage et que tout le monde allait se lancer dans une chasse au trésor à la maison, pour récupérer le maximum d'accessoires, et qu'on fabriquerait ensuite ce qui manquera. Mes élèves ont même eu une brillante idée pour les costumes trop difficiles: faire des costumes décalés! Par exemple, pas évident de faire un costume de Christophe Colomb... donc un de mes ce2 propose "ben maîtresse, c'est un explorateur, c'est comme un aventurier, on a qu'à l'habiller en aventurier!" et un cm2 renchérit "ben oui maîtresse, comme Indiana Jones, ça serait marrant!"... La classe morte de rire valide l'idée que je trouve très fine. De même pour Jeanne d'Arc qui risque de se retrouver avec une armure décorée de petites fleurs et de petits coeurs...

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils sont à fond dans le projet, et que la pièce leur plait vraiment. J'ai déjà gagné ça! Les répétitions promettent de sacrés fou-rires! Le mieux, c'est que ce sera à la fois un défoulement de toute l'année, et un bon moyen de faire un travail sur eux, de lever quelques blocages - je sens que c'est le moment pour pas mal d'entre eux, ils sont mûrs - et de renforcer la cohésion du groupe en vue de l'année prochaine. Je devrais au final aboutir à quelque chose de très positif!

Comme j'avais prévu par contre, ils passent maintenant leur temps à jouer de leur personnage, du genre "ah ben non maîtresse je copie pas, je suis Jules César moi!", "oh maîtresse Napoléon ne veut pas faire ce contrôle!"... le dédoublement de personnalité les guette!

Heureusement, j'ai encore le dernier mot: je suis le metteur en scène que diable!

Corrigé par Eddie à 15:09 - Evènements - Gribouiller au tableau? [0]

17 mai 2008

Kermesse: pièce de théâtre

Catégorie: Evènements

Avec l'approche de la kermesse, forcément, je me retrouve obligée de penser à la préparation du spectacle qui va avec.

Je me souviens personnellement que durant les dernières années de ma scolarisation, les maîtresses ne s'étaient pas pris la tête: elles avaient dit à ceux qui voulaient faire un spectacle de se débrouiller à monter quelque chose. Je me souviens avoir pris part à un groupe de danse, où les petites starlettes de la classe jouaient les chef en décidant des mouvements que nous devions effectuer sur un morceau de Duran Duran, dans des costumes plus que discutables. Pour un résultats qui dans ma mémoire était mitigé. Enfin bref. Je pourrais faire de même avec mes grands, en les livrant à eux même, sauf que j'aime bien quand ça en jette. Et qu'en plus vu leur niveau d'application en général, avec eux, le résultat serait plus que mitigé: ils ne feraient sans doute rien.

Donc me voilà en train de cogiter sur la grande question: que choisir? le chant est d'ors et déjà exclu, je n'en aki pas fait du tout cette année pour la bonne et simple raison que je ne sais pas comment m'y prendre. encore un truc qu'il va falloir que je réfléchisse pour l'année prochaine. Donc pas de chant. pas de danse non plus, parce que ça me gonfle. Là au moins c'est clair. L'année dernière j'avais opté pour une mise en scène de poésie, qui s'est avéré un choix très peu judicieux puisqu'à l'arrivée, cela combinait les difficultés du chant (choeurs, problème de rythme et d'ensemble, une horreur) et celles du théâtre (notamment les costumes et les décors sans parler de la mise en scène). Il ne me reste donc pour cette année que le théâtre. Youpi.

Sauf que le théâtre, c'est galère parce qu'il faut trouver une pièce, ou plutôt des pièces adaptées, puisqu'avec 20 élèves, il faut souvent plusieurs petits pièces avec 5 ou 6 personnages. Il faut aussi que ce soit simple question décors, que les costumes ne soient pas trop difficiles à faire, et surtout, surtout, que les répliques ne soient pas trop longues ni trop compliquées pour mes loulous. Autrement dit, c'est impossible à trouver!

Je me suis donc rendu à l'évidence: ça irait plus vite de m'écrire une pièce sur mesure. Avec 20 rôles pas trop compliqués, un sujet drôle pour que ça les amuse (et le public aussi tant qu'à faire), et des décors ultra simples. J'ai fait une seule concession: les costumes. Faut pas rêver, il était évident que je devrais faire un effort quelque part. J'ai préféré me compliquer la vie avec des costumes plutôt que d'avoir un truc pas drôle.

Au final je trouve ça très réussi, je pense que ça va leur plaire, et comme je me doute que je suis pas la seule instit à galérer avec ça, je vous mets en ligne ladite pièce:

pièce de théâtre CE/CM: "Mon héros!"

Une recommandation: il est très facile de rajouter des élèves, il suffit par exemple de rajouter un homme de Cro-Magnon de plus, ou un garde du roi, de rajouter un soldat au côté de Jeanne d'Arc... ainsi on peut facilement faire jouer la pièce à une classe de 25 élèves!

Maintenant, reste plus qu'à voir comment mes élèves vont acueillir la pièce, et comment on va se débrouiller avec les costumes: affaire à suivre!

16 mai 2008

La richesse du coeur

Catégorie: Mots d'Enfants

Lors de la visite du musée, mes élèves et moi avons croisé et cotoyé nombres d'autres classes en visite comme nous. Et franchement je dois dire, les gamins des villes ont l'air imbuvable! Ils se toisaient avec dédain et se jaugeaient de la tête au pied, c'était absolument incroyable. Total lookés lolita pour les filles, racaille chic pour les mecs, ils surveillaient leurs maîtres et maîtresses du coin de l'oeil avec un mépris évident. Et pour finir ils se faisaient ostensiblement chier, les musées ça craint.

Les miens avaient l'air d'être au parc d'attraction, les yeux partout, le sourire sur le visage, montrant du doigt les vitrines, apostrophant le guide pour savoir "c'est quoi le truc avec le machin recourbé?" et me disant "maîtresse on doit chuchoter pour pas gêner les autres qui visitent". Ok les miens n'ont rien compris à l'explication sur les monastères, ne savaient pas qui était Aliénor d'Aquitaine ni avec quoi on écrivait sur les manuscrit, les miens ne savaient répéter le mot "scripte" correctement ni dire que ce qui est au bout de la jambre c'est le pied, mais franchement je m'en fous. Ils ont été respectueux, curieux, ouverts et enthousiastes. Exactement ce que j'essaie de leur apprendre tous les jours.

Et quand nous avons croisé un groupe de ces petits péteux qui nous a dévisagé en faisant la grimace et en nous lançant un "hinhin" tonitruant au visage comme si nous avions encore de la crotte sur nos sabots, aucun des miens n'a répondu, ni par grimace ni par "hinhin" rien... juste J. qui s'est retourné vers moi en disant: "Z'avez-vu maîtresse, eux ils parlent ch'ti!"...

On a tous bien rigolé en continuant à suivre notre guide. Et moi j'ai jubilé intérieurement. Parce que y'a plein de choses que les miens ne savent pas.

Mais les miens savent se défendre: ils ont de l'humour.   

Corrigé par Eddie à 21:55 - Mots d'Enfants - Gribouiller au tableau? [5]

12 mai 2008

La démerde...

Catégorie: La Vie de la Maîtresse

Je me fais des nouvelles feuilles d'évaluation pour mes élèves, parce que le livret que j'utilisais jusqu'à présent ne parle pas aux parents - y'en a même qu'ont été engueuler leur gamin en leur disant qu'il faisait pas de progrès alors que c'était tout le contraire! - donc fallait vraiment faire quelque chose.

Je m'y applique donc, je ponds un truc bien chiadé. J'imprime, je photocope, et je commence à remplir. C'est super fastidieux, y'a cinq feuilles détaillée à compléter pour chaque élève. J'en fais un, deux. Je me dis qu'en fait ces feuilles ne me plaisent pas trop. Y'a un truc qui cloche... Bon non aller, courage. J'en fais un troisième, un quatrième... Et merde, ça va vraiment pas! En fait, je me retrouve à écrire les même commentaires insipides et obscures pour chaque élève. C'est bien la preuve que quelque chose cloche.

Alors je tente de prendre un peu de recul, et j'osculte mes feuilles. Et là je réalise que finalement j'ai pondu un truc quasi aussi compliqué que les livrets de départ, dont je voulais me défaire. Ok, autant pour moi. Du temps et de l'énergie perdus. Faut tout refaire. Ou presque. En fait je dois garder le même système, mais le simplifier grave. En fait, je dois me démerder.

C'est pas ce qu'on appelle la liberté pédagogique? 

05 mai 2008

I'm a slave for you

Catégorie: La Vie de la Maîtresse

Journée de rentrée comme une rentrée de dernière période de l'année: agitée, sans dessus dessous, en vrac, plein de bonnes intentions mais déjà fatiguée, et plus de voix.

Je les ai attaqué fort en parlant kermesse et spectacle de kermesse - pour lequel je vais devoir écrire une pièce de théâtre tellement j'en trouve aucune qui me convienne! - en parlant passage, en parlant évaluation, en parlant repas de kermesse, en parlant voyage de fin d'année, en parlant gros retard, et en disant que le temps allait passer très vite pour toutes ces raisons là. Y'avait plein de questions - notamment sur la course d'orientation que je leur ai promis et j'aurais mieux fait de la fermer - il a fallu répondre à tout, recadrer, et prévenir que c'était pas parce que c'était quasi-presque-bientôt la fin de l'année que ça devait être la fête du slip, au contraire...

Du coup on est reparti à bosser comme des malades, mais en vrac. Je suis désormais incapable de faire les choses autrement que "en vrac" tellement y'a en trop pour une seule personne hein, et que c'est pas à cinq semaines de la fin de l'année que je vais revoir mon organisation. Donc je jongle, je baisse la tête et je tire au collier, courage, c'est le dernier morceau, et si c'est pas le moindre c'est quand même le plus ensoleillé et le plus joyeux. Enfin normalement.

J'ai donc jonglé aujourd'hui entre l'apprentissage de la technique de la multiplication - aïe ouïlle aïe - pour mes ce2, une leçon d'histoire version béton armé partie un - la deuxième partie étant prévue pour demain - pour tout le monde, et la fabrication du sacro-saint cadeau de fête des mères pour finir. Qui s'annonce être comme l'année dernière une magistrale horreur, vu comme ils sont doués pour suivre mes consignes et reproduire ce que je leur montre en modèle - c'est à dire pas vraiment pas. Encore une fois ça ressemblera à rien, mais faut que je fasse un post rien que là dessus, parce que ça vaut son pesant de cacahuètes.

Je sais pas ce que je fais demain, j'improviserais, vu que là je dois remplir leur feuille d'évaluation de la semaine d'avant les vacances que j'avais promis que je les donnerais sauf que je les ai totalement zappées pendant les vacances donc elles étaient pas faites donc c'est pas juste maîtresse mais quand même enfin maîtreeeeesse!...

Là je crois que c'est officiel.

Je suis leur esclave.

30 avril 2008

Le blues du stylo rouge

Catégorie: La Vie de la Maîtresse

Je profite des vacances pour corriger leurs cahiers en masse. Oui j'avoue, la corection des cahiers est encore un de mes gros points faibles auquel je tente de trouver une solution sans grand résultat jusqu'ici, mais je ne désespère pas.

Donc, comme je ne les corrige que très rarement, je mets un point d'honneur à ce qu'ils soient au moins entièrement corrigés à chaques vacances - quand j'ai un minimum de temps quoi.

Et là, je déchante. Je commence à me dire que si je ne trouve jamais le temps de corriger leurs cahiers c'est sans doute aussi parce que c'est une vraie torture de voir les bêtises qu'ils débitent au kilomètre, c'est désépérant.

Alors en cette période de fin d'année, je me retrouve là, à corriger, et à me dire: "mais il va vraiment passer en 6ième celui-là? c'est pas possible... et celle-ci je la fais passer en CM1? noooon... ah ben si... et celle-là? ohlala..."

Parce que le système est mal foutu et même des gamins qui n'ont pas le niveau, ben on les fait passer quand même, direction la classe supérieure, pour plein de raisons hallucinantes - genre au bénéfice de l'âge ou parce qu'on ne repique pas au milieu du cycle etc... - et les parents sont ravis, forcément, persuadés que finalement le gamin ça va. Sauf que non, ça va pas, mais allez leur faire comprendre après ça. Eux vous rétorquent "Ben il passe alors c'est bon!" C'est tellement bon que nous on angoisse à l'idée de l'année catastrophique qui se profile derrière, de la galère dans laquelle le gamin va s'enfoncer et de tout ce qu'on va devoir faire pour limiter la casse.

Et moi je respire et je m'accroche à mon stylo rouge...

23 avril 2008

Journée "maternelle"

Catégorie: Arts Plastiques

J'ai cru que je ne survivrais jamais à cette dernière journée.

Parce que la grande idée de la maîtresse pour un dernier jour de classe après une période plutôt dense, c'était de faire une journée "maternelle". Explications: malgré le fait que j'ai des grands de cycle 3 - CE2/CM1/CM2 - il s'agit de mettre en place des ateliers différents où les élèves tournent suivant leurs envies pour pratiquer différentes activités. Et comme on avait pas fait beaucoup d'arts visuels pendant cette période, j'avais décidé de rattraper un peu tout ça. Donc de bon matin j'ai commencé à installer tout un tas de trucs sympas... qui se sont bien sûr avérés très crevant.

Au programme ils ont eu:

- un atelier peinture avec tout ce qu'il est possible de trampouiller dans de la peinture, y compris les doigts... ce qui a fini en jeté de peinture façon Pollock, avec relooking à la clef pour certains, façon peintre en bâtiment!

- un atelier encre avec des porte-plumes, des pinceaux et autres, et surtout des pailles pour souffler l'encre... ce qui a fini avec des dents vertes, bleues, roses et jaunes et des élèves ravies de leurs sourires façon "sorcière" puisque chez des élèves de cet âge, inspiration et expiration ne semblent pas encore totalement sous contrôle!

- un atelier rupestre avec dessin au charbon de bois sur de la tapisserie en relief qui imitait vachement bien les parois d'une grotte... ce qui a fini avec des petits ramoneurs tout plein de noir partout!

- un atelier tampon avec de vieux tampons trouvés à l'école et quelques boîtes d'encre... ce qui a fini avec des loulous tatoués de partout - ben ouais les tampons c'est vachement plus drôle sur la main que sur la feuille quoi!

- un atelier pâte à modeler avec plein d'instrument pour modeler justement, dont des bâtonnets de glace... ce qui a fini avec des gros pâtés planté sur les batons de glace "maîtresse z'avez vu ma glace à la fraise?" assorti d'immondes téléphones portables tout plat!

- un atelier découpage/collage où ils avaient toutes sortes de matériaux à leur disposition pour faire la compo de leur choix... ce qui a fini sans incident, curieusement.

Autant vous dire qu'à midi ils étaient ra-vis et moi cre-vée. Du coup j'ai vite changé mon fusil d'épaule et on a passé l'après midi à faire des choses plus calmes, dont une sacrée longue récrée puisqu'on avait zappé la récrée du matin du coup.

Je garde cette idée d'atelier mais la prochaine fois je manage mieux le truc. Tout doit être prêt, et ça aurait été mieux si on avait fait ça l'après midi. J'avais prévu une journée mais c'est trop long, ou alors il faut prévoir des ateliers pour le matin, et d'autres ateliers complètement différent pour l'après midi. Mais surtout il faut au maximum que les élèves puissent se débrouiller tout seuls, genre reprendre de la peinture, reprendre une feuille, rincer les rouleaux, nettoyer leurs bêtises... sinon on ne sait plus où donner de la tête! C'est sans doute pour ça que je n'ai pas tenu la journée. Et puis dans cette optique, il faut absolument que je commande du matériel pour l'annéer prochaine, parce que franchement on n'a pas grand chose... des ateliers plus variés m'aurait sans doute également permis d'étaler ça sur une journée entière.

Enfin, c'était quand même très chouette. Je mettrais peut être quelques unes de leurs oeuvres si j'ai le temps demain!

Si je ne passe pas la journée à dormir...

Corrigé par Eddie à 18:01 - Arts Plastiques - Gribouiller au tableau? [3]

21 avril 2008

Si les ricains n'étaient pas là...

Catégorie: Mots d'Enfants

Contrôle de sciences sur le système solaire et l'espace.

Question: "Comment s'appelle le premier homme qui a marché sur le lune?"

Réponse d'un de mes loustics de ce2: Louis Amstrong.

Sont trop forts ces ricains...

Corrigé par Eddie à 18:25 - Mots d'Enfants - Gribouiller au tableau? [4]

14 avril 2008

Parle à ma main

Catégorie: Madame la Directrice

Etre directeur dans une école, c'est entendre 5 fois la même chose - chose désagréable s'entend - dans la même journée mais racontée par 5 personnes différentes. Parce qu'elles, elles ne vous le disent qu'une fois, et qu'elles ne savent pas qu'il y en a déjà quatre autres qui vous ont fait le topo et joué du crincrin avant elles. Alors elles y mettent tout leur ras-le-bol, bien comme il faut... et après ça vous, vous retrouvez avec un ras-le-bol puissance cinq.

Etre directeur, c'est faire face à des gens qui viennent vous voir comme si vous étiez chamane, ou patron d'Aventis, ou président des Etats Unis, genre il suffit de venir se plaindre et vous allez régler leur problème dans la minute. On se retrouve alors à faire face à la mine froissée et doléante de ceux qui pensent qu'on a un quelconque pouvoir... Je vous rassure: les directeurs n'ont aucun pouvoir, on a juste les emmerdes qui vont avec.

Etre directeur, c'est avoir un agenda épais comme le poing, avec plein de rature parce que les rendez-vous changent tous les temps, et se retrouver avec des gens qui vous collent des rendez-vous en plus au pied levé, sans vous demander, parce qu'ils peuvent pas faire autrement... parce que moi bien sûr, si. J'ai rien de prévu, pensez-vous! Et le pire c'est qu'on dit "ok" parce que de toute façon on peut pas faire autrement...

Etre directeur, c'est être pris dans le feu croisé de la mairie, des parents, des autres profs, du personnel communal, des gens de la commune, de l'inspection... manque plus que les vaches et les chiens. Il faut mettre tout le monde d'accord sans froisser personne, il faut écouter, transmettre, tempérer, et surtout ne rien oublier ni ne rien mélanger! J'aurais du bosser à l'ONU.

Etre directeur c'est être responsable de tout, vis à vis de tout le monde, à outrance. Il faut être efficace, polyvalent, il faut être rapide, il faut être là tout le temps, tout voir et tout savoir. Pas beaucoup de temps pour réfléchir, il faut souvent gérer dans l'instant, il faut viser juste, il faut jongler entre tous les dossiers, ne rien lâcher, ne rien perdre de vue, sous peine de finir avaler par le rouleau. Vous êtes en première ligne, c'est à vous qu'on demande, tout et n'importe quoi, vous savez forcément faire, vous pouvez forcément faire, et après tout vous êtes payé pour quoi hein? Ben justement, on n'est pas payé pour tout ça.

Etre directeur c'est épuisant.

Tout simplement.

Corrigé par Eddie à 20:02 - Madame la Directrice - Gribouiller au tableau? [6]

12 avril 2008

Découvrir le monde

Catégorie: Mots d'Enfants

Savez-vous ce que font des élèves d'environ 10 ans quand on leur distribue des pinceaux en attendant que la maîtresse finisse de préparer les pots de peinture? Non?

Et bien tentons une expérience. Prenons une bonne poignée de pinceaux mal lavés - oui parce que si les élèves se lavent avec du savon, les pinceaux eux n'y ont jamais droit! - de la fois précédante, et distribuons tout ça à nos chers élèves qui patientent. Laissons les quelques minutes dans la classe le temps d'aller chercher les flacons de peinture dans la réserve. Et revenons observer, ou plutôt admirer, le résultat:

Une bonne demi douzaine d'élèves le visage barbouillé de vert, de bleu, de rose... comme s'ils avaient piqué le fard à paupière de maman. Et les autres morts de rire. Parce que forcément, un pinceau mal lavé, c'est encore tout plein de pigment. Les peinturlurés ne comprennent pas pourquoi on rit, et ensuite ne comprennent pas forcément pourquoi ils sont dans cet état - le rapport cause à effet n'étant pas évident pour certain, alors que pour d'autre c'est un peu la honte aussi d'avoir eu ce geste malheureux.

Car oui la réponse à notre question de départ est: les élèves se caressent le visage avec leurs pinceaux, comme des petits de maternelle, sans même vraiment s'en rendre compte, tout accaparés qu'ils sont par la douce sensation sur leurs joues.

Franchement le résultats était hilarant, et la stupéfaction des intéressés rajoutait à mon fou-rire intérieur.

Ils me surprendront toujours...

Corrigé par Eddie à 17:33 - Mots d'Enfants - Gribouiller au tableau? [1]

11 avril 2008

Courage, fuyons!

Catégorie: Sorties pédagogiques

Hier j'étais de sortie avec mes affreux. Ouais je sais.

Quand on a l'idée, au début, on trouve ça génial. On veut aller là ou là, c'est trop bien, top là, on est parti. On se renseigne, on réserve sa place, on réserve le bus, on est super content. On prépare bien son truc, on est ravi d'annoncer ça aux gamins, eux encore plus ravis que nous. on expose la chose, on explique. C'est cool.

Et puis le jour J, on se dit que bordel de dieu mais pourquoi j'ai voulu faire cette sortie mais je suis conne ou quoi???!!! Parce qu'on flippe à l'idée d'en perdre un en route - gros flippage de maîtresse ça - à l'idée d'en abîmer un qui ne reviendrait pas dans son état d'origine - gros flippage de maîtresse aussi - à l'idée qu'ils nous collent la honte en chantant "parle à ma main" en plein milieu du musée alors que le guide vire au carmin - gros gros gros méga flippage de maîtresse - ou qu'ils trouvent ça chiant et s'agitent dans tous les sens et qu'on soit obligé de faire la police non-stop du début à la fin histoire d'éviter la situation de "parle à ma main" évoquée juste avant. Et bien sûr l'épreuve du trajet en bus, où il s'agit là aussi de les faire tenir tranquille histoire de pas avoir à avaler une boite de doliprane entière en arrivant tout en s'excusant, la mine honteuse et défaite, auprès du chauffeur qui devra en avaler une aussi. Autrement dit, une maîtresse qui fait une sortie avec ses élèves, c'est une maîtresse tendue comme un arc. Et qui se dit que bordel de dieu mais pourquoi j'ai voulu faire cette sortie mais je suis conne ou quoi???!!!

Dumoins c'est mon cas, et donc hier midi avant de partir pour notre périple, je n'ai pu avaler en tout et pour tout que quatre malheureux radis. J'avais beau me dire que lors des sorties précédantes - et ouais parce que je l'ai déjà fait mais ça m'a pas servi de leçon faut croire - ils avaient été adorables, et que tout c'était bien passé, n'empêche j'étais pas jouasse.

Comme j'ai eu tord! Car oui je n'ai qu'une chose à dire: mes élèves ont été extras, absolument extras! Sages d'abord, et dans le bus, et dans l'expo, et pendant l'atelier. Et puis studieux aussi, super impliqués, ils ont joué le jeu, réfléchi, répondu aux question, réalisé de supers constructions. Ils ont écouté nos guides, levé le doigt pour parler, chuchotté dans les salles, se sont réparti le travail... Ils ont découvert, appris, et moi ça m'a donné des idées de prolongement en classe. Nos guides nous ont d'ailleurs complimenté, en nous disant que ça avait été très agréable de travailler avec nous, et m'ont glissé en apparté qu'elles avaient beaucoup de mal avec les pluparts des groupes scolaires qu'elles trouvaient limite supportables. Moi j'étais super fière des miens. Ce que je n'ai pas manqué de leur dire aujourd'hui d'ailleurs.

Bon ok je les avais bien brieffé avant, je reconnais, mais quand même, ils m'ont vraiment bluffé! Parce que c'était naturel, c'était dans une très bonne ambiance, je les ai vu en profiter à fond. Et ils étaient eux aussi très fiers d'entendre les compliments de nos guides. Tellement que malicieusement un de mes terrible a lancé bien fort "ouais on n'a pas collé la honte à la maîtresse" - ça c'était mon brieffing de la veille où je les avais bien prévenu de pas me coller la honte sous peine de représailles sévères - et ils ont tous éclaté de rire. Nos guides aussi.

J'ai passé une super après-midi. Eux encore plus je crois. Et forcément c'est la meilleure réponse qu'on peut faire quand on se demande mais bordel de dieu mais pourquoi j'ai voulu faire cette sortie mais je suis conne ou quoi???!!!...

Corrigé par Eddie à 21:22 - Sorties pédagogiques - Gribouiller au tableau? [1]

Non mais qui t'es toi d'abord?

Catégorie: La salle des maîtres

Bon finalement, la semaine avec Môssieur je te snobe n'a pas été pire que ça, vu que dès le mardi il avait décidé d'accrocher un sourire à son visage et moi j'avais décidé de soigneusement décaler toutes mes récrées pour l'éviter. Entente parfaite.

Il en a pas foutu une - attention hein, être remplaçant c'est un vrai boulot et certains remplaçants sont vraiment top de chez top... mais pas celui là - et c'est notre atsem qui a tenu la classe comme elle a pu - traduisez elle a évité que j'ai a appelé le samu quinze fois par jours. Car oui savez-vous comment ce "collègue" surveillait la récréation? Et bien tout simplement en feignant de ne rien voir - et donc en ne réprimant rien - et surtout pas le gamin en loque qui braillait juste sous son nez, le visage rouge de larmes, et qui visiblement avait quelque chose qui clochait. Môsieur regardait l'horizon, puis regardait le gamin, sans un mot, l'air de dire "va pleurer ailleurs". Il a fallu que ce soit moi qui m'en occupe. Véridique.

Et bien sûr en classe, il avait la même attitude. Je sens que je vais en entendre parler lundi moi. Car notre élève le plus terrible, le violent, a fait des siennes. Forcément. Et le maître a laissé couler. Allant même jusqu'à dire à la maman que le gamin n'était pas si terrible que ça... de quoi je me mêle???

Enfin bref, question professionnalisme il pourra repasser.

Ou plutôt non, je ne veux plus jamais le voir!

Corrigé par Eddie à 20:58 - La salle des maîtres - Gribouiller au tableau? [1]

07 avril 2008

Marque ta page

Catégorie: Organisation et gestion de classe

Personnellement je travaille en classe avec des manuels, et comme j'ai un triple niveau, ça fait trois fois plus de manuels. Je ne peux donc pas m'amuser à les laisser ouverts à la bonne page sur mon bureau, et après avoir perdu maintes fois mes marques pages improvisés, après avoir collé des tonnes des post-its sur plein de pages sans jamais les enlever ensuite ce qui fait qu'au bout du compte on ne sait plus quelle est la bonne page, et bien j'ai fini par trouver LA solution imparable qui me permet de marquer les pages voulues rapidement et de pouvoir en changer rapidement, et sans abimer les livres - car certains post-its laissent de la colle sur les pages!

Il suffit de couper des brins de laines d'une longueur suffisante, quatre ou cinq brins, de les attacher ensemble en faisant un noeud et de fixer ça sur la tranche du livre avec un petit scotch, de sorte que les brins de laine servent de signets que l'on glisse entre les pages, tout simplement!

Oui je sais, c'est très con comme idée mais franchement, j'ai pensé à ça ce matin, et vu que ça fait presque déjà deux ans que je me bas avec mes manuels et bouquins en tout genre, je me suis dis que l'idée n'était peut être pas si évidente pour tout le monde et que d'autres pourraient apprécier...

Sinon tiens en passant, dans la classe au coin BCD il y a un aussi un pot de marque page à dispositions des élèves. J'y recycle les chutes des divers documents que je plastifie, chutes que je n'ai souvent même pas besoin de redimensionner! Il y en a de toutes les tailles et de toutes les couleurs, et c'est libre service: les gamins les ont vite adoptés!

Monstres et compagnie

Catégorie: La salle des maîtres

Cette semaine Pompadour étant en stage, c'est un remplaçant qui a pris sa classe.

Moi très connement, je m'étais dit que c'était l'occasion de changer un peu de tête, de voir quelqu'un d'autre, et avec un peu de chance quelqu'un de plus sympa.

Ben vous le croyez si je vous dis que c'est pire?

J'ai écopé d'un con prétentieux qui me snobe superbement et qui parle - même pas à moi je vous rassure - pour expliquer comment on s'y prend mal avec nos élèves. Qui se fout royalement de tout, survolant tout ça d'un air méprisant, puisqu'il n'est là que pour une semaine, qui a laissé les élèves mettre un bordel royal et l'atsem faire la police à sa place. Qui est arrivé et parti sans dire bonjour ni au revoir, qui a l'air d'attendre que le temps passe comme si c'était le bagne, en se tournant les pouces. Et en lâchant ça et là des phrases laconiques lourdes de ce même mépris qui me donne envie de lui coller des claques. C'est-y pas merveilleux?

Non mais j'vous jure j'ai la poisse...

Corrigé par Eddie à 17:35 - La salle des maîtres - Gribouiller au tableau? [0]

05 avril 2008

Chaud/froid

Catégorie: Mots d'enfants

Contrôle de sciences sur les propriétés et les états de l'eau avec mes CE2.

Question: à quelle température l'eau se congèle-t-elle?

Réponse: à 18 degrès.

Question: quelle est la condition pour que l'eau se transforme en glace?

Réponse: Qu'il fasse chaud.

Bon et bien va falloir appeler le syndicat des frigoristes parce qu'on a un problème les gars: vos frigos font du froid et ça, c'est pas normal!

Vous comprenez maintenant pourquoi certains soirs je désespère?

Corrigé par Eddie à 17:54 - Mots d'Enfants - Gribouiller au tableau? [4]

C'est exclusivement féminin

Catégorie: Mots d'Enfants

Hier à la récréation de l'après midi, tranquillement installée au soleil, je profitais de la volubilité de mes grandes, mes CM. En ce moment elles aiment bien me coller à la récré, et me raconter plein de choses. Elles étaient donc toutes les quatres installées autour de moi, à regarder les garçons qui jouaient au loin, et à se moquer d'eux. Et voilà C. qui me dit:

- Maîtresse, vous savez les garçons ils sont pas futés! Moi j'ai trouvé un truc pour quand on joue à s'attraper et que je veux qu'ils me lâchent...

- Mmmmh? Quoi? demande-je tout en surveillant les gugus du bac à sable qui ont décidé de se faire la guerre à grand coup de pelle.

- Et ben d'un seul coup je crie et je me tiens l'oreille comme ça (mime de la gamine) et je dis "Ma boucle d'oreille! Attends! Ma boucle d'oreille!... et là ils me lâchent tout de suite!

Effectivement la gamine en question porte de grands anneaux dorés, le genre qui pourrait vous arracher l'oreille.

- Sauf que mes boucles d'oreilles maîtresse - ajoute-elle en riant - elles sont faîtes pour se détacher toutes seules si on tire dessus!

- Ouais maîtresse, continue sa copine, et même y'a J. il a cru qu'il lui avait arraché l'oreille, et il lui disait "ça va? ça va? ça va?"...

- On était trop morte de rire maîtresse! gazouillent-elle en coeur. Et ça marche à tous les coups!

Intérieurement moi aussi j'étais morte de rire. Comme quoi y'a pas d'âge pour les mener par le bout du nez... ou plutôt par le bout des oreilles.

Corrigé par Eddie à 17:50 - Mots d'Enfants - Gribouiller au tableau? [0]

29 mars 2008

Parfum d'antant

Catégorie: Madame la Directrice

L'année file à une vitesse impressionnante, et au détour du parcours remuant et cahotique de tous les jours, une drôle de nouvelle qui se profile: il y aurait peut être possibilité pour l'ouverture d'une troisième classe à l'école.

Incroyable, d'ailleurs je n'arrête pas de compter et recompter, mais nos prévisions d'effectifs pour la rentrée ont été soudainement modifiés, et au final, on va se retrouver limite. Très limite.

Du coup j'ai appelé l'inspection pour savoir, mais ils ont été flous et ne m'ont donné aucun chiffre. Mon délégué de parents d'élèves m'a dit qu'il fallait 51 élèves pour l'ouverture d'une troisième classe... d'après ma petite feuille, nous aurions 54 élèves en septembre. Ce qui pourrait le faire...

Une partie de moi commence déjà à tirer les plans sur la comète, à imaginer la nouvelle classe - qui existe déjà puisque dans le temps, à la belle époque comme qui dirait, l'école avait trois classe, et cette troisième classe sert aujourd'hui de garderie - à rêver d'avoir deux collègues au lieu d'un seul, et le plaisir d'annoncer à tout le monde que oui, on ouvre encore une classe. Je serais si fière de pouvoir annoncer ça, parce que ça serait aussi un peu ma réussite après tout! J'aurais l'impression de vraiment faire renaître cette école, de la voir reprendre ses couleurs d'antant, d'effacer ses misères, et de la voir s'ouvrir pour de bon. 

Mais une autre partie de moi n'y croit absolument pas. La partie qui s'est déjà frottée à l'inspection, au rectorat et au reste, qui lit en diagonal les papiers des syndicats, qui sait très bien que faire ouvrir une classe, c'est un chemin de croix. Cette partie là ce dit que bon, pour cette rentrée là, ça risque de faire trop juste. Qu'il faut commencer à battre le rappel pour une ouverture l'année suivante par contre. Plus raisonnable.

Sauf que raisonnable, c'est pas vraiment mon deuxième prénom. Oh ça non. Et que quand j'ai quelque chose dans la tête...  Alors je me lance là dedans, je vais casser les pieds à du monde, rameuter les parents d'élèves, mobiliser la mairie, et voir un peu comment ça tourne. Pas que je crois aux miracles, non, mais quand y'a un truc dans l'air, je le sens.

Et là, ça sent la renaissance.

Corrigé par Eddie à 22:12 - Madame la Directrice - Gribouiller au tableau? [3]

25 mars 2008

Manies

Catégorie: La vie de la Maîtresse

Bon, et bien me voilà taguée par une autre maîkresse dont j'ai découvert le blog avec plaisir - et sourire - et comme je suis toujours ravie de jouer le jeu des questions réponses... voilà mes 6 manies de maîtresse!

1/ Je suis trop gentille dans les notes! Leurs copies me désespèrent tellement parfois, que je ne peux m'empêcher de chercher le petit truc un peu bien qui ferait que oui je pourrais justifier une note un peu plus élevée... et vous savez quoi? Ben je trouve quelque chose quasiment à chaque fois...

2/ Pour surveiller la récré je porte toujours mes lunettes de soleil, même quand il pleut... parce que qui peut savoir ce que regarde la maîtresse derrière ses lunettes noires hein?

3/ Quand mes élèves viennent me voir en disant "maîtresse j'ai mal là" je réponds systématiquement "bon alors je vais chercher la hâche..." sourire de mes élèves et le problème est réglé.

4/ J'appelle toutes les filles "poussinette" et tous les garçons "bonhomme"... ils disent qu'ils détestent ça mais en vrai je crois qu'ils adorent... et de toute façon je n'arrive pas à me passer cette habitude!

5/ Je bois mes trois thés par jour et forcément j'entasse les tasses à moitié vide sur mon bureau... inmanquablement donc à la fin de la journée, parmi le foutoir, il y a sur mon bureau trois tasses presque vides.

6/ Quand je suis au tableau et qu'un de mes feutres rend l'âme - assez souvent, je vise la poubelle au fond de la classe et tente un panier à 3 points... la plupart du temps je le rate et c'est un élève qui ramasse le feutre pour le jeter. N'empêche qu'à chaque fois je me dis que je peux le faire... j'en suis à 9 points depuis le début de l'année.

Bon là je devrais taguer quelqu'un mais franchement tous ceux que je connais l'ont déjà été! Alors ouverture à qui voudra - et ne l'a pas encore été surtout! Et si vous répondez à ce questionnaire sur votre blog, mettez un commentaire avec votre adresse pour qu'on vous suivre!

Corrigé par Eddie à 20:48 - Gribouiller au tableau? [1]

03 mars 2008

Attention à la fermeture des portières!

Catégorie: La vie de la maîtresse

Forcément, passer ces vacances à déménager, ça ne laisse pas beaucoup de place pour le reste... et encore moins pour préparer la nouvelle période qui arrive!

Du coup je me retrouve à la veille de la rentrée en n'ayant strictement rien fait dans ma classe, c'est la merde. Oui c'est le mot qui convient. Parce que je n'ai pas corrigé la pile de copies en retard que je leur avais déjà pas rendu avant les vacances, que j'ai pas rempli leurs livrets d'évaluation, que je n'ai aucune idée de ce que je vais faire en sciences sur cette période, ni en arts visuels, ni en sport ni le reste d'ailleurs, que je n'ai pas réglé mon problème d'activités d'attente, que je n'ai toujours pas planifié ma sortie au musée, que je n'ai pas fait les comptes de la coopé, ni fait le point sur l'utilisation du budget 2007 ni boucler la prévision du budget pour 2008, que je n'ai pas acheter les graines pour le potager, que je n'ai pas fait de nouvelles images, et qu'il y a encore tout un tas d'autres trucs géniaux du même style que je n'ai pas fait non plus.

M'en fous. Je reste zen, ça ne sert à rien de paniquer. Demain je vais parer au plus presser. A savoir les livrets et les copies pas corrigées. Et la préparation de la journée de mercredi. Et ensuite je prendrai le train en marche, comme à chaque rentrée.

Sauf que maintenant, j'habite dans la gare.

29 février 2008

Chez moi

Catégorie: La vie de la maîtresse

Oui oui, plus beaucoup de nouvelles ces derniers temps et pour cause - ceux qui lisent mon autre blog le savent déjà - je viens de déménager! Et désormais je vis... à l'école! Non, ce n'est pas une blague, après mûre réflexion j'ai décidé de m'installer dans le logement de fonction.

Il n'y a plus qu'une porte entre ma classe et ma cuisine - enfin presque parce que la porte donne techniquement de ma cuisine dans la réserve - et franchement, c'est le bonheur! fini les soirées interminables où il falait tout boucler avant de partir, les trucs qu'on peut pas emporter, les trucs qu'on à oublier, les trucs qu'on n'a pas sous la main le week-end quand on veut préparare telle ou telle chose, bricoler tel ou tel dispositif. Là je suis sur place, et c'est le pied. Car vu que je passais déjà ma vie à l'école, pour le coup là, ma vie est vraiment toute entière à l'école!

En plus le logement est super chouette, et me donne plein de possibilité que je n'avais pas dans mon ancien appartement. Il est plus grand, tout vieux - j'adore! - je peux y refaire ce que je veux, la mairie n'y voit aucun soucis, au contraire ils sont ravis que quelqu'un habite enfin ce logement. J'ai du terrain pour faire un potager - celui des élèves en fait mais que je vais pouvoir entretenir mieux que l'année dernière - plein de fenêtre avec de la lumière, un patio trop mignon qui reste à aménager mais ça donnera quelque chose de très chouette, une superbe vue depuis l'étage, de la tranquilité, la proximité avec tous les gens du village que je connais - alors qu'à mon ancien appart je ne connaissais personne! - bref, c'est le bonheur!

Bien sûr je suis dans les cartons, dans les travaux, et ces vacances ne sont pas de tout repos. Je vais rembaucher crevée, mais heureuse! J'essaie de préparer un peu la prochaine période, mais franchement c'est difficile tellement j'ai autre chose à penser.

Heureusement que je suis sur place, ça va me faciliter le travail!

24 janvier 2008

Oh hisse...

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Aujourd'hui, ils ont été affreux, quelque chose de bien. Parce que si je dis pas que y'a contrôle, ben y'en a la moitié qui aprennent pas, parce que si je punis pas, ils se donnent des claques et des coups de pieds, parce que y'a toujours machin qui a fait mais eux c'est pas moi, parce que le silence c'est pour les autres, parce que quand je dis de poser cette règle ils la gardent en main en me fixant dans les yeux, parce qu'ils oublient des questions et que maîtresse je fais comment, parce que je leur dis de se concentrer et qu'ils gloussent non stop, parce que bien sûr qu'ils ont appris mais c'est tout faux, parce que c'est pas fini, parce que c'est pas vrai, parce qu'elles sont plus copines, parce que oh non maîtresse, parce qu'ils y arrivent pas, parce que c'est toujours trop dur, parce que, parce que, parce que... Ils fichent plus rien. Ils s'en foutent total. Et même pire, ils essaient de voir jusqu'où on peut me pousser.

La réponse a fusé ce soir, une fois le niveau de ras-le-bol bien atteind. Et finalement ils vont pas être déçus parce que la maîtresse on peut la pousser très loin.

Mais après faut en revenir.

23 janvier 2008

Conjugaison: jeu des 7 familles

Catégorie: Ressources pédagogiques cycle 3

Principe:

Sur le principe très simple des 7 familles, j'ai choisi 7 verbes, parmis les plus courant et les plus utiles, qui sont conjugués à un temps. Dans chaque famille il y a les six personnes, avec une présentation qui permet aux élèves de CE2 qui ne maîtrisent pas encore bien les personnes de se repérer et de s'aider.

Les élèves ont chacun leur jeu, avec une pioche au milieu. Et comme dans le jeu traditionnel, chacun son tour les joueurs choississent un autre joueur à qui ils demandent "dans la famille de tel verbe, je voudrais telle personne". Soit le joueur a cette personne, soit il répond "pioche!". Et le jeu se poursuit.

 

 

Bien sûr, c'est reproductible à l'infini! Avec d'autres verbes et d'autres temps, en fonction de se qu'on veut faire travailler aux élèves. On peut jouer avec un seul temps à la fois, ou mélanger les temps pour plus de complication.

Fichiers:

7_familles_conjugaison_présent
7_familles_conjugaison_passé_composé
7_familles_conjugaison_imparfait

L'avis de mes élèves:

Ils adorent! C'est leur jeu préféré, totalement plébiscité par toute la classe. Tellement d'ailleurs que j'en ai été très surprise... mais je ne m'en plains pas! Même les élèves en difficulté ont vite pigé le truc, et s'amusent réellement comme si ce n'était pas de la conjugaison!

 

18 janvier 2008

Quoi c'est tout?

Catégorie: Le plus beau métier du monde.

Fin de récréation, mes élèves se mettent en rang, j'attend, dans la bruine de fin de matinée. Je les regarde, le nez rentré dans mon écharpe, tappant du pied parce que ça se presse pas assez à mon goût. L'ébauche de rang gigote, et je perds patience. Il m'en manque pas mal.

"Bon ils font quoi les autres là?!"

Agacée, je fonce sous le préau, poings au fond des poches et sourcils froncés, prête à râler sur les retardataires. Mais le préau est désert.

La maîtresse inerloquée revient se mettre devant le rang, les regarde tous et constate que si, y'a bien le compte.

Et de réaliser subitement que vraiment j'ai pas beaucoup d'élèves quand même...

Roulez jeunesse!

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Mes élèves ont fait d'énormes progrès depuis le début de l'année. C'est encore plus flagrant chez mes CE2. Moi qui me désespérais juste avant les vacances de noël, je dois dire que là j'en suis limite bluffée. Faut dire que mes élèves, je les maltraite pas mal, mais toujours pour leur bien. J'avais des doutes sur ma méthode, mais là, ça a l'air de plutôt bien marcher faut croire.

Je les balade, je les perds, je les noie, je les bombarde. J'en balance dans tous les sens. Ils attrapent ce qu'ils peuvent, et j'en rebalance de plus belle. Je les secoue, je les bluffe, je complique tout l'espace d'un instant, pour qu'ils sentent bien tout ce qui leur échappe, pour qu'ils sentent bien que la maîtresse, elle sait plein de choses compliquées qu'ils ne comprennent pas.

Je les scotche. Je reste dans le mystère de la connaissance, j'en donne des bouts, des fois je reprends. J'arrose à grand jet et je coupe l'eau. Je les laisse se débrouiller, je les laisse juge, nager dans le grand bain sans bouée.

Forcément au début, ils sont totalement paumés. Ils savent pas, ils comprennent pas. Je ne suis pas une maîtresse qui hâche tout, je ne mâche rien, moi je balance, j'arrose, je ris, j'ai l'oeil qui frise et si j'explique toujours ce qu'il faut, je n'explique jamais tout. C'est casse-pied, c'est la vie.

Je ne dis pas à combien de carreaux de la marge. Je ne dis pas de quelle couleur il faut souligner. J'accepte beaucoup de chose, je tolère, j'encourage, je bouscule d'un côté mais rattrape de l'autre. Rien n'est jamais vraiment grave, c'est casse-pied. C'est la vie.

Je les retiens, je les piste. Je tempère, je panse. J'allège parfois, j'efface d'autre fois. Je joue une musique d'enfer, d'enfant.

Mes élèves je les tiens, je les emmène, je les pousse, à coup de pied au cul, à coup de rire, à coup de dérision, à coup de rêve, à coup de gueule, de haussement d'épaule et d'onomatopées. Je les mets en boîte, je les serre aux pattes, je les lâche dans le vide, et je les rattrape d'une main.

Je les couve de l'oeil, parfois je sors les griffes. Je les oblige, je vais les chercher, loin, je les appelle et je les sermone. J'en balance, à grande brassée, je sais que ce qu'ils attraperont ça sera déjà ça. Jamais tout, mais toujours bien assez.

Mes élèves je les respecte. Je leur dis qu'ils peuvent mieux, qu'ils peuvent plus, je leur dis comme si c'était évident, comme si c'était facile, comme si c'était à eux, déjà. Comme s'il suffisait de faire le premier pas, comme s'il suffisait de me faire confiance. Je leur dis quand je suis déçue, quand c'est moche, quand ils déconnent. Je leur dis même si c'est casse pied. Parce que c'est la vie.

Mes élèves je leurs apprends un peu la vie. Pour après. Pour eux. Parce qu'ils ont toute la vie devant. Je leur apprends à y croire, à faire avec, je leurs apprends à sourire. Même si c'est grave. Je leurs apprends qu'ils ont le droit, et ce qu'ils doivent. Je leurs de quoi ils sont capables, et qui ils sont. Parce que je crois en eux, quand même. Même si je râle, et même si j'ai eu des doutes. Finalement les gamins sont incroyables. Pour peu qu'on soit avec eux, à fond. Et tous mes efforts commencent à porter leurs fruits. Enfin. Ouf. Je peux continuer comme ça.

Je roule pour eux. 

Dis, raconte moi de l'Histoire!

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Semaine difficile, je finis la journée fatiguée, et quand je suis vraiment fatiguée, je pète un peu les plombs, mais dans le bon sens. Mes élèves ont donc eu droit à une leçon d'histoire un peu particulière cette après-midi, imaginez plutôt:

52 avant Jésus-Christ, Alésia. Les légions de César y acculent les guerriers gaulois de Vercingétorix et assiègent la ville.

Jusque là la maîtresse cause normal, un peu comme d'habitude, c'est à dire que c'est déjà sympa hein. Parce que je leur raconte texto comment César est furax, qu'il se décide à envoyer ses légions pour mater la révolte gauloise, mais que les Gaulois ne se laissent pas faire hein, ils veulent mettre la pâté à César. Et ça commence bien pour les Gaulois, ils gagnent à Gergovie! Super. Sauf que l'armée romaine est très tactique, elle fait plein de plans et tout, et elle arrive à faire reculer les Gaulois jusque dans Alésia. Et là c'est mal barré pour les Gaulois, parce qu'ils sont super bien barricadés, mais ils finissent par avoir faim. Et ils vont devoir se rendre, et donc c'est le chef qui s'y colle: Vercingétorix se rend à César. Tadaaaam...

Et là d'un seul coup la leçon prend des allures de bande dessinée. Un de mes élèves dit avec une pointe de malice dans l'oeil: "oui maîtresse, mais il a pas pris le micro pour se rendre..." et au lieu d'en sourire, je me retrouve à renchérir, mimant, campée en plein milieu de la classe, Vercingétorix, mégaphone en main:

"César! Je vais sortir! Tirez pas! Je suis pas armé"
"César! Je veux un hélicoptère! Sinon je descends les otages!"
"César! Faut qu'on parle! On peut s'arranger!"

Mes élèves morts de rire. Moi aussi d'ailleurs. Et puis j'ai repris mon sérieux, les rires se sont calmés, je leur ai dit de se dépêcher à copier la fin de la leçon. Et très sérieusement j'ai ajouté: le premier qui me met ça dans son contrôle, je lui fais les oreilles en pointe. Sourires entendus de mes élèves.

J'ai bon espoir qu'il aient au moins retenu le nom de Vercingétorix et l'histoire d'Alésia.   

Cette histoire est en partie inspirée de faits réels...

Catégorie: Madame la Directrice

Avec la voix de la directrice très très énervée:

- Allo l'Inspection?
- Oui?
- C'est pour savoir si j'ai le droit d'expulser un élève violent?
- Non.
- Nan mais pour une journée hein, histoire que ça lui serve de leçon parce que là...
- Non non.
- Parce qu'il est violent, et on a beau le punir, ça va mal finir!
- Ben non. Y'a que l'inspectrice qui peut prendre cette décision.
- D'accord et je fais quoi alors moi?
- Il faut faire un courrier à l'inspectrice, vous expliquez bien la situation, et elle prendra une décision.
- Un courrier? Et en attendant?
- Et bien faites un courrier.
- D'accord. Et sinon dîtes moi...
- Oui?
- Le numéro du samu c'est bien le 15?

Corrigé par Eddie à 20:02 - Madame la Directrice - Gribouiller au tableau? [1]

12 janvier 2008

Tableau pour les activités d'attente

Catégorie: Organisation et gestion de classe

Gérer les activités d'attente est toujours un casse tête, encore plus dans une classe à plusieurs niveaux. Et lors du passage de consigne on a beau dire aux gamins "quand vous aurez fini vous pourez faire tel chose"... une fois leurs exos terminés - autrement dit une demi-heure plus tard - ils ont oublié et redemandent imparablement "maîtresse je fais quoi???" en perturbant le bon déroulement de notre séance et en dérangeant les autres gamins.

Pour remédier au problème et économiser ma salive, j'ai mis en place dans ma classe un tableau d'attente. Quand les gamins ont fini, ils se réfèrent au tableau pour savoir ce qu'ils ont le droit de faire. C'est un simple tableau à double entrée punaisé sur un mur avec dans une colonne les activités (cahier de dessin, bcd, jeux péda, coin écoute, etc...) et en face une case vide dans laquelle je mets en feu rouge ou un feu vert, pour indiquer si on a le droit de faire cette activité d'attente ou pas. Pour que le système de feu soit vraiment pratique à manipuler pour moi, j'ai fixé dans les cases vides des punaises en métal sur lesquelles je pose des aimants. J'ai fabriqué des aimants ronds biface en collant tout simplement du papier vert et du papier rouge sur des aimants vierges et en collant ensuite deux aimant l'un contre l'autre. Attention si vous choisissez cette solution, il ne faut pas que les aimants soient trop lourds, sinon les punaises ne les retiendront pas. Mais on peut aussi faire ça avec des aimants à tableau, il en existe des rouge et des vert et ça marche très bien. Et pour ceux qui se sont pas du tout bricoleur, de la patafix ça marche très bien aussi - mais plastifier le support pour ne pas l'abimer alors!

Un peu de bricolage certes, mais je ne regrette pas parce que franchement ça m'évite les prises de tête: le matin en arrivant, je retourne mes petits aimants en fonction de ce que je veux leur permettre, et si je veux changer dans la journée, hop 2 secondes et c'est réglé. Les gamins ont tout de suite pris le réflexe de regarder ce tableau et ne me cassent plus les pieds avec cette satanée question: "je fais quoi maintenant?" Ouf!

11 janvier 2008

Grammaire: Dominos des natures de mot

Catégorie: Ressources pédagogiques cycle 3

Principe:

C'est un jeu très simple de dominos, les élèves doivent apparier les mots suivant leur nature: ainsi un domino se terminant par un adjectif doit être suivi d'un domino commençant par un adjectif. Les mots choisis sont des mots courants, ce qui permet d'avoir toujours un élève qui a la bonne réponse et qui va aider ses camarades. Ils peuvent jouer à plusieurs, avec un système de pioche, ou bien seul.

Pour les CE2, il n'y a que des noms, des adjectifs, des verbes et des déterminants.
Pour les CM, on rajoute les adverbes, des prépositions etc...

Les dominos de CE2 et de CM sont faits pour être combinés.

Les fichiers:

dominos_des_natures_CE2
dominos_des_natures_CM

L'avis de mes élèves:

Ils ont tout de suite accroché, la règle étant simple et facile à comprendre pour tous. Même mes élèves en grande difficulté s'amusent réellement avec ce jeu, ils manipulent tous les mots avec plaisir. Même en solo ou à deux, le jeu garde son intérêt avec un côté chasse au trésor: les élèves farfouillent dans les nombreuses étiquettes à la recherche de la bonne! Les combinaisons sont multiples. Ils ne sont donc pas prêts de se lasser... et ensuite on peut toujours rajouter quelques étiquettes plus ardues!

Les jeux pédagogiques

Catégorie: Organisation et gestion de classe

Pour gérer les temps d'attente dans la classe, et aussi pour changer des traditionnels exercices qui finissent par abrutir tous les élèves, même ceux de très bonne volonté, je tente de mettre en place des jeux pédagogiques. Il en existe plein de bien dans le commerce, mais ils sont souvent trop chers - bien trop chers si vous voulez mon avis comparé à ce que c'est vraiment - et donc j'en suis réduite à les faire moi même, avec un peu d'imagination - un peu de pompage aussi parce que je vais pas me gêner après tout - et un peu de matériel. Franchement, si vous êtes prof des écoles, investissez dans une plastifieuse premier prix et un massicot, ça vaut la peine.

Donc aujourd'hui, j'ai commencé à expliquer à quelques élèves la règle de quelques un des nouveaux jeux, histoire que ça fasse boule de neige dans les jours qui viennent. Je n'étais pas si sûr que ça allait marcher mon histoire de jeux, parce que franchement j'ai rien inventé d'extra... mais les gamins ont adoré. Il suffit que ça soit un jeu, et d'un seul coup les noms, adjectifs, adverbes, imparfait, problèmes, tout ça ne les crispe plus du tout, et le sourire jusqu'aux oreilles ils s'autocorrigent allègrement. Que du bonheur. Parce que mine de rien ils travaillent, révisent, réfléchissent ensemble, en même temps qu'ils aprennent à respecter l'autre, à se conformer à la règle, à être plus autonome. Je suis donc bien décidée à continuer dans cette voie, et à régulièrement renouveler le stock de jeu. Et si j'ai commencé par des jeux en français et maths, forcément, j'ai bien l'intention de très vite trouver des idées de jeux en histoire, en géo, etc...

Et je vais bien sûr vous faire partager tout ça!

Littérature: Yakouba, Thierry Dedieu

Catégorie: Ressources pédagogiques cycle 3

Yakouba

L'histoire:

Yakouba, jeune homme vivant dans un village du fond de l'Afrique, doit tuer un lion pour réussir son rite d'initiation et devenir un homme. Mais entre tuer sans gloire un lion malade et fatigué ou rentrer bredouille au village, Yakouba va devoir choisir. Il préfère épargner le lion et se retrouve mis à l'écart du village. Au lieu de devenir un fier guerrier comme ses pairs, il est désigné comme berger du troupeau. Et dès lors, le troupeau ne sera plus jamais attaqué par les lions.

Présentation:

Très bel album en noir et blanc, avec des dessins brossés qui donnent une atmosphère particulière, à la fois rude, âpre et avec la beauté des chose épurée. Peu de texte, avec un vocabulaire simple.

Exploitation:

Cet album d'un abord très simple à priori est très intéressant en cycle 3, et surtout avec des CM, pour illustrer le principe de l'interprétation d'un texte, et des différents niveaux de lecture. Car il y a beaucoup d'implicite en réalité, beaucoup de choses à comprendre qui ne sont pas dites dans le texte ni dans les images, mais qui sont effectivement induites.
Avec un lecture en profondeur, Yakouba se révèle en réalité bien plus courageux que ses camarades, et il prouve bien mieux qu'eux qu'il est un homme. En choisissant de subir l'exclusion, il va assurer la tranquilité de son village. La notion de sacrifice, de courage, de discrimination peuvent donner lieu par la suite à des discussions.
L'avantage c'est que l'histoire est simple, courte, agréable à feuilleter, et permet donc à des élèves de CM de pouvoir réellement saisir le phénomène d'implicite et d'interprétation car elle le met bien en évidence.

Mise en réseau:

Sur le thème de la discrimination, de la différence, du courage, de l'Afrique. Personnellement, j'ai utilisé Yakouba comme lecture en réseau après la lecture suivie de L'oeil du loup, de Daniel Pennac. On peut aussi citer Trèfle d'or, de Jean-François Chabas et François Place. A noter que dans chacun de ses trois ouvrages, la relation homme-animal est un thème intéressant.

L'avis des enfants:

Mes élèves de CM avaient eu une très bonne lecture supercielle de cette histoire. Ce n'est qu'après un petit questionnaire en règle qu'ils ont découvert petit à petit qu'ils avaient zappé tout un pan de l'histoire, même pour mes très très bons lecteurs. Plus on discutait, plus ils réalisait que finalement il n'avait compris que la moitié de l'histoire. L'effet obtenu a été celui que je cherchais: ils étaient bluffés! Ils ont ensuite relu tout ça en regardant cette petite histoire d'un autre oeil, en appréciant toute sa complexité.   

05 janvier 2008

Le début de la fin

Catégorie: La vie de la maîtresse

Je tente tant bien que mal d'être au point pour cette rentrée. Pas vraiment de progression ni de programmation mais plutôt des plannings, un fil rouge en somme. Sauf qe je n'ai pas fini, je n'ai rien en géographie ni en sciences, et vu le retard que j'ai accumulé dans ces deux disciplines, faut faire quelque chose d'efficace.

Reste aussi tous les trucs que j'aurais du mettre au point et qui ne le sont pas. Deux jours encore, et du boulot par dessus la tête. Y'a quand même des priorité, parmi lesquelles ces deux-là:

- je dois revoir mon système de discipline, parce que le permis à point marche bien, mais je n'applique pas les punitions associées à la perte des points... autrement dit avant longtemps ce permis ne servira plus à rien! Il faut que je trouve un système efficace de comptabilité pour savoir exactement à tout moment qui est privé de récréation entre autre.

- je dois revoir mon système d'activité d'attente, qui ne fonctionne plus des masses, vu que je n'ai jamais le temps de préparer les fiches d'activité. J'ai remplacé ça par des jeux - pédagogiques bien sûr - ce qui est bien mais je voudrais quand même garder quelques fiches. Sinon ça finit imanquablement par "prends ton cahier de dessin" et à force c'est pas terrible.

Je dois aussi visionner les dvds de Il était une fois pour voir l'exploitation que je vais en faire en classe, préparer un rallye question sur l'antiquité - ou dumoins essayer, corriger leur rallye maths et rentrer les résultats sur internet, finir de remplir les livrets d'évalution, préparer les questionnaires de littérature pour les bouquins qu'ils avaient à lire pendant les vacances, finir d'imprimer et plastifier les jeux que j'ai réussi à préparer pendant ces vacances, faire les comptes de la coopé - gloups - et tout un tas d'autres trucs sympas.

Autant dire que je suis pas arrivée...

30 décembre 2007

La fête du slip

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Comment parler de sexualité aux gamins, surtout dans une classe triple-niveau?

L'année dernière, j'avais botté en touche cette partie du programme. Avec un peu de mauvaise conscience certes, parce que par les temps qui courrent, les gamins voient de plus en plus de choses de plus en plus tôt, ils entendent et ils expérimentent aussi. Alors l'école a un rôle d'éducation primordiale là où les parents démisionnent franchement. Car pour certains, s'ils n'en parlent pas à l'école, à qui vont-ils en parler? A personne. Et ils restent avec des questions, de fausses idées, des angoisses pour certains, et tout un tas de conneries à venir puisqu'ils découvriront forcément tout, mais tout seuls.

L'année dernière, j'avais également botté en touche pour la simple raison que mes élèves n'avaient pas ouvertement fait preuve d'intérêt pour le sujet. Autant dire alors que les quelques rares allusions étaient noyées sous un peu d'humour et beaucoup de maths. Mais cette année, mes élèves de CM font montre d'une curiosité toute naturelle et beaucoup plus pressante, et qui m'amène à envisager d'avoir avec eux quelques discussions sur le sujet. Sauf que.

SAUF QUE...

Il y a plein de sauf que qui me saute à la tête quand j'envisage la chose. Le premier étant bien entendu: mais que vais-je faire de mes CE2??? Parce qu'il est clairement hors de question d'imposer ça à des gamins qui ne sont absolument pas prêt pou le sujet. Les gamins de CE2 ne sont pas matures pour parler de sexualité, preuve en est qu'ils ne s'y intéressent absolument pas. Ce sont encore des enfants.

J'ai pensé à prendre les CM à part, quand les CE2 sont en cours d'anglais par exemple, en leur expliquant d'abord que les élèves de CE2 ne sont pas prêts et que ce n'est pas un sujet à échanger avec eux. Le soucis c'est que j'ai bien peur que le côté confidentiel, allié à ces sourires et ces rires idiots que vont arborer mes CM, titillent un peu trop la curiosité des CE2. Alors, je tente le coup ou pas?

Et puis ensuite, comment aborder la chose avec mes CM? A partir de documents, à partir de ce qu'ils croient... j'avoue que je suis un peu perdue. Perdue et méfiante, au vu de la récente question posée à la récréation par une de mes CM2, pas gênée mais intriguée: "Maîtresse c'est quoi une fellation?". Elle avait bien compris le caractère tabou du mot, mais n'avait aucune idée de ce à quoi il se rapportait. Encore une fois j'ai botté en touche, le temps de reprendre mes esprits. Mais que répondre à une gamine de 10 ans qui vous pose cette question? A part ce que j'ai répondu, à savoir que c'était quelque chose qui regardait les adultes et qu'une petite fille de son âge ne devrait même pas avoir entendu ce mot, autant dire le fameux "tu es trop petite pour savoir"... tu parles d'une réponse!

Du coup je tourne autour du pot. J'ai vraiment envie de leur faire un topo là dessus, d'avoir un moment de parole, mais je me demande si je vais être à la hauteur. Ma dernière idée c'est d'avoir commandé Le guide du zizi sexuel avec Titeuf, que je vais d'abord feuilleter pour voir de quoi il y est question, et s'il s'avère à la hauteur de mes espérances, je leur collerai entre les mains, leur laisserai le temps de le parcourir en long en large et en travers, avant d'avoir un échange avec eux, façon table ronde, pour répondre à leurs questions s'ils en ont encore, et voir ce qu'ils ont compris, rectifier le tir en somme. Je n'ai pas vraiment eu le temps de voir s'il existait d'autres livres sur lesquels m'appuyer, pour le moment tout mes espoirs reposent sur Titeuf.

Et comme il dirait: ça craint du slip!

On Rased gratis

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Un moment que j'ai envie de parler un peu du réseau de soutien aux élèves qui existe au sein de l'EducNat, le fameux Rased. Et franchement c'est pas pour en dire du bien. Parce qu'en gros, en ce qui me concerne, qu'ils soient là où pas, ça change pas grand chose.

Pour que tout le monde comprenne, le rased, ce sont d'abord des enseignants spécialisés - soit en rééducation pédagogique soit en rééducation comportementale - qui sont affectés à une circonscription dans laquelle ils vont d'école en école pour prendre en charge les enfants qui ont été signalés en difficulté. Il y a ensuite le psychologue scolaire. Jusque là tout va bien. En début d'année les enseignants font le signalement des élèves qui leur posent problème ou qui sont en difficulté et qui auraient besoin d'aide. L'équipe du Rased fait un tour de table, et choisit les élèves qui vont bénéficier du soutien. Ensuite, toutes les semaines, ces élèves ont droit à des ateliers de travail avec l'enseignant spécialisé approprié, d'une durée d'une petite heure souvent, seul ou en groupe suivant leurs besoins. Et jusque là tout va toujours bien.

Sauf qu'en pratique, c'est la merde. Parce que chez nous, dans notre circo, l'équipe du Rased compte seulement 3 enseignants spécialisés, pour sans doute plus d'une trentaine d'écoles, et je compte pas combien ça fait de classes ni d'élèves. Et qu'une de ces enseignantes est en plus affectée à mi-temps à l'hôpital de jour. En sachant que notre circo regorge de gamins en très grandes difficultés, à l'arrivée ça pèse pas lourd.

A l'arrivée, ça donne 9 élèves signalés dans ma classe. Et seulement 2 pris en charge. Pris en charge 45 minutes 2 fois par semaine. En gros ce sont les 2 gamins qui ne savent pas lire. Ils ont droit à un atelier d'écriture. Er je ne veux pas être désagréable avec les enseignants spé, puisque qu'au bout du compte je ne conais pas leur travail, mais franchement, ça ou rien c'est presque pareil. Laissez moi rire.

A l'arrivée, ça donne un gamin violent et dangereux signalé dès septembre au psy scolaire. Et on attend toujours qu'il arrive à trouver un moment pour venir observer le gamin. Qui a déjà envoyé à l'hôpital deux de ses camarades quand même. Mais faut dire aussi que notre psy à nous est totalement à l'ouest. Pas de chance.

A l'arrivée ça donne des appels au secours qui restent sans réponse. Parce que quand on signale les gamins au rased, quand j'arrive à trouver une minute pour en parler avec mes collègues spécialisés membres du Rased, j'attend qu'on me donne des pistes, qu'on me soutienne, qu'on m'aide un peu. Puisque c'est sensé être leur partie... Au lieu de ça je n'obtiens que des lieux communs du genre "ah mais cette gamine de toute façon", "mais fais ce que tu peux", "ça va être une orientation segpa ça de toute façon", "oui mais lui pfffff",...

A l'arrivée ils sont aussi blasés que nous. Et je les comprends. Trop de travail, très difficile en plus, et pas de personnel. Pas de moyen non plus. Parce que les enseignants du Rased n'ont pas de budget! Une abération. On comprendrais à moins qu'ils soient blasés - et nous avec, et qu'il se retrouvent à faire comme ils peuvent - et nous avec aussi, c'est à dire pas grand chose.

Autant dire que le système se donne l'illusion de venir en aide aux gamins en difficulté, et qu'il fait ça bien. L'EducNat pense sérieusement remplir son rôle, et que le schéma mis en place est efficace. Mais c'est un ersatz. Même pas. Du vent. Parce qu'aucun système ne fonctionne sans moyen. Aucun. Il faudrait qu'ils se mettent ça dans la tête aux ministères: on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre...

28 décembre 2007

Eye of the tiger

Catégorie: La vie de la maîtresse

Passé un petit moment de flottement - la nouvelle année aidant peut être? - j'ai pris de bonnes résolutions pour remonter en selle, enfin retourner en classe.

Disons plutôt que j'ai fait la liste des trucs qui m'empoisonnent vraiment la vie dans la classe, les trucs qui clochent pour de bon et qui font clocher la maîtresse et les élèves. Une liste à rallonge, forcément, mais pas de gros mammouths dans le tas. Comme on pouvait s'y attendre, ce sont des broutilles, des petites choses, qui misent bout à bout me rendraient dingue. Le genre de broutilles qui ne peuvent être recadrées que grâce à de bonnes vacances, parce qu'il faut du temps, et surtout du recul. Ca tombe bien.

Me voilà donc partie en croisade - et le chrono est lancé - pour préparer une rentrée du bon pied. Plein de bidouillages en vue, d'ajustements, de changements, quelques rélfexions dans les tiroirs, quelques bonnes idées, et quelques autres bonnes pour la poubelle, du tri, du rangement, et hop. On remonte sur le ring. Aujourd'hui j'ai commencé par m'occuper de la bibliothèque de la classe: étiqueter, classer, déplacer, ranger... et c'est que le début.

Qui a dit que la maîtresse était ko?

27 décembre 2007

De l'air

Catégorie: La vie de la maîtresse

Lâcher prise le temps de quelques jours de vacances, avant de devoir réattaquer de plus belle. Lâcher prise quand on se rend compte que les gosses commencent à vous sortir par les yeux, quand on se surprend à dire qu'on déteste ce métier. Quand on se surprend à réfléchir à ce qu'on pourrait faire d'autre.

Y'a encore quelques semaines, je n'aurais pas imaginer pouvoir me poser cette question. Chaque fois que je commence à me poser cette question - par où fuir? - c'est mauvais signe. Parce qu'en général je finis en prenant la porte, pas n'importe laquelle certes, mais n'empêche.

N'empêche que là il n'est pas question de prendre la porte, et du coup je me retrouve coincée bien comme il faut. Avec l'envie de fuir, de ne plus penser à l'école, de ne plus penser école, de ne plus savoir ce qu'est la littérature enfantine, de ne plus avoir le regard systématiquement réglé pour balayer à 1 mètre du sol, de ne plus avoir à parler de pokémon et de Tokio Hotel, de ne plus baigner dans ce monde d'enfant qui au final est aussi pénible quand on est adulte que quand on est enfant.

Le plus douloureux c'est peut être ça. Ce monde d'enfant qui nous renvoie à notre propre frustration d'enfant. A tout ce qu'on ne pouvait pas faire. A tout ce qu'on n'avait pas. A toutes ces blessures, plus ou moins petites, qui nous restent ancrées au fond. J'ai parfois l'impression de baigner dedans. Toutes leurs blessures me renvoient aux miennes, et tout ça m'empêche en partie de faire un travail correct. Et je ne vois pas la solution.

Du coup j'ai juste envie de fuir. Ne plus me demander comment faire pour que cette gamine qui ne sait pas lire puisse profiter un peu de ce qu'on fait en classe, pour que ce gamin qui ne dit jamais rien arrête de m'envoyer son père pour régler ses problèmes, pour que cette petite qui veut tout faire parfait arrête de pleurer chaque fois qu'on fait une correction, pour que ce gosse qui ne peut pas rester assis sur sa chaise se taise enfin, pour que, pour que, pour que... l'impression de ne rien maîtriser, plus rien, et d'être envahie par leurs vies.

De suffoquer.

Déception

Catégorie: Sorties Pédagogiques

Pour noël, nous avons emmené les élèves au cinéma, grâce à une offre intéressante proposée tous les ans par un des cinémas du coin. Et parmis les films disponibles dans la sélection qu'ils avaient faite cette année, j'ai choisi un documentaire dont j'avais entendu dire beaucoup de bien, histoire d'ajouter un côté pédagogique à cette sortie. J'ai donc opté pour Un jour sur terre.

Certes c'est un joli film, mais loin d'etre aussi spectaculaire que ce que je m'en étais laissée dire. Pour faire court, c'est un documentaire sur les animaux, ni plus, ni moins. Bien filmé, avec une jolie voix off. Mais la musique n'est franchement pas terrible et surtout, au bout du compte, c'est pas vraiment un film pour les gamins, au vu de la complexité du commentaire et de la trame choisi par la réalisateur, puisqu'il s'agit de faire un voyage d'observation de la nature en partant du pôle nord pour aller jusqu'au pôle sud. Au final, on saute d'un animal à l'autre, d'un paysage à l'autre, sans vraiment avoir eu le temps de voir grand chose, et on reste beaucoup sur sa faim.

Autant vous dire qu'à part mes CM, les autres gamins n'y ont rien compris. Ils se sont ennuyés, et à part quelques moments où les images sont vraiment impressionantes ou bien où il se passe vraiment quelque chose, moments qui les accrochaient un peu, et bien le reste du temps, j'avais l'impression qu'ils étaient assis à l'arrière de la voiture en attendant qu'on arrive, et qu'ils trouvaient ça très long. Sauf qu'au lieu de "on est bientôt arrivé?" j'ai eu droit à "c'est bientôt fini?", "c'est fini quand?", et "je veux faire pipi maintenant!". Pour vous dire à quel point c'était décevant, c'est que même moi je m'y suis ennuyée, et même moi je me suis surprise à penser "c'est bientôt fini?".

Alors bien sûr c'est en plus un film qui alerte sur les dangers du réchauffement climatique tout ça, donc en fait on voit la banquise fondre, des ours mourir, des éléphants se perdre, et étrangement beaucoup de scènes de chasse, qui ne sont franchement pas le plus beau spectacle de la nature à montrer à des enfants. Surtout que dans le film, aucun côté positif ne vient contrecarrer cet aspect des lois de la nature. Si bien qu'à un moment, le petit garçon assis à côté de moi avait résumé tout le film à une seule question à chaque nouvel animal qu'on nous montrait: "et lui il chasse qui?". Dommage.

Bref, j'ai regretté d'avoir choisi ce film, surtout comme film de noël. La prochaine fois ce sera un film d'animation.

Corrigé par Eddie à 18:36 - Sorties pédagogiques - Gribouiller au tableau? [2]

19 décembre 2007

On remet ça!

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Avec ma connexion internet en rade, forcément je n'ai pas pu vous raconter ma reprise, et ça risque de durer un peu puisque je me bas pour récupérer une connexion digne de ce nom. N'empêche que. Je n'ai pas dit mon dernier mot.

Petite séance de rattrapage.

Reprise fatiguante avec des gamins supra excités, logique. Avec des gamins qui n'ont rien fait pendant presque deux semaines donc, vu que les remplaçants, quand il y en avait, se sont bornés à faire des "révisions"... je mets des guillemets parce que franchement moi j'appelle pas ça des révisions mais du remplissage. Et que dis-je, seulement en français hein. Les autres domaines ont totalement disparu pendant 15 jours. Résultat: on est super à la bourre en tout. Génial.

Reprise fatiguante avec le récit refait maintes fois de comment la fête de noël a été chiée par ma collègue, Piverte hein, pas Pompadour qui elle n'a rien fait, nuance. J'ai eu la version de la cantinière, la version des gamins, la version de la mairie, la version des parents, la version de Pompadour. Toutes les versions concorde sur un point: ça a été tellement vite torché que certains parents sont même convaincus que la fête n'a pas encore eu lieu. Et compte se pointer vendredi soir à l'école, pensant qu'il y aura un apéro. Moi j'ai prévenu: le goûter de vendredi n'est que pour les gamins. Sauf que. Je sens qu'on va rire. Jaune.

Reprise fatiguante avec la fête de vendredi et les cadeaux de noël des gamins à préparer... et pas de papier cadeau. Oui parce que le papier cadeau j'ai demandé à Pompadour de s'en occuper. Pisse dans un violon hein... Donc je me rattrape aux branches. Sinon on peut toujours emballer ça dans de la tapisserie, avec un joli bolduc ça va le faire. Même pas peur. Et monsieur le maire incapable de se souvenir de ce qu'il faut commander pour le goûter et qui me repose la question douze fois en trois jours. Je sais ce que je vais lui offrir comme cadeau à noël: des post-it.

Résultat je viens de reprendre et déjà j'ai qu'une envie: vacances.

Mais qui m'en voudra?

06 décembre 2007

Les abonnés absents qui ont toujours tord ne sont jamais mieux servis que par eux mêmes

Catégorie: La Vie de la Maîtresse

Je suis en arrêt maladie depuis lundi pour cause d'angine. Grosse angine carabinée, fallait bien que ça arrive, vu que ça faisait quand même 4 semaines que je me trainais un rhume qui ne passait pas. A force de tirer sur la corde, fatigue aidant, j'ai donc fini par choper un truc bien plus méchant que le gros rhume. Et comme les choses vont toujours par paire, et que je suis encore une fois très fatiguée, je me tape une mini-dépression en prime. Oui oui ça va merci.

Du coup, je m'en fiche un peu de rater la fête de noël de l'école. Bon ok c'est en grosse partie parce que je sais qu'on refera une autre fête de noël la veille des vacances. Seulement le reste du monde semble s'en moquer beaucoup moins que moi - sans doute dû en partie au fait que l'on fait un marché de noël mais que jusque là j'étais la seule à vraiment m'en occuper - et même si je suis malade, le téléphone n'arrête pas de sonner pour me demander comment on fait quoi, qui va où, qui fait quoi, comment on va où, à quelle heure, avec quel machin, si ça sera prêt, comment on fait pour que ça soit prêt, comment on fait si c'est pas prêt, et le reste...

Je suis crevée, en overdose, j'ai juste envie d'éteindre la terre. Ils sont incapables de se débrouiller un peu tous seuls. Quatre jours que ça traîne quand même. Enfin là j'ai tenté de faire en sorte - on voit que j'y crois beaucoup - qu'ils se débrouillent seuls, en passant le relais à mes collègues, Piverte et Pompadour. Même si elles s'en sortent, ça ne sera jamais le beau marché de noël que j'étais en train de préparer, et je paris un camion qu'on y sera de notre poche. Pourvu que je me trompe hein. De toute façon, j'ai ni la force ni l'envie de faire autrement. Limite je m'en fous, du beau gâchis à venir, je vous le dis. J'ai presque l'impression de préparer ce fiasco depuis le début.

Je rattraperai tout ça après. Comme une pro. Comme d'habitude. Quand je serai de nouveau un peu d'attaque.

Si j'y arrive.

26 novembre 2007

Couvre feu

Catégorie: Le plus beau métier du monde

J'ai supprimé le post précédent. Il était prétentieux et plein d'un lyrisme surfait.

Ce soir je les déteste tous. Ils me gonflent. Profondément. J'ai passé la journée à me retenir de mordre. Demain je leur colle du travail individuel de révision sur fiche. Parce que le premier qui parle, je l'emplafonne. Donc ça sera silence radio. Histoire que je puisse retomber sur mes pieds et mettre quelques trucs d'équerre.

Avant d'imploser.

22 novembre 2007

Fosse commune

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Certains de mes élèves ont la vivacité de poissons morts. Et les yeux de merlans frits qui vont avec. Quand c'est pas le sourire niais. Ou les deux.

Et en ce moment j'ai envie de les claquer. C'est que des gosses, c'est pas leur faute, mais sérieux quand je les regarde, quand ils me parlent avec leur air bête, j'ai envie de hurler. Je m'en veux un peu de les prendre en grippe juste parce qu'ils sont idiots, lents, niais, empotés, peureux et j'en passe, mais ils me laissent tellement démunie que finalement je déteste l'image d'impuissance qu'ils me renvoient. Impuissance face à la bêtise absolue, désespérante, l'expression parfaite de ce qu'il y a de plus navrant dans l'humanité. Personne ne peut rendre un idiot intelligent, ne rêvez pas. Alors je fais quoi de ces gamins? Ceux qui sont plein de tares, ceux qui sont limités, ceux qui sont traumatisés... L'année dernière j'avais réussi à gérer, parce que des cas aussi sérieux j'en avais que deux. Là ils sont trop nombreux, je capote.

Quand je les regarde je trouve la vie injuste. Et je déteste l'injustice. Et je déteste la faiblesse. La mienne. La leur.

Alors je les regarde le moins possible. En attendant de trouver mieux. Je tente de rester la plus gentille possible, de ne pas les prendre définitivement en grippe. Je tente d'être quand même leur maîtresse. Même si Darwin me donne envie de les émiminer tout de suite. De ne garder que les plus forts. De ne construire que là où c'est possible. Parce qu'avec ces gamins, c'est comme bâtir des châteaux dans des sables mouvants. Peut importe ce qu'on leur enseigne, ce qu'on tente d'expliquer, ça disparait inexorablement, sans qu'on puisse lutter, ni nous, ni eux. Ils sombrent. Et j'assiste à la catastrophe sans pouvoir trop rien faire. Avec l'envie de tourner le dos, de fuir. Instinct de survie.

Quand je les regarde je trouve la vie injuste. Et je ne veux pas me laisser faire, je ne veux pas baisser les bras. A l'image de Don Quichotte. Se battre pardce que justement moi, j'ai la chance de savoir, de pouvoir, la chance d'être du bon côté de la barrière de Darwin. Tenter de leur apporter ce que j'ai reçu, un peu. Il faut une bonne dose d'inconscience pour vouloir bâtir des châteaux dans leurs sables mouvants. Mais si je ne le fais pas, si je ne leur offre pas cette chance, autant changer de métier de suite, et autant brader toutes mes valeurs en partant. Je rumine ma peine, je cherche comment. Comment faire pour laisser ne serait-ce qu'une trace, quelque chose qui ferait la différence, pour aller les chercher dans ces retranchements de bêtise. Je tente. Encore et encore. Rien ne prend. Le sable avale tout.

Leurs yeux béants me laisse seule.

Et je me dis que Darwin a raison. Jusqu'au bout. Avec cet effroi devant un massacre annoncé, je me tiens devant le trou creusé par la société pour eux. Parce que Darwin a inexorablement raison.

Les plus faibles ne survivront pas.

20 novembre 2007

Et avec ça ma p'tite dame, ce s'ra?

Catégorie: Le plus beau métier du monde

A peine sortie d'un stress qu'il faut enchaîner avec un autre. J'enlève ma casquette de super maîtresse pour mettre celle de super comptable/manager et planifier la fête de noël et son fameux marché, sensé nous rapporter quelques sous, et pas nous en coûter. Si on m'avait dit qu'être maîtresse c'était aussi jouer à la marchande!

L'année dernière on avait eu chaud. A peine rentré dans nos frais. La faute à trop de scrupules. Impossible d'afficher des prix corrects sans culpabiliser à mort sur ses pauvres familles qui n'ont pas d'argent et ses pauvres parents qu'on prend pour des vaches à lait. On avait opté pour la techique plus élégante du prix minimum augmenté d'un "si vous pouvez donner plus"... mais au vu des résultats une constatation s'impose - lamentable mais évidente - il faut raquetter pour faire du chiffre.

Oui mais il faut aussi et avant tout vendre, et bien évidemment TOUT vendre. Trop de calendriers et autres babioles multicolores qui vous restent sur les bras - la plupart du temps invendables l'année suivante bien sûr - et vous mangez la marge, voir vous en êtes de votre poche.

C'est donc toute une stratégie, lors du passage de commande de fournitures d'abord. Cette étape là est passée. Ouf. J'en suis maintenant à l'étape où on met tout ça entre les mains des gamins en se répétant intérieurement ce mantra "pourvu qu'ils ne massacrent pas tout, pourvu qu'ils ne massacrent pas tout, pourvu qu'ils ne massacrent pas tout"... et on montre les jolis models qu'on a préparé, et on donne des consignes à tout va, et on réajuste le tir à la dernière minute parce que forcément des gamins de 9 ans plutôt maladroits et excités ne peuvent pas faire comme l'adulte patiente et débrouillarde que je suis - traduisez "le papier maîtresse il se déchirent en plein de mimis avec la colle et même que j'ai fait un trou là maîtresse et même que maîtresse regarde ça se décooooolle!"... on respire, on reste zen.

Les étapes suivantes, c'est la vente. Au porte à porte d'abord. Où je vais regarder d'un oeil anxieux les piles de machins et de trucs diminuer ou non, et jauger en quelques jours à peine ce qui va nous rester sur les bras. Il faut bien sûr garder certaines chose de côté pour le vrai marché de noël qui aura lieu à l'école. Là encore... garder mais ne pas trop garder, là est la question.

Tout est une question de dosage en fait, de réflexion. Et je réflexionne toute seule, ce qui est pénible. Surtout que je déteste réflexionner quand il y a de l'argent en jeu, ça me crispe. Et vu que j'organise ça toute seule comme une grande, si je rate mon coup et qu'on y est de notre poche - et que le marché est merdique - ben ça sera entièrement ma faute. Génial. D'un autre côté, comme c'est moi qui fait les comptes de la coopé, ben personne saura la vérité hein, j'aurai qu'à dire que ça à bien marché, même si c'est pas vrai!

J'en suis pas encore là. Pour le moment tout est encore jouable. Pourvu qu'on y réfléchisse bien. Qu'on y mette de soi - enfin de moi - un minimum, et qu'ils s'y donnent à fond - no problem jusque là - en s'appliquant. On est dans le timing, ou presque. J'ai bon espoir.

Comment ça je suis naïve?

18 novembre 2007

Approuvée

Catégorie: La Vie de la Maîtresse

Inspection passée, ouf. Passée et bien passée. Pour faire court, on va dire que mieux c'était pas possible. Pour faire court on va dire que ça s'est passé comme dans un rêve, que c'était parfait. Vraiment parfait. Que ça fait plaisir d'avoir des compliments comme ceux-là. De savoir qu'on fait du bon travail, tout simplement.

Y'a plus qu'à continuer. Avec en plus cette petite certitude rangée maintenant dans un coin de ma tête.

Je suis une bonne maîtresse.

13 octobre 2007

Orthographe: les boîtes à mots

Catégorie: Etude de la Langue Française

Autre jeu possible durant mes rituels de langue: les boîtes à mots.

Prenez deux boîtes pas trop grandes ni trop petites dans lesquelles vous allez pouvoir glisser des mots écrit sur des petits bouts de papiers. Sur une des boîtes vous mettez une étiquette rouge et sur l'autre une étiquette verte - encore mieux si vous pouvez avoir une boîte toute rouge et une boîte toute verte! Ensuite sur des petits rectangles de papiers on écrit des mots. Pas n'importe quels mots: des mots invariables ou des mots très courants à l'orthographe un peu casse pied - ex: gâteau, oiseau, oeil etc... Et on met ces mots dans la boîte rouge.

On présente ensuite le jeu aux enfants. En général c'est mieux s'ils jouent avec leur ardoise et leur feutre/craie - ils adorent ça - mais on peut aussi faire ça sur un cahier de brouillon ou une feuille qu'on ramasse, pourquoi pas! Une fois qu'ils sont tous armés de leur feutre/craie, on pioche sans leur montrer un mot dans la boîte rouge, et on le lit. Les gamins doivent l'écrire correctement sur leurs ardoises. Si tout le monde a juste, le mot passe dans la boîte verte. Sinon, il reste dans la boîte rouge. Le but du jeu étant de faire passer tous les mots dans la boîte verte.

Quelques remarques:
- ne pas mettre trop de mots à la fois dans la boîte rouge, sinon jamais les enfants n'auront le plaisir de tous les faire passer dans la boîte verte! Il faut donc avoir un petit stock de mot dans la boîte rouge, et on peut lancer le défis aux enfants de tous les savoir à la fin de la semaine par exemple.
- les mots qui sont passés dans la boîte verte y restent tous, et de temps en temps, on y pioche un mot, pour vérifier que les enfants le savent toujours: si ce n'est pas le cas, le mot retourne dans la boîte rouge.
- pour différencier un peu le jeu, que ce soit dans le cas de classe multiniveau comme la mienne, ou simplement d'élèves en difficulté ou plus avancés, il suffit juste de faire deux couleurs de papiers pour les mots. Ainsi on utilise les même boîtes et on fait le jeu tous ensemble, mais mes CE2 ont les mots jaunes et mes CM les mots oranges (et les mots jaunes en plus pour les embêter un peu!).

Les élèves adorent ce jeu. On peut en plus y ajouter un côté challenge, avec une limite de temps, ou de rapidité. On peut s'amuser à faire des listes de mots que tous le monde doit faire juste, un championnat ou un défis par équipe... à vous d'imaginer la suite!

Vocabulaire: jeu du Katudi

Catégorie: Etude de la Langue Française

Ce jeu n'est qu'une façon amusante de nommer le "mot du jour" en place dans tout un tas de classe.

Histoire de faire étudier un peu de vocabulaire, lors du moment de rituel de langue en place dans ma classe, de temps en temps j'écris un mot nouveau au tableau et je demande qui le connait... souvent il n'y a pas grand monde, voir personne. Je donne alors une phrase d'exemple à partir de laquelle on peut deviner le sens, et les élèves tentent de formuler une définition correcte. La plupart du temps on y arrive assez vite. Et on copie le mot dans un cahier de vocabulaire.

Pour introduire ce jeu, le même travail a été fait sur le nom du jeu: Katudi. Une fois écrit au tableau, je leur ai demandé ce que ça voulait dire - grand moment de fou rire de mon côté bien sûr - mais ils ont fini par y voir ce qu'il fallait y voir, à savoir une écriture phonétique de "Qu'as tu dis" ainsi qu'une ressemblance amusante avec un autre jeu qu'ils aiment beaucoup, le sudoku.

Pour le choix des mots, rien de plus facile: il y a les incollables bien sûr - merci ma filleule! - qui sont un outil très pratique souvent utilisé tel quel - mais je préfère faire ma sauce - mais aussi un bon vieux dico, et tous les mots qui les scotchent quand je leur parle, et comme je leur parle beaucoup... j'ai un large choix!

Finalement tout ceci a très bien pris, et aujourd'hui je n'ai plus qu'à annoncer qu'on fait un Katudi pour qu'ils fixent le tableau avec impatience...

Le vocabulaire c'est marrant!

C'est dans la boîte!

Catégorie: Madame la Directrice

Nouvelle catégorie pour raconter mes déboires de directrice. Oui parce que cette fonction n'a franchement aucun avantage! Et elle me pollue ce blog et la tête, donc... compartimentons!

Corrigé par Eddie à 16:25 - Madame la Directrice - Gribouiller au tableau? [0]

09 octobre 2007

A suivre...

Catégorie: La Vie de la Maîtresse

Si je ne dis rien ici, c'est parce que ça ne va pas. Pas envie d'écrire trop de chose négative sur ce métier que j'adore. Ce blog est là pour raconter ma vie de maîtresse, mais en ce moment elle est dévorée par tout un tas de choses qui n'ont rien à voir avec ça. Une direction envahissante, une hiérarchie ***devoir de réserve***, une collègue dont la personnalité ne fait pas écho à la mienne, des gens chiants en bataille, des devoirs, des devoirs, des devoirs, aucun pouvoir, aucun droit. Pas envie de faire le récit de toutes ces contrariétés, de la fatigue, et du reste. A vrai dire, je me demande même si ce blog va encore continuer longtemps. Je laisse passer la vague, je jugerai après.

Pendant ce temps, je survis . Au coeur. J'y parle aussi de mon métier de temps à autre, mais différemment. Au milieu du reste. Là je suis un être entier.

Pour ceux qui veulent des nouvelles.

29 septembre 2007

Silence, on coule

Catégorie: Le plus beau métier du monde

J'dis rien. Quand j'dis rien c'est que soit ça va très bien, soit ça va très mal. Deuxième solution.

Je suis débordée, totalement débordée par la direction. Avec des merdes du genre j'ai pas réussi à récupérer assez tôt les fichiers d'évaluation ce1/cm2 auprès de la circo et entre temps ils les ont un peu paumé... bon c'est ma faute sans être ma faute, je m'en fous de toute façon de la faute à qui, juste que du coup ça me fait ça de plus en attente. Sur le dessus de la méga pile que j'ai déjà. Listes électorales en super urgent, liste pour la médecine scolaire pour avant-avant-hier, pointage des cotisation de la coopé, pointage des dossiers de rentrée toujours pas fini, gestion de la fête de noël, gestion du budget pédagogique de l'année prochaine déjà bien entamé -va falloir s'arrêter d'ailleurs -, et tout le reste.

Pompadour fait chié. J'ai eu un sursaut d'espoir lundi, et puis tout s'est écroulé de nouveau. Elle attend après moi comme si tout était du ressort de la directrice, tout le temps, même pour des broutilles du genre aménager un petit coin groupe dans son couloir. Et elle veut que je photocopie les fiches d'urgence de ses gamins pour les avoir dans SA classe. Putain mais mon bureau il est gardé par des crocodiles ou quoi? Je ne comprends pas. Je fais mon deuil.

Je suis inspectée dans quinze jours. Rien n'est prêt pour ça. Je n'ai aucune fiches de prép, encore moins de progressions ou programmations quelconques, vu que je viens juste de réussir à faire - enfin! - un emploi du temps. Je suis donc dans une merde royale, avec quadriplage du boulot à faire. Que du bonheur.

Je n'ai aucune idée de la façon dont je dois mettre en place ces putain de ppre avec lesquels on nous soule. Ah oui tiens... c'est quoi le ppre à mettre en place dans une classe triple-niveau pour un élève de CE2 qui ne sait pas lire. Sans déconner? J'arrive même pas à corriger les maths avec mes CM, je fais comment pour faire de l'individuel???

Ajoutez à ça que ma paye est trop minable pour que j'arrive à payer mes leçons de conduite sans devoir emprunter à mes parents - et que le soir je suis tellement crevée en arrivant à la conduite que je dois faire un effort surhumain pour que ça serve un peu à quelque chose. Qu'on veut me faire participer à des formations aux noms pompeux - ça serait presque drôle si c'était pas obligatoire - ou qu'on veut m'envoyer faire des stages à cinquante bornes de chez moi alors que j'ai pas le permis bordel!

Ben voilà, quand j'ai dit ça, j'ai tout dit. Tout ce qui peut se dire. Le reste, faut le hurler.

Alors je préfère ne rien dire.

18 septembre 2007

Claquée

Catégorie: La Vie de la Maîtresse

Ma classe tourne bien, l'école tourne bien, je rigole pas mal, mes élèves aussi, les élèves de ma collègue moins, sauf quand ils sont punis dans ma classe... cherchez l'erreur.

Mine de rien, elle ne sait pas s'y prendre avec les gamins, et je commence à me demander si elle sait s'y prendre avec les êtres humains en général, tellement elle est semble antipathique à tout le monde. Elle a même déjà réussi à s'attraper avec monsieur le maire - qui a dit d'elle dans son dos une fois qu'elle a eu tourné les talons que c'était une bonne à rien - ça augure bien pour la suite. Je m'en mèle pas, c'est son affaire, faut dire que vu son attitude envers moi je baisse un peu les bras.

Et pendant ce temps je commence à penser à l'inspection de cette année. Me demande si c'est vraiment grave de n'avoir ni emploi du temps ni progressions et de tout faire au feeling... ouais forcément c'est grave. Je gère, mais allez dire ça à l'inspectrice. Va falloir que je trouve vite vite une solution, un truc acceptable, seulement pour le moment chaque fois que je réfléchis un peu à ça, la seule réponse qui me vient à l'esprit c'est "je suis trop crevée pour réfléchir à ça"... engageant.

Heureusement que j'ai minimum deux bons fous-rire par jour avec mes élèves, qu'ils travaillent bien, que tous les parents sont - pour l'instant - avec moi, que le midi j'ai de nouveau les bons petits plats de ma cantinière, et que j'aime ce job.

Sérieux.

Heureusement que j'aime ce job.

13 septembre 2007

Zone tampon

Catégorie: La salle des maîtres

Des fins de semaine comme si de rien n'était. Le temps s'étire, dans un silence poli et convenu. Ma nouvelle collègue, Pompadour, a décidemment tout d'une porte de prison. Aussi drôle, aussi diplomate, aussi avenante que de la fonte massive. Son sourire faussement aimable cache des dents aiguisées, que je devine à chaque grimace qui se veut rassurante et comme elle l'a dit elle même à midi, même pas pour plaisanter hein, elle a mauvais caractère. Merci, j'avais deviné.

Je la sens pas, mais alors quelque chose de comaque. Même si elle reste très prudente et ô combien distante pour le moment, j'ai bien deviné que j'avais pas intérêt à faire un truc qui lui déplairait, où elle sortirait les griffes. Elle est du genre à gueuler, c'est écrit sur son visage, avec une méchanceté latente qui me donne envie de la pousser juste pour la voir démarrer. Moi aussi je faire très fort si on vient me chercher, sans problème. Sauf que je gueule pas. Moi je suis plutôt comme Cyrano, disons qu'à la fin de l'envoi, je touche. Enfin bref, tout ça pour dire que l'autre nuit j'ai rêvé qu'on se prenait de gueule toutes les deux, et franchement, je me dis qu'il faudrait pas grand chose pour que ça arrive. Réjouissant.

Donc je passe mes récrés totalement esseulée, puisqu'elle ne partage rien avec moi, si ce n'est de temps à autre une râlerie un peu hautaine. Elle aime pas ses élèves, elle se fout de l'école, elle fait son job et point barre. C'est déjà ça me direz-vous... certes. Mais en attendant je me fais chier comme un rat, toute seule sur ma chaise, toute seule à boire mon thé, toute seule avec mes soucis d'élèves, de paperasse, de parents. Pas de discussion. Pas d'échanges, pas de joie de vivre ni de bonheur d'être là. Elle transpire le mépris bien déguisé, coincée dans ses apparences de poule coquette. A force elle me rend méfiante. Elle me rend distante.

Je la sens pas.

Et je me trompe rarement sur ces choses là.

Corrigé par Eddie à 20:07 - La salle des maîtres - Gribouiller au tableau? [5]

12 septembre 2007

Overdose

Catégorie: Le plus beau métier du monde

En overdose. Au bord du craquage nerveux. Au bord des larmes, au bord de hurler. Comme de rouler à 250 sur une route de campagne pleine de nids de poule. Plantage à tout moment, en sursis. Et rien pour freiner.

Je jauge mes élèves à la va-vite, dans l'urgence, je fais de l'escalade. Descente en rappel. Certains sont très loin, je vais devoir dérouler et plonger pour aller les chercher. Avoir la force de le faire. Je prépare mes cordes, je me sangle. Les parois sont vertigineuses. Les gamins sont paumés. Le système est mal fait.

Je sais comment enquiller. Je sais ce qu'il va falloir lâcher, quand il faut serrer la prise. Je le sais d'instinct, je le sais comme si j'avais toujours fait ça.

Sauf que ça me transperce le corps et l'âme, ça m'ouvre en deux. Il faut y mettre du sien dans ce métier. Y mettre du sien. Pas seulement de la bonne volonté ou de l'intention. Non. Il faut y mettre sa chair, sa raison, sa force, sa foi. Il faut y mettre sa sueur et ses larmes.

Et pendant que je me sangle, pendant que j'ajuste mes repères, la route défile comme un monstre. La vie défile. Comme un méchant manège. Et même si je suis en overdose, même si je suis au bord de cette folie, je me prépare à plonger. Encore. Avec l'adrénaline de savoir que je vais faire quelque chose de bien. Parce que je suis faite pour ça.

Parce que je ne suis pas de ceux qui laissent des gosses aux fonds des ravins.

09 septembre 2007

Tous les matins du monde

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Super rentrée, plutôt zen mine de rien même si je suis débordée. Je suis beaucoup mieux organisée que l'année précédente, évidemment, et ma classe s'en ressent largement, tout comme ma direction, et même ma vie privée! Quel bonheur!

Bien sûr il reste tout un tas de choses en suspend, des choses à mettre en place, à ajuster, à introduire, des habitudes à prendre... Toujours pas d'emploi du temps, même si je dois un faire un aujourd'hui. Ca ne sera qu'une ébauche. J'ai décidé de prendre le temps de l'élaborer au fur et à mesure des ces premières semaines pour qu'il soit vraiment effectif, vraiment pratique, plutôt que de pondre un truc juste pour la galerie. Donc aujourd'hui je fais un premier jet, en fonction de tout ce qui s'est passé cette semaine, et je vais voir si je peux le tenir pour la semaine qui vient. Je ferai les modifs en conséquence. J'ai expliqué tout ça à mes élèves, qui se montrent du coup très patients, tellement ils sont contents de savoir qu'ils vont avoir un vrai emploi du temps bientôt.

Idem pour mes progressions. Elles ne sont pas finies. C'est un peu casse pied du coup parce que dans certaines matières j'en aurais bien besoin. Il va falloir que je trouve un moment pour finaliser ça. Seulement quand? Vendredi soir j'ai débauché à neuf heures moins le quart à cause de la paperasse de direction, fiches de renseignement et tout le tintouin. J'ai beau être super efficace pour faire les choses, il n'en reste pas moins qu'il faut le temps pour les faire, et qu'il y en a toujours qui viennent s'ajouter. C'est sans fin!

Heureusement mes élèves sont supers. J'ai une classe géniale cette année, avec une très bonne ambiance. 20 élèves tout rond pour le moment, une répartition entre CE2 et CM1/CM2 qui n'est pas si mauvaise et qui me permet d'avoir une bonne dynamique, et d'alterner entre les grands et les petits. Mes quelques nouveaux sont de très bons élèves qui relèvent le niveau, un vrai plaisir.

Moi j'ai de bons réflexes, de bonnes idées, j'arrive à mettre en place plus de petites d'activités, à varier les supports, à garder ma classe ranger, à tenir mes élèves calmes en étant ferme mais pas trop. C'est bien organisé, et ça tourne comme un rouage bien huilé. Rassurant. Agréable.

Pourvu que ça dure!

25 août 2007

L'acrobate

Catégorie: La Vie de la Maîtresse

Réunion de rentrée prévue pour lundi, il était temps. Je suis débordée, totalement débordée. Des notes partout, des papiers, des tonnes de choses pas prêtes y compris mes progressions. Des soucis qui commencent à s'empiler dans un coin de ma tête, problème d'horaire, problème de matériel, petits problèmes mais problèmes à régler quand même, en attente. Faut faire le plus urgent, comme je peux, je passe d'une chose à l'autre, sans répis ou presque, avec la tension qui commence à monter.

J'évite de trop penser, je jongle comme une acrobate, et je vais forcément oublier des choses.

Pourvu que ça ne soit pas des choses importantes.

20 août 2007

Vive la rentrée!

Catégorie: La Vie de la Maîtresse

Alors voilà, à une semaine de la rentrée le bilan est... à peu près celui auquel je m'attendais - parce que je me connais bien!

Je n'ai toujours ni emploi du temps, ni progressions, ni système de discipline... je vous raconte pas le boulot de dingue que ça représente, surtout pour trois niveaux. Bon pour le système de discipline j'ai déjà tout mis en place dans ma tête, mais il me reste à sotir ça sur papier. Le reste par contre, c'est le grand flou.

Les dossiers de rentrée ne sont pas prêts, les listes délèves ne sont même pas faites. La directrice est à la bourre. J'ai commencé à éditer les documents nécessaires, normalement y'a pas grand chose à revoir desuus si ce n'est changer l'année et quelques bricoles, ça devrait être rapide et pas trop prise de tête.

La plupart des commandes ne sont pas arrivées. Là c'est moins drôle. Bon la grosse commande de fourniture arrive normalement aujourd'hui, encore va-t-il falloir la pointer et la ranger en quatrième vitesse. Par contre je retiens certains éditeurs qui après 4 semaines n'ont toujours envoyé ni la commande de l'école ni ma commande perso! Je veux bien qu'ils soient débordés, mais quand même... c'est leur job!

Mon appart est un joyeu chantier (la faute aux nouveaux meubles) qu'il va falloir que je range vite fait bien fait, je ne peux aps faire la rentrée dans un souk. Ma classe elle - ainsi que le reste de l'école - est à peu près rangée (ouf!).

Cléopatra ne m'a rien expliqué à propos de la coopérative scolaire - je ne raconte pas ici le pourquoi du comment parce que ça me soule - coopérative que je dois reprendre cette année alors que je n'y connais rien! Encore un challenge!

Pas de nouvelles ni de Pompadour ni de Piverte. Toutes les deux en vacances, qui vont se pointer à la dernière minute. M'en fout, elles le savent peut être pas encore, mais c'est leur problème. Pas le mien.

Voilà, en gros donc, c'est la merde. Rien n'est fait, c'est le grand rush. Je vais devoir speeder, me jeter après les murs, être efficace, penser à dix mille à l'heure, faire douze choses en même temps...

Et j'adore ça!

13 août 2007

Question pour un champion

Catégorie: Sciences

Les sciences à l'école, c'est pas évident. Parce que pour bien faire des sciences, il ne suffit pas de faire une leçon. Les sciences c'est l'expérimentation et la recherche, deux choses pas facile à réaliser en classe. Faire acquérir une démarche scientifique aux élèves est loin d'être un jeu d'enfant, mais heureusement, tous les enfants sont curieux, et tous les enfants ont des idées.

Je suis donc partie de là pour mettre en place l'utilisation d'un cahier d'expérience avec mes élèves. Le cahier d'expérience c'est une super idée, encore faut-il trouver une autre bonne idée pour arriver à l'exploiter correctement. J'ai donc mis en place la question de sciences.

Dans un coin de la classe est affiché cet item: question de sciences: bonne question! sous lequel j'ajoute une question relative à différents domaines scientifiques et portant sur un sujet pour lequel est prévue une leçon. Par exemple: Comment fonctionne un volcan? ou Au petit déjeuner tu manges un yaourt et tu bois du jus d'orange, que deviennent-ils après? et je laisse les élèves se dépatouiller avec. Ils savent qu'ils ont une semaine pour réfléchir à cette question, et noter leurs idées dans le cahier d'expérience. Ils peuvent y écrire, mais je les encourage aussi fortement à faire des schémas, des croquis. L'année passée ils pouvaient réfléchir à la question de sciences lors des activités d'attente, une fois leur travail terminé, ou le soir à la maison. Mais cette année je pense réserver une demi-heure dans la semaine pour permettre à tous les élèves de se pencher sérieusement dessus.

A chaque fois, j'opte pour deux possiblité dans la consigne: soit j'axe la recherche vers la réflexion personnelle, et je leur interdis d'aller chercher des infos ailleurs que dans leurs têtes (consigne plus ou moins bien respectée au départ, mieux par la suite quand ils ont eu compris que je ne sanctionnais pas leurs erreurs, voir ensuite la question de l'évaluation). Soit je choisis la recherche documentaire et je leur permets de s'aider des livres, d'internet etc... Parfois je les laisse libre de faire comme ils veulent. Tout dépend de ce que je veux faire ressortir pour faire ma leçon ensuite: si j'ai besoin de faire ressortir les conceptions initiales j'utilise la réflexion personnelle, mais si les notions ont besoin d'être débrousaillées car trop nombreuses, je préfère la recherche documentaire.

Question évaluation, le cahier d'expérience n'est pas corrigé du point de vue orthographe, ni du point de vue de la justesse des explications. Ce qui importe c'est que l'enfant ait réfléchi, se soit donné du mal pour trouver une explication, juste ou fausse peu importe, et pour l'illustrer. Je ne sanctionne que le travail baclé, sale, et les enfants le savent très bien. Très rapidement ils s'approprient ce cahier de recherche avec d'autant plus de bonheur que l'erreur n'y existe pas!

Pour exploiter leur travail, je commence ma séance de science avec un rapide tour de table des différentes réponses, souvent je choisis même avant les réponses qui m'intéressent pour aller directement à l'essentiel. Ainsi les enfants voient leur travail valorisé, même s'ils se sont trompés, je leur présente ça comme l'occasion d'avancer dans nos connaissances et nous cheminons ensemble vers la bonne réponse.

A partir de cette question, soit je tire directement une leçon, soit je peux relancer une recherche, souvent sur la mise en place d'une expérience. Si deux réponses semblent bonnes, ont été bien argumentée par leurs auteurs, on peut alors proposer à la classe d'imaginer une expérience qui permettrait de savoir quelle réponse est la bonne. De nouveau les élèves se servent du cahier d'expérience pour expliquer leurs montages, le matériel qu'il faudra etc... C'est aussi quelque chose qu'ils aiment beaucoup.

Bref, le cahier d'expériences est indispensable en cycle 3 certes, mais pour le faire fonctionner la question de sciences est une bonne astuce... dumoins c'est celle que j'ai trouvé et qui me permet de rendre les sciences un peu plus vivantes et d'amener mes élèves vers la pensée scientifique, c'est tout ce que j'espère!

Corrigé par Eddie à 21:38 - Sciences - Gribouiller au tableau? [2]

08 août 2007

Nouvelles dispositions

Catégorie: La vie de la Maîtresse

J'ai enfin réussi à me mettre au boulot, ou plutôt à avancer, concrètement. Gros soulagement. J'étais au point mort depuis plusieurs jours, et au vu de la tonne de boulot qu'il reste encore, mieux vaudrait ne pas caler trop souvent. Mais bon, là un des gros morceaux - discipline et évaluation - est quasiment bouclé sur le papier, reste plus qu'à créer et éditer la paperasse attenante.

Ensuite il faut passer aux programmations et emplois du temps. Encore. Ma bête noire. Surtout ne pas paniquer. Je me suis mise à bosser à l'école, vu qu'elle est enfin en ordre après des semaines de réorganisation et de bazardage en tout genre - ça m'a pris pas mal de temps ça aussi tiens mais ça vallait le coup - je peux enfin m'installer à mon bureau avec plaisir, dans une atmosphère apaisée et claire, propice au travail quoi. Et je me dis que ça va m'aider à attaquer de nouveau ces foutues programmations.

Donc surtout, ne pas paniquer, être optimiste. Il me reste plein de temps. Je suis dans les meilleures dispositions.

Maintenant ça se présente bien.

04 août 2007

Essaye encore...

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Je vais pêter un plomb. Je sais pas comment font ces profs qui arrivent à se préparer des supers emplois du temps, des supers progressions, enfin des trucs qui tiennent debout et qui sont un minimum applicables à une vraie classe, parce que moi j'y arrive pas.

J'Y ARRIVE PAS BORDEL!

02 août 2007

La goutte qui fait déborder le vase...

Catégorie: Le plus beau métier du monde

Et merde! Ben voilà... alors que j'avais réussi à me dépatouiller avec un plausible emploi du temps, que j'avais des ébauches de progressions et que tout ceci semblait se mettre en place, et bien voilà que j'apprend en passant aujourd'hui à la mairie qu'il y a une nouvelle inscription... en cm1!

C'est donc officiel, mon ô combien magnifique et providentiel double niveau de l'année prochaine redevient un merdique triple niveau, avec UN élève en cm1... autant vous dire que ça me gonfle profondément là. Je savais que ça pouvait arriver mais quand même hein, non quand même...

Et ben si. Faut donc tout repenser.

Génial.

23 juillet 2007

Littérature: La reine des fourmis a disparu, Fred Bernard et François Roca

Catégorie: Ressources pédagogiques cycle 3

L'histoire:

Au coeur de la fôret amazonienne, la reine d'une colonnie de fourmis va disparaître, laissant ses congénères dans le plus grand désaroi. Un inspecteur nommé Mandibule de Savon, va alors être chargé de la retrouver. Aidé d'un fidèle assistant, ils vont devoir mener l'enquête avec pour seul indice un poil trouvé sur le lieu du crime. Un poil qui les mène d'abord à la rencontre de tous les animaux de la jungle, avant de les embarquer dans un palpitant voyage vers la ville, à la rencontre du plus effrayant animal qui soit: l'homme. Heureusement, tout est bien qui finit bien: ils réussiront à accomplir leur mission et à ramener leur reine saine et sauve.

Présentation:

Deux versions sont possibles: un album avec de superbes illustrations aux couleurs chaudes et aux détails très riches ou bien une version épurée sous forme de roman sans illustration. Les deux versions ont chacune un intérêt car les illustrations très précises sèment des indices que les plus grands auront tôt fait d'interpréter. Avec eux un travail est donc possible directement avec le roman épuré ou alors sur l'album pour faire un parallèle entre texte et image. Pour les plus jeunes, les illustrations peuvent être d'une grande aide car le texte lui n'est pas si simple, et s'adresse plutôt à de bon lecteurs de CE2, voire même des CM1. En tout cas la qualité littéraire et graphique de ce titre est indéniable. Il est d'ailleurs présent sur la liste de référence du ministère.

Exploitation:

En langue, comme expliqué plus tôt, un parralèle texte image peut être envisagé, mais également un travail sur la narration car le récit à la première personne - puisque c'est l'inspecteur Mandibule qui raconte - donne un ton très particulier, amenant une possibilité de réécriture par la suite. On peut aussi envisager un travail d'écriture en imaginant la rencontre avec d'autres animaux. Bien entendu on peut aborder un travail sur le récit policier avec tous les éléments du genre.
En science, un travail sur le monde des insectes bien entendu, en géographie on peut parler de l'amazonie, de son éco-système mais on peut aussi aborder la question du respect de l'environnement, de la protection de la planète et des espèces puisque l'histoire en elle même aborde d'une manière plutôt explicite le problème de l'impact de l'intervention de l'homme sur la nature, et ce vu par les animaux. Des débats et des recherches peuvent alors être initiés sans problème sur ce thème.
Et de nombreuses autres possibilités sont offertes par cet album très riche! Un fichier d'exploitation existe d'ailleurs chez Magnard dans le collection Que d'Histoire!.

Mise en réseau:

A vous de choisir: sur le thème des insectes, sur le thème du policier, sur le thème du développement durable... les mises en réseau avec ce livre sont plutôt faciles!

L'avis des enfants:

Mes élèves de CE2 ont eu du mal, car pas assez bons lecteurs pour profiter pleinement du livre. La compréhension a nécessité un réel étayage de ma part mais au final ils ont été bluffé par les illustrations et ont beaucoup aimé le livre. Les plus grands ont par contre carrément accroché, ils ont adoré l'humour omniprésent dans le livre mais qui demande une bonne compréhension fine et de l'implicite.

Le bilan est donc positif: voilà un livre multi-usage qu'il faut absolument avoir dans sa bcd!

Tu me lis une histoire?

Catégorie: Littérature et Lecture

Donner le plaisir de lire aux gamins, c'est pas forcément évident. Sutout que disons le, la plupart du temps, quand on grandit, à l'école la lecture se transforme un peu en moyen de torture, quand il s'agit de lire des problèmes de maths, des résumés d'histoire, et même des textes littéraires qu'on n'a pas choisi et qu'on va forcément détester - je garde d'ailleurs de bien mauvais souvenirs de bon nombre d'auteurs français pour cette raison.

Difficile donc de faire comprendre aux gamins que bien sûr il y a cette lecture pas toujours très drôle, ces romans à mourir d'ennui, ces textes rébarbatifs mais qu'elle n'empêche en rien la lecture plaisir, celle qu'on se choisit, celle qui raconte des histoires, qui permet de s'évader, de rire, d'avoir peur, de découvrir, bref la lecture qu'on aime.

Heureusement j'ai trouvé mon arme fatale. Le petit rituel qui permet d'un seul coup de balayer tous les textes chiants, les laborieux déchiffrages, les histoires rebutantes, et de rendre à la lecture son côté magique, son côté tellement agréable, d'effacer les "j'aime pas lire" tout en donnant à voir un autre aspect de la lecture, un aspect que l'on perd dès que l'on apprend à lire - curieusement - et c'est bien dommage: je fais la lecture à mes élèves.

C'est très courant en maternelle - bien obligé! - et encore en CP de lire des livres aux enfants - c'est de qu'on appelle la lecture plaisir ou la lecture offerte - mais au cycle 3 c'est quelque chose qui se perd. Avec des enfants désormais lecteurs autonomes, beaucoup de profs ne prennent pas la peine d'offrir se plaisir à leurs élèves. Et pourtant. De cette petite chose toute simple découle beaucoup de bienfaits:
- les enfants voient ainsi l'exemple d'un très bon lecteur - l'instit - et peuvent se rendre compte du savoir-faire que cela exige, de l'apprentissage dans lequel ils sont. Le maître ou la maîtresse deviennent alors l'exemple à imiter, tous les enfants ont besoin de ça pour légitimer et valoriser leurs apprentissages.
- les enfants en grande difficulté de lecture ont enfin un accès dédramatisé à la lecture, par l'intérmédiaire du maître ou de la maîtresse, pour défaire les tensions qui peuvent se créer entre en élève et cet objet, le livre.
- pour tous les enfants, qu'ils soient bons lecteurs ou moins bons lecteurs, c'est toujours un réel plaisir de s'installer pour s'écouter raconter une histoire - et bien des adultes apprécieraient d'ailleurs - et ce moment contribue à alimenter le plaisir de lire et à façonner l'image de la lecture que ce font les enfants.
- c'est un moyen efficace d'aborder des genres différents, des auteurs, des histoires traditionnelles et incontournables, bref, au cycle 3 c'est un vrai outil pour faire de la littérature.

Voilà pourquoi je suis bien décidée à continuer dans les années à venir à faire la lecture à mes élèves. Quelques conseils néanmoins avant de vous lancer dans une lecture pour ceux que ça tenterait:
- il faut choisir un livre qui ne soit pas trop court: intérêt de lire des livres que certains élèves ne pourraient pas aborder seuls car trop longs mais aussi parce que c'est plus agréable d'avoir le côté feuilleton avec une lecture qui s'étale un peu et que les élèves prennent plaisir à retrouver.
- il faut choisir un livre qui ne soit pas trop long: les élèves peuvent en venir à se lasser et surtout une fois un livre commencé avec les élèves on est coincé, il faut le finir! Attention alors à ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre, ou à bien réfléchir à la façon dont on va s'y prendre...
- il faut lire régulièrement: sinon les élèves perdent le fil, et ne voient plus l'intérêt d'une lecture qui finit par arriver comme un cheveu sur la soupe...
- ne pas donner le choix aux élèves: parce qu'il y aura toujours un mécontent qui vous écoutera lire l'histoire que les autres on choisit en pensant que c'est pas juste et que la sienne était mieux
- leur mettre l'eau à la bouche: bien avant de commencer une lecture, montrer la couverture, lire la quatrième de couverture, faire un jeu de devinette en ne donnant que le titre, bref, à vous de faire marcher votre imagination pour titiller leur curiosité et que le moment venu quand vous allez vous asseoir pour lire, ils soient aux aguets
- les mettre dans l'ambiance: il faut que le moment de lecture soit un peu spécial, on baisse les store, on s'asseoit dans un coin de la classe, en salle de sport, on fait le silence avant bref, il faut les mettre en condition... avec l'habitude ça va très vite, les enfants prennent le pli et l'ambiance de la classe peut changer d'un coup quand on annonce la lecture.
- et jouer la comédie: pas question de lire d'un ton monocorde, que tous les personnages aient la même voix, etc... il faut crier, murmurer, faire les bruits, faire des grimaces, faire vivre la lecture!

Bon avec tout ça, y'a plus qu'à choisir un bon bouquin et à se lancer... vive la lecture!